Après des mois de sécheresse, comment les sols se réhydratent-ils ?
Depuis le début de l’été, les sols ont perdu une grande partie de leur eau. Les pluies de la fin août et du début septembre ont apporté un répit et suffi à faire reverdir la végétation. Mais sous nos pieds, la réhydratation est beaucoup plus lente. Que devient l’eau lorsqu’elle tombe sur un sol desséché ?
Quelques pluies et le vert est revenu. Les pelouses ont repris des couleurs, les plantes se sont redressées et le jardin semble déjà avoir oublié les longues semaines sans eau. Sous terre, l’histoire est différente. Desséché depuis le début de l’été, le sol ne reconstitue pas ses réserves en quelques orages. Les premières pluies ne sont que le début d’une lente réhydratation.
Les premières pluies réhumidifient la surface
Lorsque la pluie revient après plusieurs semaines de sécheresse, toute l’eau qui tombe ne descend pas immédiatement en profondeur. Les premiers millimètres commencent par humidifier les couches superficielles du sol. Une partie est rapidement absorbée par les racines et utilisée par une végétation qui recommence à transpirer dès que les conditions s’améliorent.
L’intensité de la pluie joue également un rôle essentiel. Une pluie modérée et durable a davantage de temps pour pénétrer dans le sol. Lors d’un orage violent, au contraire, l’eau peut arriver plus vite que le sol n’est capable de l’absorber. Elle ruisselle alors en surface, rejoint les fossés et les cours d’eau sans nécessairement contribuer beaucoup à la réhydratation. C’est pourquoi quelques dizaines de millimètres tombés brutalement et la même quantité répartie sur plusieurs jours peuvent avoir des effets très différents.
Tous les sols ne réagissent pas de la même manière
La nature du sol change aussi la façon dont l’eau pénètre et surtout dont elle est conservée. Dans un sol sableux, l’eau circule facilement et rapidement entre les particules. Mais ce type de sol possède une faible réserve en eau : après la pluie, il peut donc se dessécher assez vite.
Un sol argileux retient au contraire beaucoup d’eau, mais toute cette eau n’est pas forcément disponible pour les plantes. Lorsqu’il a fortement séché, sa réhumidification peut aussi être irrégulière. Les fissures ouvertes pendant la sécheresse constituent parfois des voies préférentielles : l’eau s’y engouffre et peut gagner rapidement la profondeur sans réhumidifier uniformément l’ensemble du sol.
Les sols limoneux occupent une situation intermédiaire et disposent généralement d’une bonne réserve en eau. Mais la texture ne fait pas tout. La structure du sol, sa teneur en matière organique, sa couverture végétale ou encore son tassement influencent aussi sa capacité à absorber et à conserver l’eau.
Reverdir ne signifie pas que le sol a retrouvé ses réserves
C’est probablement l’un des effets les plus trompeurs du retour des pluies. Quelques jours suffisent parfois pour transformer le paysage. Une pelouse jaunie reverdit, certaines plantes repartent et les températures plus basses réduisent l’évaporation.
Cette réaction spectaculaire concerne pourtant surtout les premiers horizons du sol, là où se trouvent de nombreuses racines. Plus profondément, le déficit accumulé pendant plusieurs mois peut persister. Pour le combler, il faut généralement une succession de pluies suffisamment longues et régulières.
La réhydratation est donc progressive : l’eau remplit peu à peu les pores du sol et reconstitue la réserve accessible aux végétaux. Ce n’est qu’une fois cette réserve suffisamment reconstituée qu’une partie de l’eau peut poursuivre son chemin vers les horizons plus profonds.
Et pour recharger les nappes ?
C’est une autre étape, qui ne doit pas être confondue avec la réhydratation des sols. Une pluie bénéfique au jardin peut n’avoir pratiquement aucun effet sur une nappe souterraine. À l’échelle de la France, seulement 20 à 23 % des précipitations annuelles s’infiltrent suffisamment profondément pour participer à leur recharge.
Avant d’y parvenir, l’eau doit traverser le sol puis les différentes couches du sous-sol. Après une période sèche, les premières pluies servent d’abord à réhumidifier les sols et à répondre aux besoins de la végétation. Ce n’est que lorsque ces besoins diminuent et que les sols sont suffisamment humides qu’une part plus importante de l’eau peut poursuivre son chemin en profondeur.
En France métropolitaine, la recharge des nappes se produit principalement entre septembre-octobre et mars-avril. Durant cette période, la végétation est moins active et l’évapotranspiration plus faible. Après un été très sec, quelques gros orages de fin d’été ne suffisent donc pas à effacer le déficit. C’est surtout la régularité des pluies de l’automne et de l’hiver qui devient déterminante.
10, 30 ou 50 mm de pluie : est-ce suffisant ?
Un millimètre de pluie correspond à un litre d’eau tombé sur un mètre carré. Une pluie de 10 mm apporte donc 10 litres par m², 30 mm en apportent 30 et 50 mm, 50 litres.
Mais ces chiffres ne permettent pas, à eux seuls, de savoir jusqu’à quelle profondeur le sol sera réhumidifié. Une pluie de 10 mm peut être très bénéfique à la végétation superficielle sans atteindre les horizons profonds. Avec 30 ou 50 mm, la réhumidification peut progresser davantage, à condition que l’eau ait le temps de s’infiltrer.
Nature du sol, état de sécheresse initial, couverture végétale, pente et surtout intensité des précipitations changent considérablement le résultat. Il n’existe donc pas un nombre de millimètres à partir duquel un sol peut être déclaré « réhydraté ».
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