Comment aider arbres et arbustes après la canicule ?
Feuilles brunies, rameaux desséchés, arbres qui se dégarnissent… Après la canicule, certains jardins ont triste mine. Faut-il arroser, tailler ou simplement attendre ?
Pourquoi les arbres perdent-ils déjà leurs feuilles ?
À la fin de l’été, certains jardins ont déjà pris des couleurs d’automne. Les feuilles jaunissent, brunissent ou tombent alors que septembre n’a pas encore commencé. Après plusieurs semaines de chaleur et de sécheresse, les arbres montrent les premiers signes du stress hydrique.
Lorsque l’eau vient à manquer, l’arbre ferme progressivement les stomates de ses feuilles pour limiter la transpiration. Il réduit ainsi ses pertes en eau, mais aussi ses échanges gazeux et sa photosynthèse. Si le stress se prolonge, une partie du feuillage peut sécher ou tomber prématurément.
Le phénomène est spectaculaire, mais il ne signifie pas nécessairement que l’arbre est mort. Une partie de la ramure peut avoir souffert tandis que le reste de l’arbre est encore parfaitement vivant. À la fin de l’été, il est souvent trop tôt pour dresser un bilan.
Que peut-on vraiment faire maintenant ?
Pour les jeunes arbres et les plantations récentes, la priorité reste l’eau. Leur système racinaire, encore peu développé, ne leur permet pas d’aller chercher l’humidité aussi profondément qu’un arbre installé depuis plusieurs années. Mieux vaut un arrosage copieux et espacé que de petites quantités d’eau versées tous les jours.
Les arbustes peuvent également être arrosés si la terre reste sèche. Là encore, il faut chercher à humidifier le sol en profondeur plutôt qu’à mouiller simplement sa surface. Et la vigilance ne doit pas forcément s’arrêter avec la fin des fortes chaleurs : un automne sec peut prolonger le stress hydrique.
Pour un grand arbre bien installé, les choses sont plus compliquées. Verser quelques arrosoirs contre le tronc aura peu d’effet : les racines qui absorbent l’eau s’étendent largement autour de l’arbre. Un éventuel arrosage doit donc concerner une surface beaucoup plus importante et pénétrer suffisamment profondément dans le sol.
Deux choses à ne pas faire
Fertiliser. Donner de l’engrais à un arbre ou un arbuste affaibli pour l’aider à repartir peut sembler logique. C’est pourtant le mauvais moment. La fertilisation peut favoriser l’apparition de nouvelles pousses alors que la plante manque déjà de ressources pour les alimenter.
Se précipiter sur le sécateur. Feuilles grillées et rameaux apparemment secs ne justifient pas une taille immédiate. Il est préférable de conserver les parties encore vivantes et d’attendre de savoir précisément ce qui a réellement dépéri. Le grand nettoyage attendra. Une exception toutefois : une grosse branche manifestement morte ou fragilisée peut devenir dangereuse lors des coups de vent de l’automne et de l’hiver.
Pour connaître les dégâts, il faudra attendre
C’est sans doute le conseil le plus difficile à suivre : ne rien hâter. L’aspect d’un arbre à la sortie d’un épisode de sécheresse ne permet pas toujours de savoir comment il se comportera quelques mois plus tard.
Un arbuste entièrement défeuillé peut encore être vivant. Un arbre peut aussi sacrifier une partie de sa ramure et repartir ailleurs. Certains rameaux ne produiront plus de feuilles tandis que d’autres débourreront normalement.
Le véritable bilan se fera donc surtout à la reprise de la végétation. Au printemps prochain, l’apparition des bourgeons puis des nouvelles feuilles permettra de distinguer beaucoup plus sûrement les parties vivantes de celles qui ont réellement dépéri. C’est à ce moment-là qu’une taille pourra être envisagée.
Un arbre qui repart est-il tiré d’affaire ?
Pas nécessairement. Survivre à une sécheresse ne signifie pas en sortir indemne. En fermant ses stomates et en perdant une partie de son feuillage, l’arbre a aussi réduit sa photosynthèse. Il a donc produit moins de sucres et constitué moins de réserves.
Les conséquences peuvent se faire sentir bien après le retour de la pluie : croissance ralentie, mortalité de certaines racines ou branches et plus grande vulnérabilité à certains insectes ou champignons. Un arbre peut ainsi repartir au printemps tout en restant affaibli.
Le véritable danger tient surtout à la répétition de ces épisodes. Une sécheresse peut être surmontée. Plusieurs années difficiles successives laissent de moins en moins de temps aux arbres pour reconstituer leurs réserves. Les effets de la canicule ne s’arrêtent donc pas forcément avec la fin de l’été.
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