Une Amy qui vous veut du bien
La rappeuse trace son chemin. Entre musique et parole, Amy Sidibé transmet ses valeurs. Elle porte un regard acéré et tendre sur la société.
La journée touche à sa fin. Il y une foule de parents d’élèves sur le parvis de l’école Nelson-Mandela. Malgré le début de vacances, la sortie se passe dans le calme. Un peu à l’arrière, Amy Sidibé surveille le bon déroulé des opérations. L’institutrice serre dans ses bras les élèves qui viennent la saluer. La jeune femme explique : « Je suis institutrice depuis 8 ans. J’ai travaillé à Paris et Thiais, aujourd’hui me voilà à Choisy-le-Roi ! » Amy Sidibé est de retour à la maison !
Aux racines d'Amy Sidibé
Rembobinons le film… Issue d’une famille peule du Mali et de Guinée, Amy Sidibé a grandi à Choisy-le-Roi avec sa famille. Son père : « Un homme de culture, chef d’entreprise, diplomate, l’homme africain dans toute sa splendeur. » Sa mère : « Une femme qui a décidée de s’occuper de ses enfants après ses études. Elle m’a transmis des valeurs essentielles. On pourrait lui acheter un château. Elle resterait à Choisy ne serait-ce que pour aller au marché. Ma mère a les pieds sur terre. » Et il y a le reste de la famille, ses frères, sa sœur jumelle. Les Sidibé, sacré famille et famille sacrée…
Mon single Va-là-bas vient d’être certifié single d’or, soit plus 15 millions de streams vendus. Une grande fierté surtout que le morceau n’a pas été joué en radio !
Amy Sidibé
Amy Sidibé pourrait décrire le square Danton, là où elle a grandi, en fermant les yeux. Mais la rappeuse l’admet volontiers : « J’aime bien jouer et déjouer le cliché des filles des cités. » On ne met pas Amy dans une case, encore moins dans une prison.
Chez les Sidibé, on ne plaisante pas avec le respect, celui des parents, du quartier, de la loi. La rappeuse explique : « J’ai toujours aimé lire. Et dès 17 ans, j’ai commencé à écrire. » Amy veut faire du rap.
La famille hésite mais Amy ose, s’impose et pose sa prose. Elle se métamorphose pour défendre sa cause. En virtuose, elle expose les névroses d’une société qui oppose nos humanités. Cruelle de vérité mais sans colère. Sans jugement. Quand tant de rappeuses pensent qu’il faut montrer charme et chair, Amy préfère dévoiler sa vérité. Nue. Les femmes battues. Les jeunes errants. L’amour déçu. Amy s’engage et enrage parfois.
Amy Sidibé, une artiste avant tout
« Mauvais choix, bon choix », résume-t-elle. Amy Sidibé a fait les siens. Elle a obtenu deux mastères : Sciences de l’éducation et Administration politique internationale. Mais elle n’a pas décidé d’être une artiste. Elle l’est sans aucun doute !
Il faudrait parler de réalisation de clip, d’arts plastiques en plus du rap. Et elle obtient la reconnaissance de ses pairs. Rohff, Ninho, Gradur, Black M, Jul… s’invitent sur ses morceaux. « En France, Il est difficile, surtout pour une femme, de rassembler autant de pointures autour d’un album quand on n’a pas l’espace médiatique conséquent, d’ailleurs je pense être la seule femme à avoir réuni autant de rappeurs, souligne-t-elle, et mon single Va-là-bas vient d’être certifié single d’or, soit plus 15 millions de streams vendus. Une grande fierté surtout que le morceau n’a pas été joué en radio. »
Mais, pour elle, le succès, c’est surfait. On l’attendait là, elle est déjà ailleurs. Amy veut retourner en Afrique, en Côte d’Ivoire, continuer à écrire, mais des séries audiovisuelles cette fois, s’occuper de ses enfants, toujours. Et elle reviendra, c’est certain, à Choisy-le-Roi, son port d’attache.
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