Alexandra Rabczynska : le corps pour s’exprimer

Danseuse et DJ devenue danse-thérapeute, Alexandra Rabczynska anime des ateliers ouverts à toutes et tous, où le corps devient langage. Du centre d’accueil à la médiathèque, elle défend une pratique libre, inclusive et profondément humaine.

Alexandra Rabczynska, danse-thérapeute à Choisy-le-Roi
Photo : Katia Rakotoasitera

Alexandra Rabczynska fait bouger les corps et les âmes. Dans les ateliers qu’elle anime à la médiathèque, le mouvement devient un langage, un lien, parfois même une réparation. Danse-thérapeute, elle explore depuis plusieurs années les vertus d’une expression libre, accessible à tous les corps, valides ou non, loin des cadres académiques. « Aucun prérequis n’est demandé pour cet atelier. Et j’aime beaucoup la médiathèque, son superbe et grand studio de danse et hors des conventions », souligne-t-elle. Ces séances offrent un espace d’expression inhabituel, où chacun peut trouver sa place.

La danse permet de s’exprimer autrement, sans passer par les mots

Danser pour se reconstruire

Alexandra Rabczynska connaît bien Choisy-le-Roi. Depuis 2020, elle intervient auprès d’adultes suivis en psychiatrie au centre d’accueil thérapeutique et de temps de groupe (CATTG). Un lieu intermédiaire, entre l’hôpital et la vie quotidienne, où les patients viennent quelques heures par semaine participer à différentes activités. 

« La danse permet de s’exprimer autrement, sans passer par les mots », explique-t-elle. Pour des personnes qui ont parfois du mal à exprimer leurs souffrances ou leurs sentiments, le corps devient un outil central. Dans un cadre sécurisé, sans chorégraphie imposée, chacun est invité à expérimenter, ressentir, rétablir un rapport à soi et aux autres.

La danse-thérapie s’inscrit dans le champ plus large de l’art-thérapie. L’atelier de « danse libre et inclusive » mobilise ainsi le mouvement et la musique pour travailler l’estime de soi, la confiance, mais aussi le lien social. « Il ne s’agit pas seulement d’apprendre à danser, mais de se réapproprier son corps », précise Alexandra Rabczynska. Et de briser la solitude…

Retour aux platines

L’artiste grandit dans un environnement familial baigné de musique et de danse. Formée à la danse classique, au modern jazz, aux claquettes ou au hip-hop, elle a exploré les styles et, plus tard, mené une activité de DJ pendant une dizaine d’années. Une blessure au genou en 2009 marque un tournant. 

Forcée de ralentir, elle découvre la danse-thérapie. Derrière cette trajectoire se dessine aussi une histoire personnelle. Alexandra Rabczynska a grandi aux côtés d’une sœur souffrant de troubles psychiques. Une réalité qui a façonné son regard. « C’est une chance, mais aussi une charge », confie la sœur aidante. Cette expérience nourrit aujourd’hui sa pratique professionnelle.

Autre évidence pour elle : l’engagement. Alexandra Rabczynska revendique un féminisme attentif aux questions d’inclusion et de respect. Sans transformer ses ateliers en tribune, elle porte une vision profondément humaine du soin. 

« Il est difficile de vraiment séparer ce que l’on est de ce que l’on fait », résume-t-elle. Aujourd’hui, elle s’apprête à renouer avec ses premières amours en reprenant les platines. La danse, la musique, l’écriture : autant de formes d’expression qui, chez elle, dialoguent en permanence. « J’ai appris à rêver moins loin, mais à rêver plus haut. » Une jolie manière de transformer les contraintes en élan.

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