Ces fourmis exotiques qui s'installent en France
Longtemps cantonnées à d’autres régions du monde, plusieurs espèces de fourmis progressent désormais en France. Transportées par les échanges commerciaux, certaines d’entre elles inquiètent les scientifiques en raison de leur remarquable capacité d’expansion.
Elles voyagent discrètement dans les pots de fleurs, les palettes de marchandises, les terreaux ou les cargaisons venues de l’autre bout du monde. Invisibles pendant des années, certaines espèces de fourmis venues d’ailleurs progressent désormais en France, profitant de l’intensification des échanges commerciaux et d’hivers plus doux. Si la plupart passent encore inaperçues, quelques-unes inquiètent déjà les spécialistes pour leur capacité à coloniser rapidement jardins, villes et bâtiments.
4 espèces sous surveillance
La fourmi électrique
Sans doute l’espèce la plus surveillée actuellement.
Sans doute l’espèce la plus surveillée actuellement. Originaire d’Amérique du Sud, cette minuscule fourmi jaune-orangée a récemment été repérée dans le Var. Elle voyagerait principalement avec les végétaux, les terreaux et certaines marchandises importées. Les scientifiques s’inquiètent de sa capacité à former d’importantes colonies et de ses piqûres douloureuses. Dans les régions tropicales où elle s’est installée, elle perturbe fortement la petite faune locale.
La fourmi d'Argentine
Cette espèce peut provoquer d’importants dégats sur les fourmis locales.
Arrivée en Europe à la fin du XIXe siècle avec le commerce maritime, la fourmi d’Argentine est aujourd’hui bien implantée dans le sud de la France. Très adaptable, elle colonise facilement jardins, terrasses et espaces urbains. Cette espèce forme d’immenses « supercolonies » capables d’évincer les fourmis locales. Elle peut s’attaquer aux bourgeons des végétaux, en particulier des arbres fruitiers, causant des dégâts sur ces cultures.
La fourmi pharaon
Une espèce invasive particulièrement difficile à éliminer dans les bâtiments chauffés. Une vraie plaie !
Originaire des régions tropicales (et non d’Égypte comme son nom pourrait le laisser à penser), la fourmi pharaon aurait été disséminée par le transport de marchandises et les échanges internationaux. En France, elle s’observe surtout dans les immeubles, cuisines, hôpitaux ou locaux techniques. Très discrète, cette petite fourmi jaune pâle peut former d’importantes colonies à l’intérieur des bâtiments. Elle ne pique pas mais il est difficile de s’en débarasser.
Tapinoma magnum
Cette espèce peut provoquer d’importants dégats sur la flore et la faune.
Originaire du bassin méditerranéen (Italie et Maghreb), Tapinoma magnum progresse désormais dans toute l’Europe, notamment via le transport de végétaux et de marchandises. Très mobile, cette fourmi noire brillante peut former d’immenses colonies comptant plusieurs centaines de milliers d’individus. Elle est surveillée pour sa capacité à envahir trottoirs, jardins et réseaux urbains. Mais ce sont surtout les dégâts provoqués dans les potagers qui retient l’attention.
Un phénomène encore limité
Pour autant, toutes les fourmis ne doivent pas être perçues comme des nuisibles. La France compte plus de 200 espèces de fourmis, dont la plupart jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes : elles aèrent les sols, recyclent la matière organique, dispersent des graines et participent à l’équilibre de nombreux milieux naturels. Les espèces invasives restent encore minoritaires, mais leur progression montre à quel point nos échanges commerciaux déplacent désormais, avec les plantes et les marchandises, tout un monde vivant souvent invisible.
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