
David Boutonnet, le gardien des âmes
Depuis plus de vingt ans, David Boutonnet veille sur le cimetière de Choisy-le-Roi et accompagne les familles, tout en observant l’évolution des rites funéraires.
L’arrivée en France du scarabée japonais suscite de nombreuses inquiétudes. Les jardiniers sont appelés à la vigilance car les plantes risquent de pâtir de la voracité de ce petit coléoptère. Alors où en est-on ?
Est-il encore possible d’empêcher la venue du scarabée japonais ? Cela semble difficile, voire impossible. Originaire du Japon, Popillia japonica a colonisé l’Amérique du Nord au début du XXe siècle. Il a franchi l’Atlantique pour s’installer aux Açores dans les années 1970. Cela restait loin.
L’inquiétude est montée d’un cran lorsque l’insecte a été repéré en Italie il y a 10 ans. Un scarabée japonais vivant a été capturé en novembre 2021 à Fribourg-en-Brisgau, une ville allemande proche de l’Alsace. Il continue sa progression : une colonie a été vue l’été dernier en Suisse, dans le Valais et à Zurich. « Il est primordial que ce ravageur n’atteigne pas le reste du territoire », ont réagi immédiatement les autorités cantonales du Valais. Elles ont confiné la zone concernée, posé des pièges, interdit les arrosages et pulvérisé des insecticides. « Une utilisation limitée d’insecticide est justifiée au vu du potentiel élevé de dommages et constitue actuellement la seule mesure efficace dont nous disposons », expliquait l’été dernier Ursina Wiedmer, de l’Office cantonal du paysage et de la nature de Zurich.
L’arrivée de l’insecte en France semble imminente
« Il n’y a aucune raison pour qu’il n’entre pas dans l’Hexagone », souligne Christine Tayeh, du laboratoire de la santé des végétaux de l’Anses. Et pour cause : le scarabée japonais peut voler au stade adulte (de fin mai à septembre) sur des dizaines de kilomètres. Il peut aussi avoir un comportement autostoppeur, c’est-à-dire qu’il peut se déplacer sur n’importe quel support et pas forcément végétal. Pour couronner le tout, chaque femelle pond, en juillet-août, entre 40 et 60 œufs dans le sol pour peu qu’il soit humide.
Mais pourquoi fait-il aussi peur ?
Il se nourrit de plus de 400 espèces végétales. Les larves dévorent les racines, les adultes consomment les feuilles. Des cultures (soja, maïs, haricot, asperge) aux fruitiers (prunier, pommier, vigne, fruit rouge), en passant par les arbres (chêne, hêtre, platane, peuplier), le gazon et les rosiers : son appétit est insatiable ! La seule solution : agir dès son arrivée. « Nous pensons qu’il y a une chance d’éradiquer le scarabée japonais dès le début de l’invasion, à condition de déployer des moyens de surveillance dynamiques, puis de lutte, tant que la population est encore faible et isolée. Les éradications qui ont réussi, dans l’Oregon et en Californie, se sont faites dans ce contexte », précise Christine Tayeh.
L’enjeu est de taille. Aux États-Unis, le coût de la lutte contre cet insecte est estimé à plusieurs centaines de millions de dollars par an. En Italie, certains vergers ont perdu plus de 60 % de leurs fruits. Les dommages sont également élevés dans la viticulture ou la production de tomates.
Comment le reconnaître ?
Le scarabée japonais mesure entre 8 et 12 mm de long et entre 7 à 5 mm de large. Il se distingue des autres coléoptères par son thorax vert métallisé et ses touffes de soie blanche qui parsèment ses flancs et son abdomen. Toute personne ayant vu un scarabée japonais est invité à le photographier et à le signaler à la DRAAF de sa région.
Crédits photos : Epantha et Renman1605

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