Courges : comment réussir leur culture au potager ?

Elles courent, s’étalent et finissent parfois par prendre leurs aises bien au-delà de l’endroit qui leur était réservé. Mais qu’importe : généreuses et faciles à cultiver, les courges offrent des récoltes qui se prolongent jusqu’à l’automne. Du soleil, une terre riche et de l’eau au bon moment suffisent généralement à leur bonheur.

Courge traditionnelle du potager mexicain poussant au sol parmi son feuillage.

Carte d’identité

Nom : Courge

Nom latin : Cucurbita spp.

Famille : Cucurbitacées

Type : Légume-fruit

Hauteur : 30 à 60 cm

Largeur : 1 à 5 m selon les variétés

Cycle : Annuel

Exposition : Soleil

Sol : Riche, profond et bien drainé

Semis : Avril à mai

Récolte : Juillet à octobre

Rusticité : Gélive

Comment cultiver la courge ?

Généreuse, la courge demande surtout de la chaleur, du soleil et une terre riche pour donner le meilleur d’elle-même. Le semis peut commencer en avril, au chaud, en godets. Déposez deux ou trois graines à 2 ou 3 cm de profondeur, puis conservez le plant le plus vigoureux après la levée. Maintenez le terreau légèrement humide et placez les godets à la lumière.

La plantation en pleine terre intervient lorsque tout risque de gelée est écarté, généralement à partir de la mi-mai. Les courges apprécient les sols profonds et riches en matière organique. Un apport de compost bien mûr au moment de la plantation leur sera particulièrement profitable.

Prévoyez de la place : les variétés coureuses peuvent rapidement étendre leurs tiges sur plusieurs mètres. Espacez les plants d’environ 1 à 2 m selon leur vigueur. Les variétés non coureuses, comme de nombreuses courgettes, sont moins encombrantes.

Il est également possible de semer directement en pleine terre en mai, lorsque le sol est suffisamment réchauffé. Semez deux ou trois graines par poquet, puis ne conservez après la levée que le plant le plus vigoureux.

Quelles espèces choisir ?

Le choix dépend d’abord de la place disponible et de l’usage que vous ferez de la récolte.

Pour un petit potager, privilégiez les variétés peu encombrantes. Les courgettes non coureuses, comme ‘Black Beauty’, forment une touffe compacte et produisent tout l’été. La petite courge ‘Jack Be Little’ peut même être palissée pour gagner de la place.

Si vous recherchez une courge facile à cuisiner et à conserver, misez sur le potimarron ‘Red Kuri’. Sa chair douce, légèrement sucrée, convient aussi bien aux soupes qu’aux purées ou aux gratins. Autre valeur sûre, la ‘Butternut’ offre une chair fine, peu fibreuse et des fruits qui se conservent plusieurs mois.

Vous avez de la place ? La ‘Musquée de Provence’ peut courir sur plusieurs mètres et produire de gros fruits côtelés à la chair épaisse et parfumée. Le ‘Rouge vif d’Étampes’, lui aussi généreux, donne de gros potirons aplatis particulièrement adaptés aux soupes et aux purées.

Pour une récolte originale, essayez enfin le pâtisson, à cueillir jeune pour une chair plus tendre, ou ‘Spaghetti végétal’, dont la chair cuite se détache en longs filaments.

Parasites et maladies

L’oïdium est la maladie la plus fréquente chez les courges. Il forme un feutrage blanc sur les feuilles, généralement à partir de l’été. Pour limiter son apparition, espacez suffisamment les plants, arrosez au pied sans mouiller le feuillage et évitez les excès d’azote. Lorsqu’il apparaît tard dans la saison, inutile de s’alarmer : il accompagne souvent le vieillissement naturel de la plante et compromet rarement la récolte.

Les jeunes plants sont particulièrement appréciés des limaces et des escargots. Surveillez-les surtout dans les semaines qui suivent la plantation et intervenez rapidement : une jeune courge peut être entièrement dévorée en une nuit.

Les pucerons peuvent également coloniser les jeunes pousses et le revers des feuilles. Une petite population ne justifie pas forcément d’intervention : coccinelles, syrphes et autres auxiliaires contribuent généralement à la maintenir sous contrôle.

Enfin, une courge qui jaunit ou pourrit alors qu’elle est encore petite n’est pas nécessairement malade. Il s’agit souvent d’une fleur femelle mal fécondée. Le jeune fruit cesse alors de grossir avant de dépérir. La présence d’insectes pollinisateurs au jardin favorise une bonne fructification.

Quel goût dans l’assiette ?

Douce, sucrée, parfois légèrement farineuse, la chair des courges change beaucoup d’une variété à l’autre. Le potimarron possède une saveur douce qui rappelle la châtaigne. La ‘Butternut’, plus fine et fondante, développe des notes légèrement beurrées. La ‘Musquée de Provence’ offre une chair épaisse, parfumée et un peu sucrée.

En cuisine, les courges se prêtent aux soupes, purées, gratins, currys ou simplement à une cuisson au four avec un filet d’huile d’olive. Les courgettes et les pâtissons se consomment jeunes, lorsque leur chair est encore tendre. Les courges d’hiver sont récoltées à maturité et peuvent se conserver plusieurs mois.

Ne jetez pas les graines : une fois lavées et séchées, celles des courges comestibles peuvent être grillées au four avec un peu de sel et quelques épices. Quant aux fleurs de courgette et de courge, elles sont également comestibles et peuvent être farcies ou préparées en beignets.

Pourquoi l’adopter ?

Parce qu’avec quelques graines et un peu de place, la courge peut donner une récolte particulièrement généreuse. Une fois bien installée, elle demande peu de soins : quelques arrosages réguliers, un bon paillage et une terre suffisamment riche lui permettent généralement de se développer sans difficulté.

Ses longues tiges et ses larges feuilles couvrent rapidement le sol. Elles limitent ainsi le développement des herbes indésirables et protègent la terre du dessèchement pendant les fortes chaleurs.

Autre avantage : les courges récoltées à maturité se conservent longtemps. Potimarrons, butternuts ou courges musquées peuvent patienter plusieurs mois dans un endroit sec, aéré et hors gel. Une manière simple de prolonger les récoltes du potager jusqu’au cœur de l’hiver.

Enfin, difficile de trouver culture plus diverse : courgettes à récolter tout l’été, petites courges pour les espaces réduits, variétés à conserver ou énormes potirons… Il existe une courge pour presque tous les potagers.

Bon à savoir

Au Mexique, la courge est cultivée depuis des millénaires. Elle forme avec le maïs et le haricot l’un des piliers de la milpa, ce système agricole traditionnel dans lequel plusieurs cultures poussent ensemble. Le maïs fournit un support aux haricots grimpants, tandis que les larges feuilles des courges couvrent le sol, limitent l’évaporation et freinent le développement des herbes concurrentes.

Mais au Mexique, la courge ne se résume pas à sa chair. Ses graines, les pepitas, entrent notamment dans la préparation du pipián, une sauce traditionnelle. Les fleurs, flor de calabaza, sont elles aussi très appréciées : elles garnissent notamment quesadillas, soupes et autres préparations.

Une plante à retrouver, avec le maïs et le haricot, dans notre article « Au cœur du potager mexicain ».

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