Fabien Waksman : la tête dans les étoiles
Victoire de la musique classique en 2023, Fabien Waksman a grandi à Choisy-le-Roi. Compositeur sans frontières, il navigue entre Debussy, métal, musiques du monde et rêve d’espace. Jusqu’à envoyer bientôt l’une de ses œuvres sur la Lune.
Fabien Waksman ne se perd jamais à Choisy-le-Roi. Le compositeur garde ses repères dans la ville où il a grandi : l’avenue du 8-Mai-1945, où vit toujours sa mère, la piscine municipale qu’il fréquentait plusieurs fois par semaine ou encore les trajets quotidiens vers les classes musicales du collège Paul-Valéry de Thiais.
Rien ne destinait ce fils de scientifiques à la composition musicale. « Je crois que mes parents avaient lu quelque part que les gamins qui faisaient de la musique étaient bons en maths », s’amuse-t-il. Enfant solitaire, il découvre donc très tôt le piano et préfère déjà improviser plutôt que suivre les partitions à la lettre. « Déjà, j’adorais inventer des morceaux », se souvient-il. Une liberté qui surprend ses professeurs mais forge peu à peu son identité artistique.
Ce qui me passionne, c’est de raconter quelque chose à mes semblables.
Fabien Waksman
Un esprit sans frontières
Après le conservatoire de Saint-Maur, il intègre le très prestigieux Conservatoire national supérieur de musique de Paris dans la classe de Jean-François Zygel. « Ça a été une rencontre déterminante », explique le musicien, aujourd’hui professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris. « Il m’a ouvert l’esprit. »
Car Fabien Waksman refuse les frontières musicales : « Dans la musique dite classique, on joue avant tout les partitions de compositeurs disparus. C’est le seul art où c’est le cas. Au cinéma, on ne va pas aller regarder uniquement des films qui datent des années 1920. » Si Debussy reste son « dieu musical », il revendique aussi son goût pour le métal, les musiques du monde ou les traditions vocales venues d’Asie et d’Amérique du Sud. « J’ai envie de parler aux gens », confie-t-il. Cette ouverture l’amène notamment à composer des opéras pour des enfants issus de quartiers défavorisés afin de rendre la musique classique plus accessible. Ce qui ne l’empêche pas d’être aujourd’hui reconnu dans le monde de la musique contemporaine. Une reconnaissance confirmée par une Victoire de la musique classique en 2023.
De Choisy à la Lune
Fabien Waksman travaille aujourd’hui pour de grands orchestres et festivals internationaux. « Je compose surtout sur commande, résume-t-il. Si la musique n’est pas jouée, elle reste à l’état de papier. » L’une de ses œuvres récentes, inspirée de la conquête spatiale américaine et créée aux États-Unis, a été composée avec l’astrophysicien Jean-Philippe Uzan, lui aussi originaire de Choisy-le-Roi. Elle doit même être gravée sur un disque de saphir. Il est destiné à partir vers la Lune l’an prochain dans le cadre du projet Sanctuary on the Moon soutenu par la Nasa et l’Unesco. « Mais, au fond, cette œuvre parle surtout de l’humanité. Quelle humanité voulons-nous être ? », souligne l’artiste.
À 46 ans, Fabien Waksman regarde désormais vers d’autres horizons. Passionné par les cultures du monde, il rêve de voyager davantage avec sa compagne et ses enfants. « Ce qui me passionne, c’est raconter quelque chose à mes semblables », insiste-t-il. Une quête commencée il y a bien longtemps, entre un piano et la piscine de Choisy-le-Roi.
Bio express
Mars 1980
Naissance à Roubaix.
Septembre 1999
Entrée au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris.
Septembre 2006
Devient professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris à 25 ans.
Mars 2023
Remporte la Victoire de la musique classique dans la catégorie « Compositeur » pour L’Île du temps.
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