Perruches en ville : faut-il vraiment s’en inquiéter ?

Verte, bruyante et de plus en plus visible, la perruche à collier s’est installée durablement dans de nombreuses villes françaises. Venue d’ailleurs, souvent accusée d’être invasive, elle suscite interrogations et fantasmes. Mais que sait-on vraiment de cet oiseau exotique devenu familier de nos parcs et de nos jardins urbains ?

La perruche à collier se reconnaît aussi à son cri.

La perruche à collier (Psittacula krameri) est facilement reconnaissable à son plumage vert vif, à son bec rouge corail et, chez le mâle adulte, à un fin liseré noir et rose autour du cou. C’est ce trait distinctif qui lui a valu son nom. La femelle et les jeunes, eux, en sont dépourvus, ce qui explique parfois les confusions lors des premières observations.

Oiseau sociable et très vocal, la perruche à collier vit en groupes, souvent bruyants, particulièrement visibles au lever et au coucher du jour lorsqu’ils rejoignent leurs dortoirs collectifs. Son régime alimentaire est opportuniste : graines, fruits, bourgeons, mais aussi nourriture trouvée dans les jardins et les espaces publics.

Une arrivée en France par accident

Originaire d’Afrique subsaharienne et du sous-continent indien, la perruche à collier n’est pas arrivée en France par les voies naturelles. Sa présence est le résultat d’échappées de captivité, principalement à partir des années 1970, dans les environs des grands axes de transit comme Orly ou Roissy, où le commerce d’oiseaux exotiques était important.

Progressivement, ces individus se sont reproduits, adaptés au climat et ont colonisé les alentours. Aujourd’hui, l’espèce est bien installée dans plusieurs grandes agglomérations françaises : Paris et sa banlieue, mais aussi Marseille, Toulouse, Roubaix, Montpellier…

La perruche à collier fréquente surtout les zones urbaines et périurbaines, où elle trouve à la fois nourriture, arbres à cavités pour nicher et un microclimat plus doux qu’en milieu rural. Parcs, jardins publics, alignements d’arbres et friches urbaines constituent pour elle des habitats favorables.

Cette préférence pour les villes explique que sa présence soit très visible localement, avec parfois des noyaux de population importants, sans pour autant couvrir uniformément le territoire. On estime aujourd’hui la population française entre 10 000 et 20 000 individus, concentrés autour de quelques grands bassins urbains.

Une espèce vraiment envahissante ?

Longtemps classée parmi les espèces exotiques potentiellement envahissantes, la perruche à collier a suscité des inquiétudes, notamment concernant une possible concurrence avec les oiseaux locaux pour l’accès aux cavités de nidification ou à la nourriture.

Pourtant, les études scientifiques récentes tendent à nuancer ces craintes. En France, aucune baisse significative des populations d’oiseaux autochtones n’a pu être directement attribuée à la présence de la perruche à collier. Son impact écologique, en milieu urbain, apparaît comparable à celui d’autres espèces communes et opportunistes, comme la pie ou le pigeon.

Cela ne signifie pas que toute vigilance est inutile : dans certains contextes très localisés, des tensions peuvent exister, notamment autour des sites de nidification. Mais à l’échelle nationale, le scénario catastrophe souvent évoqué ne s’est pas produit.

La perruche à collier peut déranger par son bruit, sa forte visibilité ou la concentration de groupes importants dans certains quartiers.

Mais en l’état actuel des connaissances, rien ne permet d’affirmer qu’elle représente une menace majeure pour la biodiversité urbaine française. Elle est désormais un élément à part entière du paysage citadin.

À lire aussi

Recevez les prochains articles

de la Tête dans les Pâquerettes

Désinscription possible à tout moment.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut