Avec Camille Esquivié, les couleurs reprennent vie

La jeune restauratrice de tableaux Camille Esquivié donne une nouvelle jeunesse aux toiles avec patience et précision. Entre chimie et art, elle conjugue savoir-faire et passion pour préserver la mémoire des œuvres et les couleurs du temps.

Camille Esquivié, restauratrice de tableaux, dans son atelier à Vincennes

Dans son appartement du quartier des Gondoles, à Choisy-le-Roi, Camille Esquivié a installé son chevalet près de la fenêtre. Sur la table trônent flacons, pinceaux et cotons. « Je commence toujours par un constat d’état, explique-t-elle. J’estime l’âge et la nature de la peinture, je fais des tests de nettoyage. Le vernis est souvent oxydé, il jaunit. Cela gâche les couleurs d’origine. Je le retire à l’aide de solvants. Puis je fais de la réintégration chromatique, autrement dit j’apporte de la couleur. »

Des parfums aux pigments

Camille Esquivié a grandi à Nîmes, dans le Gard, avant de rejoindre la région parisienne. « Mes parents étaient militaires. Je suis arrivée à Paris vers 13 ou 14 ans. Paris est vraiment une grande ville, alors, entre Nîmes et la capitale, le changement allait dans le bon sens ! » Elle rit. 

C’est sympa de prolonger la vie d’un tableau et de le transmettre de génération en génération. »

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Passionnée d’art depuis l’enfance, elle s’oriente pourtant vers un bac pro chimie. « J’ai toujours été portée sur la chimie. Après mon bac, j’ai travaillé comme assistante parfumeur pour un nez. Je l’aidais à la création des parfums. C’était hyper intéressant. » Mais les places sont chères et les possibilités d’évolution limitées. Après cinq ans dans le milieu de la parfumerie, convaincue que l’arrêt après le baccalauréat n’avait pas été une bonne idée, elle reprend des études. « J’ai fait une double licence droit et histoire de l’art, et après je me suis formée à la restauration. J’ai allié mes deux amours, la chimie et l’art. » Une formation qui la conduit à créer son entreprise. Camille Esquivié a installé un atelier, avenue d’Alfortville, dans son appartement. « On voulait se rapprocher de ma belle-famille qui vit ici depuis 25 ans. » Mais elle travaille également à Saint-Mandé, où elle partage les locaux avec d’autres restaurateurs et un commissaire-priseur.

Un savoir-faire minutieux

Son travail demande patience et précision. « On s’exerce, on se fait l’œil, il faut que la peinture soit lisible, claire. » Beaucoup de particuliers viennent la voir avec des toiles familiales. « Ils sont souvent étonnés parce qu’ils ne se souviennent plus des couleurs d’origine. C’est aussi sympa de prolonger la vie d’un tableau et de le transmettre de génération en génération. » Les anecdotes ne manquent pas. « J’ai déjà eu un client qui disait avoir nettoyé sa toile avec des pommes de terre. Une méthode qu’il avait trouvée sur Internet ! Nous, on a un protocole, on fait des tests, on fait attention. » Camille Esquivié ne peut que le regretter ces démarches d’amateurs puisqu’il suffit de lui envoyer une photo pour avoir un devis gratuit.

Camille Esquivié a trouvé sa voie : « Je trouve que c’est un métier où on partage des expériences. J’aimerais bien trouver un local plus grand à Choisy, peut-être un atelier partagé. Ce serait sympa, ça me donnerait un peu de visibilité. » Elle a du travail, un métier qui lui plaît et compte sur le bouche-à-oreille pour dénicher des toiles intéressantes à restaurer. Les flacons, pinceaux et cotons ne sont pas prêts de quitter la table !

www.atelier-esquivie.fr

Geste précis de restauration d’un tableau ancien au pinceau fin
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