Yves Pires

entre chair et matière

Sculpteur passionné, Yves Pires façonne la matière avec une précision saisissante, donnant vie à des œuvres où sensualité et puissance s’entrelacent. Inspiré par Michel-Ange et Rodin, il explore la féminité et la dynamique du mouvement à travers des sculptures expressives et minutieusement détaillées.

Yves Pires, sculpteur figuratif, contemplant l’une de ses œuvres en résine rouge lors d’une exposition, refletant sa vision artistique entre puissance et sensualité.

Quel joyeux capharnaüm ! Les statues, des félins, des hommes et beaucoup de nus de femme, s’accumulent dans l’atelier d’Yves Pires. Le sculpteur de 67 ans désigne un ours blanc : « Celle-là sera présentée au Salon de printemps. Celle-ci non, elle est trop grande ! ». Il y n’a pas oublié d’ajouter à sa liste quelques figurines représentant des femmes toute en sensualité et en énergie. Car Yves Pires est l’invité d’honneur de l’exposition que la Société régionale des Beaux-Arts organise au Royal, du 2 au 11 avril 2025. Il y présente au total une dizaine d’œuvres. L’occasion de découvrir ou de redécouvrir l’artiste choiséen.

Le figuratif avant tout

Et quel homme ! Toujours élégant, Yves Pires porte sur l’existence un regard curieux et amusé. Il sourit : « J’ai toujours habité le centre-ville de Choisy. Et j’ai toujours pratiqué la sculpture. Petit, je faisais des Mickey et des Donald en pâte à modeler. Je n’ai jamais arrêté ! »  Mais il y a aussi du Michel-Ange et du Rodin chez cet homme-là. Des maîtres qui continuent de l’inspirer : Michel-Ange pour la sensualité de ses sujets et Rodin pour la force de ses sculptures. « Moi, je préfère réaliser des œuvres très fines avec beaucoup de détails, notamment anatomiques. » Et il a toujours privilégié le figuratif : « Le choix de représenter la féminité dans l’expression de la sensualité, de la douceur et du désir, fut une évidence dès le départ de ma carrière, une façon d’exprimer au mieux ces sentiments ».

Un artiste avant tout

À 19 ans, Yves Pires quitte l’école pour aller apprendre les différentes techniques du bâtiment aux côtés de son père, d’origine portugaise. Il a ensuite travaillé une dizaine d’années avec lui avant de devenir décorateur sur les plateaux d’émissions de télévision comme Les Musclés ou Hélène et les Garçons. Puis il se consacre exclusivement à la sculpture jusqu’à la pandémie. « Au moment du Covid, explique le sculpteur, les galeries ont fermé. Le producteur Jean-Luc Azoulay est venu me chercher pour faire les décors de nouvelles séries. » Il a travaillé sur les épisodes des Mystères de l’amour ou Influences. « Les décors sont finis à présent, je peux donc à nouveau me consacrer à la sculpture », constate avec satisfaction l’artiste. Un retour facilité par la notoriété acquise au fil des années. Le couturier Valentino se sert de l’image de l’une de ses sculptures pour illustrer une robe. Le club de Clermont-Ferrand lui commande un bronze grandeur nature du joueur de rugby Aurélien Rougerie. Et il est en train de travailler sur une statue du peintre Camille Pissarro qui sera bientôt installée à Pontoise.

Pour l’instant il se consacre au salon de printemps. « J’avais répondu présent il y a 10 ou 15 ans, souligne Yves Pires. Ils m’ont demandé si je voulais bien être à nouveau leur invité d’honneur cette année. J’ai accepté bien évidemment. C’est toujours un plaisir de montrer mon travail à Choisy-le-Roi ! » Rendez-vous est donc pris.

Site : www.yvespires.com

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