Les jeunes poussent à jardiner autrement

Millennials et génération Z redessinent le rapport au jardinage. Entre quête de bien-être, conscience écologique et contraintes urbaines, les jeunes générations imposent de nouveaux codes. Décryptage d’un engouement qui réinvente la relation au vivant.

Il est toujours délicat de brosser le portrait d’une génération. Mais les millennials, nés entre 1981 et 1996, commencent à être bien connus. Approchant la quarantaine, ils représentent un segment clé du jardinage. Selon l’étude Verdia de 2023, cette génération représente 48 % des consommateurs.

« L’arrivée d’un enfant pousse à repenser son mode de vie. Beaucoup de jeunes couples se tournent vers le jardinage pour produire une nourriture saine et économique », observe Tom le Jardinier, influenceur suisse suivi par plus de 100 000 abonnés. Une démarche classique, certes, mais teintée d’une conscience écologique plus forte. Le jardin n’est plus seulement ouvrier : il est urbain, parfois partagé, souvent décoratif et nourricier à la fois. Cependant, l’âge du premier enfant reculant, ces retrouvailles avec la terre se font plus tardives, souvent autour de la trentaine.

Entre balcon, réseau et potager

La génération Z, née après 1996, entretient un rapport plus contrasté à la nature. D’un côté, elle vit connectée ; de l’autre, elle rêve de déconnexion. L’hashtag #plante cumule plus de 600 millions de vues sur TikTok, et #jardin approche les quatre milliards ! Ces chiffres témoignent d’une fascination bien réelle.

« Quand j’arrose mes plantes, je ne regarde plus mon téléphone. C’est mon moment de pause », confie Léa, 27 ans, étudiante à Lyon. Pour beaucoup de jeunes, la plante devient un compagnon : un être vivant dont il faut prendre soin, un petit îlot de nature dans un quotidien numérique.

Selon une enquête d’Astredhor, 43 % des jeunes urbains disent s’attacher à leurs plantes comme à des animaux de compagnie. Mais 26 % reconnaissent aussi avoir renoncé, incapables de les maintenir en vie. « Leur rapport au jardinage est souvent freiné par les contraintes économiques et le manque d’espace », souligne Tom le Jardinier. « Ils chérissent leurs plantes d’intérieur, mais le jardin extérieur reste hors de portée, faute d’accès à la propriété. »

Tom le Jardinier accroupi dans son potager, tenant un jeune plant dans ses mains, symbole de la nouvelle génération de jardiniers écologiques et passionnés.
Tom le Jardinier incarne cette génération de jeunes jardiniers engagés, curieux et soucieux de cultiver autrement, dans le respect de la nature. Crédit photo : Tom le Jardinier

Un jardin en partage

Face à ce nouvel élan, les marques et enseignes s’adaptent. La disparition des pesticides et l’apparition d’alternatives naturelles vont dans le bon sens. Mais certains manquent encore d’audace. « On ne trouve pas toujours de rayons consacrés aux plantes résistantes à la sécheresse ni d’alternatives durables au plastique », regrette Tom le Jardinier.

La digitalisation, en revanche, a tout changé. Une vidéo explicative, un mail de suivi ou un atelier en ligne fidélisent cette clientèle jeune et mobile. Jardiland, Botanic ou encore Castorama multiplient les formats urbains et les services à la carte : livraison de potagers, rempotage en magasin, ateliers de fabrication de terrariums.

Mais au-delà des enseignes, c’est tout un esprit qui souffle : celui du partage. Jardins collectifs, trocs de semences, échanges de boutures entre voisins ou via les réseaux… le jardin devient un lieu de lien social autant que de culture.

Vers un nouvel âge du jardin

Si les millennials et la génération Z n’ont pas le même rapport au jardin que leurs aînés, ils en réinventent les usages. Les premiers cherchent à allier écologie et bien-être familial ; les seconds, guidés par les réseaux sociaux, cultivent un rapport plus personnel, souvent esthétique, au végétal.

Le jardin de demain ne sera sans doute plus un simple espace à entretenir, mais une expérience à vivre et à partager : un lieu d’apprentissage, d’émotion et de transmission. Une promesse que ces jeunes pousses, déjà pleines d’énergie, n’ont pas fini de faire germer.

Trois plantes fétiches des jeunes jardiniers

Monstera deliciosa aux larges feuilles découpées, placée dans un pot design gris sur fond blanc, symbole des plantes d’intérieur préférées des jeunes urbains.

Le monstera deliciosa

Icône végétale des intérieurs, ses larges feuilles perforées trônent sur Instagram et symbolisent la jungle urbaine. Facile d’entretien, photogénique, il évoque la liberté et l’exotisme à portée de main.

Pilea peperomioides aux feuilles rondes et vertes, cultivée dans un pot blanc, plante d’intérieur surnommée « plante à monnaie » pour ses rejets faciles à offrir.

Le pilea peperomioides

Surnommée « plante à monnaie » ou encore « plante à bébé » pour ses rejets qu’on s’offre entre amis, elle incarne le partage et la convivialité. Sa forme ronde et graphique séduit tous les amateurs de design.

Petit cactus vert aux aiguillons dorés planté dans un pot en terre cuite, symbole des plantes résistantes et faciles à vivre prisées par les jeunes jardiniers.

Le cactus et les succulentes

Minimalistes et robustes, elles résistent à l’oubli. Parfaites pour les logements exigus et les jeunes qui jonglent entre travail et études. Symbole d’un vert sans contrainte, elles rappellent que la beauté peut naître du peu.

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1 réflexion sur “Les jeunes poussent à jardiner autrement”

  1. Merci pour cet article qui met en avant les nouvelles générations qui vont reprendre le flambeau !
    On les rencontre de plus en plus ! Ils sont bien là !
    Allez !!! Au jardin !!

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