3 chauves-souris que l’on croise dans nos jardins

À la tombée du jour, elles surgissent sans bruit, décrivent des trajectoires imprévisibles puis disparaissent dans l’obscurité. Invisibles le jour, les chauves-souris sont pourtant des habitantes fidèles de nos jardins. Trois espèces communes permettent de mieux comprendre leur présence, leur rôle… et les moyens de les préserver.

Pipistrelle commune en vol au crépuscule dans un jardin
Pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus) en vol au crépuscule, une espèce très fréquente dans les jardins. Crédit photo : CreativeNature_nl / iStock

La pipistrelle commune, la voisine du crépuscule

Nom scientifique : Pipistrellus pipistrellus

C’est la plus petite et la plus fréquente des chauves-souris européennes. Elle mesure entre 3,5 et 5 cm de long, pour une envergure d’environ 20 cm. Son vol rapide et saccadé est souvent visible dès les premières minutes du crépuscule, au-dessus des jardins, des haies ou des points d’eau.

Elle se nourrit principalement de petits insectes volants, notamment des moustiques et des moucherons, qu’elle capture en vol. Une pipistrelle peut en consommer plusieurs milliers en une nuit.

En hiver, elle entre en hibernation, souvent dans des cavités abritées : fissures de murs, caves, interstices de bâtiments. Elle ralentit fortement son activité et vit sur ses réserves.

Pipistrelle au repos sur une surface en bois

Pourquoi les chauves-souris sont précieuses

Les chauves-souris jouent un rôle essentiel dans les jardins. En se nourrissant d’insectes, elles participent à une régulation des populations, notamment celles des moustiques. Leur présence est souvent le signe d’un environnement fonctionnel, où la biodiversité nocturne trouve sa place. À l’inverse, leur disparition peut indiquer un déséquilibre, lié à l’usage de pesticides ou à la raréfaction des insectes.

Sérotine commune au repos sur une surface en bois

La sérotine commune, la chasseuse des espaces ouverts

Nom scientifique : Eptesicus serotinus

Plus grande et plus robuste, la sérotine atteint 6 à 8 cm de long, avec une envergure pouvant dépasser 35 cm. Son vol est plus lent, plus ample, souvent à quelques mètres au-dessus du sol, dans les jardins ouverts ou en lisière.

Elle chasse des insectes plus gros que la pipistrelle : papillons nocturnes, coléoptères, parfois même des hannetons. Sa présence est fréquente à proximité des habitations, où elle trouve des gîtes dans les combles ou les toitures.

Comme les autres espèces, elle hiberne en hiver, généralement dans des bâtiments ou des cavités protégées, où la température reste stable.

Comment les accueillir au jardin

Favoriser la présence des chauves-souris passe par des gestes simples. Il est important de limiter l’éclairage extérieur, surtout en début de nuit, car la lumière perturbe leurs déplacements et réduit la présence d’insectes. Conserver des haies, des arbres et des zones un peu sauvages offre des zones de chasse. Installer un gîte spécifique peut également les encourager à s’installer. Enfin, l’abandon des insecticides est essentiel, car il réduit directement leur ressource alimentaire.

L’oreillard roux, le chasseur silencieux

Nom scientifique : Plecotus auritus

Reconnaissable à ses oreilles démesurées, presque aussi longues que son corps, l’oreillard mesure environ 4 à 5 cm, pour une envergure de 25 à 30 cm. Son vol est lent, presque flottant, souvent à proximité immédiate des arbres et des arbustes.

Contrairement aux autres espèces, il peut capturer des insectes posés sur les feuilles. Il se nourrit notamment de papillons nocturnes, qu’il repère grâce à une ouïe très développée.

En hiver, il hiberne dans des lieux frais et calmes : caves, granges, cavités naturelles. Il peut aussi changer de gîte selon les conditions.

Oreillard roux au repos avec ses grandes oreilles déployées

La trame noire, un enjeu encore méconnu

Face à l’impact de l’éclairage artificiel sur la biodiversité, certaines collectivités développent ce que l’on appelle des trames noires. Sur le modèle des trames vertes et bleues, elles visent à préserver des zones d’obscurité continues pour permettre aux espèces nocturnes de circuler, de chasser et de se reproduire.

Concrètement, cela se traduit par une extinction partielle de l’éclairage public, une réduction de l’intensité lumineuse ou une orientation plus précise des sources de lumière. Ces mesures bénéficient directement aux chauves-souris, mais aussi à de nombreux insectes et oiseaux nocturnes. Elles marquent une évolution des politiques urbaines, qui commencent à intégrer la nuit comme un espace écologique à part entière.

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