
Plantes spontanées : que garder ou maîtriser au jardin
En mai, les plantes spontanées explosent au jardin. Lesquelles garder, maîtriser ou supprimer ? Nos repères pour agir sans perdre l’équilibre naturaliste.
Présentes désormais dans toute la France, les chenilles processionnaires du pin sont urticantes et allergisantes. Il est encore temps d’intervenir si vous en avez chez vous.
Je reste souvent de longs moments à contempler le jardin… une douce rêverie ! D’un coup, mon œil est attiré par une tâche blanche au somment d’un pin. J’ai à peine l’ombre d’un doute mais je m’approche de l’arbre pour mieux voir. Il s’agit bien d’un nid de chenilles processionnaires du pin. Thaumetopoea pityocampa est un papillon nocturne de couleur gris brunâtre, long de 35 à 40 millimètres. Assez difficile à voir donc. La femelle dépose ses œufs par groupe de 100 à 300 dans les branches de pins, de sapins voire de cèdres. Minuscules, les chenilles demeurent très difficiles à repérer en été et en automne. Mais elles muent plusieurs fois et finissent par se regrouper en hiver dans un épais cocon plus ou moins blanchâtre. C’est à ce stade qu’elles sont le plus facile à repérer. Un nid peut en contenir jusqu’à mille.
En décembre et en janvier, il est encore temps de couper la branche sur laquelle repose le nid et de le bruler. Pensez tout de même à bien vous couvrir y compris les yeux. A partir de la fin janvier, il est préférable de poser un piège. Les chenilles vont en effet descendre de leur nid et de l’arbre pour se cacher sous terre. Quelques semaines plus tard, les papillons émergeront du sol pour produire une nouvelle génération. Ce piège est une sorte de collerette dirigée vers le haut. Enserrant le tronc de l’arbre, elle est munie d’un trou d’où débouche un tuyau relié à un sac fermé et à moitié rempli de terre. Prises au piège dans le sac, les chenilles ne peuvent plus rejoindre le sol et poursuivre leur cycle de vie. Ne vous étonnez pas de revoir des nids l’an prochain : les papillons peuvent voler jusqu’à 5 km. Le contenu du sac est bien évidemment très urticant. Il est à rapporter en déchetterie.
Il serait facile de se dire : « Laissons faire la nature ! » Après tout, les processionnaires du pin nourrissent certains oiseaux (mésanges, coucous, huppes fasciées) ainsi que les chauves-souris. L’ennui, c’est que les chenilles dévorent les aiguilles des pins. Elles affaiblissent les arbres d’année en année.
Plus grave, les poils urticants des chenilles provoquent démangeaisons, allergies, irritation des voies respiratoires, conjonctivites. Chaque année, des milliers de personnes en souffrent en France. Les chenilles processionnaires ont d’ailleurs été déclarées nuisibles à la santé humaine, dans un décret paru le 27 avril 2022. Ce classement oblige les préfets à mettre en place des traitements et des stratégies pour lutter contre leur prolifération.
Si vous entrez en contact avec des chenilles processionnaires du pin, l’Observatoire des chenilles préconise de commencer par se laver, y compris les yeux, et de changer de vêtements. Les démangeaisons sont désagréables mais, dans la plupart des cas, elles disparaissent en quelques heures. Si la réaction est vraiment vive, la prise d’antihistaminiques et l’application de crème à la cortisone peuvent aider. En cas d’irritation cutanée ou oculaire, de troubles respiratoires, de vomissements, et notamment pour les personnes allergiques ou asthmatiques, consulter un médecin ou un pharmacien et en cas d’urgence appeler le 15.
Les animaux domestiques y sont encore plus sensibles, notamment les chiens quand ils lèchent les poils urticants. Ils doivent eux aussi être nettoyés à grandes eaux. En cas d’ingestion, il faut prendre immédiatement contact avec la clinique vétérinaire. Attention, un nid même vide reste dangereux à manipuler !

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1 réflexion sur “Mince, un nid de chenilles !”
J’ai déjà commencé à en repérer au niveau du sol. C’est un enfer faut regarder partout pour pas que le chien aille sniffer ça…