Comment réussir son compost

Faire son compost est à la portée de tous, mais obtenir un compost bien décomposé demande un peu de méthode. Équilibre entre déchets verts et bruns, humidité et brassage : voici les conseils essentiels pour produire un amendement naturel de qualité.

Faire son compost paraît simple : il suffirait d’empiler les déchets de cuisine et les résidus du jardin pour obtenir, quelques mois plus tard, un amendement naturel. Dans la pratique, les choses sont un peu plus complexes. Un compost qui reste froid, dégage de mauvaises odeurs ou se transforme en une masse détrempée est souvent le signe d’un déséquilibre.

Au cours de la formation de guide composteur que j’ai suivie, un constat revenait régulièrement : un bon compost ne repose pas sur une recette miracle, mais sur quelques principes simples. Une fois ces règles comprises, le composteur devient un véritable outil de jardinage. Il réduit le volume des déchets, nourrit le sol et limite le recours aux engrais.

Que peut-on mettre dans un composteur ?

Les déchets organiques du jardin et de la cuisine constituent la base d’un bon compost. Les plus intéressants sont les matières fraîches, souvent appelées déchets verts, car elles apportent de l’eau et de l’azote, indispensables à l’activité des micro-organismes.

Dans la cuisine, vous pouvez déposer les épluchures de fruits et légumes, les fruits trop mûrs, le marc de café avec son filtre en papier, les sachets de thé (s’ils sont compostables), les coquilles d’œufs écrasées ou encore les fleurs fanées.

Au jardin, les tontes de gazon en petites quantités, les mauvaises herbes non montées en graines, les tailles de vivaces, les fanes de légumes ou les feuilles encore vertes trouvent naturellement leur place dans le composteur.

Il est préférable de varier les apports plutôt que d’ajouter de grandes quantités d’un seul matériau. Une couche épaisse de tonte fraîche, par exemple, se tasse rapidement, prive le compost d’oxygène et favorise les mauvaises odeurs. À l’inverse, un mélange de déchets de cuisine et de résidus du jardin se décompose beaucoup plus facilement.

Enfin, plus les déchets sont découpés finement, plus ils sont rapidement transformés. 

Ce qu’il vaut mieux éviter

Quelques déchets sont à écarter ou à utiliser avec modération. Les viandes, poissons et restes de plats cuisinés attirent les animaux et peuvent provoquer des nuisances. Les bois traités ou peints n’ont pas leur place dans un compost destiné au jardin.

Les agrumes peuvent être compostés, mais sans excès. Quelques épluchures ne posent aucun problème ; des apports importants et répétés ralentissent en revanche l’activité biologique.

Les plastiques, même présentés comme biodégradables, ne doivent pas être jetés dans le composteur domestique, sauf s’ils sont explicitement certifiés pour cet usage.

Ne négligez pas les matières brunes !

Les déchets de cuisine et les tontes de gazon ne suffisent pas à produire un bon compost. Pour que la décomposition se fasse dans de bonnes conditions, ils doivent être régulièrement mélangés à des matières brunes, riches en carbone. Elles apportent de la structure, absorbent une partie de l’humidité et permettent à l’air de circuler dans le tas.

Les feuilles mortes constituent une excellente réserve pour alimenter un composteur tout au long de l’année. Vous pouvez également utiliser du broyat de branches, des copeaux de bois non traité, de la paille, du carton brun découpé en petits morceaux ou encore des tiges sèches de vivaces.

L’idéal est de conserver ces matières au sec afin d’en avoir toujours sous la main. À chaque apport important de déchets de cuisine ou de tontes fraîches, ajoutez une couche de matières brunes. Ce geste simple limite les mauvaises odeurs, évite le tassement et favorise le travail des micro-organismes.

Trouver le bon équilibre entre déchets vertes et déchets bruns

La réussite du compost repose sur un principe simple : chaque apport de déchets verts doit être accompagné de matières brunes.

Les déchets verts, comme les épluchures, les tontes de gazon ou les fanes de légumes, sont riches en eau et en azote. À l’inverse, les feuilles mortes, le broyat de branches, la paille ou le carton brun sont des matières plus sèches, riches en carbone. Elles absorbent une partie de l’humidité, empêchent le compost de se tasser et facilitent la circulation de l’air.

Au cours de ma formation de guide composteur, une règle revenait souvent : compter environ deux volumes de déchets verts pour un de déchets bruns. Il ne s’agit pas d’une proportion à respecter au gramme près, mais d’un bon repère pour la plupart des composteurs de jardin.

Concrètement, chaque fois que vous apportez un seau d’épluchures, ajoutez une poignée de matières brunes, puis mélangez légèrement l’ensemble. Ce geste prend moins d’une minute, mais il évite bien des désagréments : un compost qui sent mauvais, une masse compacte ou, au contraire, une décomposition qui ralentit.

Avec un peu d’observation, chacun adapte ensuite ces proportions aux déchets produits dans son jardin. Un compost trop humide réclame davantage de matières brunes ; un compost très sec ou qui se décompose lentement peut bénéficier d’un apport supplémentaire de matières fraîches.

Composteur en bois ouvert avec un croc de jardin pour retourner le compost.

Un compost a besoin d’air

Le compostage est un phénomène biologique qui a besoin d’oxygène. Lorsque les déchets se tassent, l’air circule moins bien. La décomposition ralentit, les mauvaises odeurs apparaissent et le compost perd en efficacité.

Le premier geste consiste à mélanger légèrement le compost à chaque nouvel apport. Après avoir versé vos déchets de cuisine et ajouté quelques matières brunes, donnez quelques coups de fourche ou de croc afin de les incorporer aux matières déjà présentes. Ce brassage rapide favorise l’aération et répartit l’humidité dans le compost.

Au fil des semaines, ce simple mélange ne suffit plus. Les matières finissent naturellement par se tasser. Il est alors conseillé de transvaser entièrement le compost dans un second bac ou sur une bâche, puis de le remettre progressivement dans le composteur. Ce brassage en profondeur réintroduit de l’air dans tout le tas et relance l’activité des micro-organismes.

Pour un composteur familial, cette opération est généralement réalisée tous les mois ou tous les deux mois, selon son volume, le degré de remplissage et la quantité de déchets produits. C’est également le bon moment pour vérifier l’état du compost. Il doit rester humide, comme une éponge essorée, sans être détrempé. Si le mélange paraît trop sec, un léger arrosage peut être utile. À l’inverse, s’il est trop humide, l’ajout de feuilles mortes ou de broyat permettra de rétablir l’équilibre.

Quand le compost est-il prêt à être utiliser ?

Le compost demande un peu de patience. Selon la saison, les matières utilisées et le soin apporté au brassage, il faut généralement compter entre six mois et un an pour obtenir un compost bien décomposé.

Il est prêt lorsque les déchets d’origine sont devenus difficiles à reconnaître. Le mélange prend une couleur brun foncé à noire, sa texture devient friable et il dégage une agréable odeur de sous-bois ou d’humus. Quelques morceaux de bois ou de coquilles d’œufs peuvent encore être visibles : cela n’a rien d’anormal.

Le compost mûr peut être incorporé au potager avant les plantations, utilisé pour enrichir les massifs de vivaces, les haies ou les pieds des arbres et arbustes. Mélangé à la terre, il améliore progressivement la structure du sol, favorise sa vie biologique et augmente sa capacité à retenir l’eau.

Si une partie du compost n’est pas encore totalement décomposée, elle peut simplement être replacée dans le composteur pour poursuivre sa transformation lors du cycle suivant.

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