Nid de chenilles processionnaires : que faire ?
Un cocon blanc accroché aux branches d’un pin ? Il peut s’agir d’un nid de chenilles processionnaires. Faut-il l’enlever, installer un piège ou simplement attendre ? Voici ce qu’il faut faire — et surtout ne pas faire.
Je reste souvent de longs moments à contempler le jardin… une douce rêverie ! D’un coup, mon œil est attiré par une tâche blanche au somment d’un pin. J’ai à peine l’ombre d’un doute mais je m’approche de l’arbre pour mieux voir. Il s’agit bien d’un nid de chenilles processionnaires du pin. Pas vraiment discrète une fois qu’on l’a repérée : nous avions un nid de chenilles processionnaires ! Ces chenilles sont désormais présentes dans une grande partie de la France. Et avec elles revient chaque année la même question : que faire lorsqu’un nid apparaît dans un arbre du jardin ?
Comment reconnaître un nid de chenilles processionnaires ?
Le nid de la processionnaire du pin est assez caractéristique. Il forme un cocon blanc et soyeux, généralement installé à l’extrémité des branches les mieux exposées au soleil. Les chenilles s’y regroupent pendant l’hiver et en sortent pour se nourrir des aiguilles.
Un même pin peut abriter plusieurs nids. Leur présence devient particulièrement visible en hiver, lorsque les cocons blancs se détachent dans la ramure.
La processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) doit son nom à son comportement le plus spectaculaire. À la fin de leur développement, les chenilles quittent l’arbre en file indienne. Cette « procession » les conduit jusqu’à un sol suffisamment meuble pour qu’elles puissent s’y enfouir et poursuivre leur transformation.
La période de descente varie fortement selon les régions et les conditions météorologiques. Elle peut commencer dès l’hiver dans les secteurs les plus doux et se poursuivre au printemps ailleurs.
Faut-il enlever le nid ?
La tentation est grande de couper la branche et de se débarrasser du nid. Mieux vaut pourtant éviter d’intervenir soi-même. Le problème ne vient pas seulement des chenilles visibles. À partir d’un certain stade de leur développement, les processionnaires possèdent des poils urticants microscopiques qu’elles peuvent libérer lorsqu’elles se sentent menacées. Ces poils peuvent également rester présents dans les anciens nids.
Ils provoquent chez l’être humain des réactions parfois importantes : démangeaisons, plaques cutanées, atteintes des yeux ou irritation des voies respiratoires. Les animaux domestiques, notamment les chiens, sont eux aussi particulièrement exposés.
En présence d’un nid dans un endroit fréquenté, près d’une maison, d’une terrasse ou d’une aire de jeux, mieux vaut donc faire appel à un professionnel équipé pour intervenir.
Le piège à collier pour intercepter les chenilles
Il existe une autre solution : attendre que les chenilles descendent de l’arbre et les intercepter.
Le piège à collier se fixe autour du tronc du pin. Lorsque les processionnaires commencent leur descente, elles rencontrent une barrière qui les dirige vers un sac rempli de terre. Elles s’y enfouissent comme elles l’auraient fait dans le sol.
Le principe est simple : profiter du comportement même des processionnaires. Une fois sorties du nid, elles descendent le long du tronc en file indienne pour gagner le sol. La collerette les empêche de poursuivre leur chemin et les conduit vers un tube, puis vers le sac collecteur. Elles restent ainsi confinées au lieu de se disperser dans le jardin.
Le dispositif ne détruit donc pas le nid et n’empêche pas les chenilles de se développer dans l’arbre. Il intervient à un moment précis de leur cycle, lorsqu’elles cherchent à rejoindre la terre. Pour fonctionner correctement, la collerette doit épouser le tronc et ne laisser aucun passage permettant aux chenilles de la contourner. Le piège doit aussi être installé avant le début des processions.
C’est également ce comportement qui explique que l’on puisse parfois découvrir les processionnaires directement au sol, voire les voir disparaître dans la terre. Elles ne construisent pas un nid souterrain : elles s’enfouissent pour se transformer en chrysalides avant l’émergence, plus tard, des papillons.
Face à un nid, les deux interventions ne répondent donc pas exactement au même objectif. Le faire retirer par un professionnel permet d’agir directement dans l’arbre. Le piège à collier, lui, laisse les chenilles poursuivre leur cycle jusqu’à leur descente, puis les intercepte avant qu’elles n’atteignent le sol. Dans les deux cas, l’objectif est surtout d’éviter de se retrouver avec une procession de chenilles urticantes au pied du pin.
Que faire du sac une fois les chenilles piégées ?
C’est une question toute bête, mais qui se pose forcément une fois le piège installé : que fait-on du sac rempli de chenilles ?
Surtout, on ne l’ouvre pas et on ne vide pas la terre dans le jardin. Les chenilles s’y sont enfouies pour se transformer en chrysalides et les poils urticants restent dangereux.
Il faut également laisser le temps aux dernières chenilles de descendre. FREDON France recommande d’attendre environ un mois après les dernières processions avant de retirer le sac. Pour le manipuler, mieux vaut porter des gants, des vêtements couvrants, des lunettes et un masque. Le sac doit ensuite être placé, sans être ouvert, dans un second sac-poubelle soigneusement fermé, puis jeté avec les ordures ménagères lorsqu’elles sont destinées à l’incinération.
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1 réflexion sur “Chenilles processionnaires : que faire face à un nid ?”
J’ai déjà commencé à en repérer au niveau du sol. C’est un enfer faut regarder partout pour pas que le chien aille sniffer ça…