Migration des hirondelles : quand partent-elles et où vont-elles ?
Dès la fin de l’été, les hirondelles disparaissent progressivement de nos villages. Où vont-elles ? Pourquoi entreprennent-elles un si long voyage ? À quelles dates quittent-elles la France ? Voici tout ce qu’il faut savoir sur leur migration.
Si les hirondelles ne font pas le printemps, elles marquent assurément la fin de l’été. Elles se rassemblent sur les fils électriques, virevoltent en larges groupes au-dessus des champs et semblent plus nombreuses que jamais. Ce spectacle annonce un départ imminent : celui d’un voyage de plusieurs milliers de kilomètres vers l’Afrique subsaharienne. Mais avant de prendre leur envol, ces infatigables migratrices suivent un véritable rituel.
Repères
- Départ : de la fin août à la mi-octobre.
- Destination : l’Afrique subsaharienne.
- Distance parcourue : jusqu’à 10 000 km aller-retour.
- Pourquoi elles partent : la raréfaction des insectes, davantage que le froid.
Pourquoi les hirondelles ne partent-elles pas toutes en même temps ?
La date du départ varie chaque année. La disponibilité en nourriture est déterminante en la matière. Les oiseaux ont besoin de 3 000 insectes par jour.
Lors des années très chaudes ou très sèches, les hirondelles risquent de partir dès la fin du mois de juillet en raison de la canicule. Mais la migration peut être plus tardive et s’étaler jusque mi-octobre.
Cependant, depuis quelques années, le comportement évolue. Les ornithologues notent des cas d’hivernage dans le Midi, mais aussi le long de la côte atlantique jusqu’en Bretagne ! Il est peut-être un peu trop tôt pour le dire, mais la succession d’hivers doux que l’Europe connaît actuellement n’est sans doute pas étrangère à ce phénomène.
Autre élément de l’agenda migratoire : les oisillons. C’est notamment le cas lorsque la sécheresse du printemps a diminué les chances de succès de la première couvée. Les hirondelles peuvent, selon la météo, donner naissance à une seconde couvée fin juillet ou début août.
Elles doivent couver leurs œufs pendant 15 jours, puis s’occuper de leurs petits pendant un mois au minimum. Si les oisillons sont nombreux ou que les conditions météorologiques ne sont pas idéales, les petits resteront plus longtemps auprès de leurs parents. Cela retarde d’autant la migration… L’aptitude des plus jeunes à faire le trajet de plusieurs milliers de kilomètres vers l’Afrique sonne l’heure du départ !
Comment les hirondelles retrouvent-elles leur route ?
Les jours qui précèdent, les hirondelles tentent d’absorber un maximum d’insectes. Elles partent ensuite en groupe sur un large front, effectuant 200 à 300 km par jour. Elles se déplacent à une vitesse de 40 à 50 km/h. Pendant la migration, les hirondelles doivent battre des ailes pour avancer. Elles ne planent pas comme certains migrateurs même si elles savent très bien s’appuyer sur les courants d’air pour ménager leurs efforts.
Pour trouver l’énergie nécessaire à ce périple, elles suivent une zone dans laquelle il fait environ 10 °c. C’est dans cette couche thermique, souvent à moins de 100 mètres du sol, qu’elles trouvent des insectes en abondance. Elles les attrapent en plein vol pour s’alimenter. C’est justement le manque de nourriture qui rend les traversées de la Méditerranée et du Sahara si délicates pour les plus faibles d’entre elles. En revanche, les scientifiques ne savent toujours pas comment les oiseaux s’orientent pour regagner l’Afrique de l’Ouest.
Il leur faut plus d’un mois pour rejoindre leur site d’hivernage. Là, une rude concurrence les attend : l’Afrique compte une quarantaine d’espèces d’hirondelles et, finalement, seule une poignée d’entre-elles sont migratrices. Mais cette présence reste fragile. Entre 20 % et 50 % des effectifs ont disparu depuis les années 1970. Les hirondelles sont des oiseaux protégés depuis 2009. Il est interdit de détruire les individus, les nids, les œufs, les poussins ou de les perturber intentionnellement. Il appartient à chacun d’être vigilant et de veiller à la sauvegarde de ces fragiles oiseaux migrateurs.
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