Val Rahmeh : un jardin taillé par un général

Lorsque Sir Percy Radcliffe découvre la Côte d’Azur, il en tombe amoureux. Ce général britannique, marqué par ses voyages, transforme une exploitation agricole en un élégant domaine. Le Val Rahmeh prend une nouvelle allure.

Villa Val Rahmeh, style italo-provençal avec vue sur la mer, sur les hauteurs de Menton, bâtie par Sir Percy Radcliffe au début du XXe siècle.
Escalier en pierre menant à une terrasse ombragée de la villa Val Rahmeh, Menton, avec une vue sur les montagnes environnantes.

Quand Percy Pollexfen de Blaquiere Radcliffe arrive sur la Côte d’Azur en ce début de XXe siècle, il revient de la Seconde Guerre des Boers, en Afrique du Sud. Militaire aguerri, ancien gouverneur de Malte, il est immédiatement séduit par le charme du littoral méditerranéen et par une propriété qu’il acquiert en 1905. Mais c’est surtout après la Première Guerre mondiale que son histoire prend un tournant décisif : en 1918, il épouse Rahmeh Theodora Swinburne.

L’héritage de Rahmeh Swinburne

Le couple va donner un nouveau souffle au domaine. Ils agrandissent la propriété en achetant les terrains alentour tout en continuant à naviguer entre la Côte-d’Azur et Londres. Décédée en 1924, Rahmeh Swinburne ne verra jamais la villa de style italo-provençal telle qu’elle est encore aujourd’hui. Profondément marqué par la perte de son épouse, Sir Radcliffe renomme la propriété “Val Rahmeh” en son hommage. Il continue de faire évoluer le domaine jusqu’à son propre décès, en 1934. Inspiré par ses voyages, Percy Radcliffe apporte une première touche botanique au mas provençal d’Henriette de Mauléon. C’est lui qui aménage la spectaculaire allée de palmiers des Canaries encore visible de nos jours. L’ancienne exploitation agricole est devenue une villa dotée de toutes les commodités de l’époque. Henriette de Mauléon ne reconnaîtrait pas son mas provençal tant il est remanié ! 

Dès lors, la propriété change de mains à plusieurs reprises, chacun de ses propriétaires laissant son empreinte dans l’histoire de ce jardin d’exception.

À mesure que nous avançons dans l’histoire de Val Rahmeh, nous voyons comment chaque époque, chaque personnage, a façonné ce lieu à son image. Le troisième épisode nous plongera dans l’histoire d’une botaniste visionnaire, Miss May Sherwood Campbell, qui fera, à son tour, entrer le domaine dans une nouvelle ère.

📌 Les épisodes à venir :

🔹 Miss Sherwood Campbell et la botanique passionnée

🔹 Le jardin botanique d’aujourd’hui : un conservatoire unique

Portrait en noir et blanc du général Sir Percy Radcliffe en uniforme militaire, début du XXe siècle.
Le général Sir Percy Radcliffe, officier britannique et ancien gouverneur de Malte, fut propriétaire du domaine Val Rahmeh à Menton, où il introduisit des essences exotiques et transforma le site en une élégante villa.

Le palmier des Canaries, emblème du Val Rahmeh

Originaire des îles Canaries, comme son nom l’indique, Phoenix canariensis robuste et majestueux appartient à la famille des Arecacées. Contrairement à son cousin le palmier dattier (Phoenix dactylifera), cultivé pour ses dattes, ce palmier est essentiellement apprécié pour son port imposant et son feuillage dense en éventail. Son tronc massif, couvert des anciennes bases foliaires, peut atteindre jusqu’à 20 m de hauteur.

Il est particulièrement résistant au climat méditerranéen et s’adapte bien aux sols drainés. Sa croissance est relativement rapide lorsqu’il est exposé au soleil. Il supporte des températures jusqu’à -10°C mais reste sensible au gel prolongé.

Comme beaucoup de palmiers exotiques, il est désormais menacé par le charançon rouge du palmier et le papillon du palmier. Ces deux ravageurs redoutables déciment les populations de palmiers en Méditerranée. La surveillance régulière et les traitements biologiques préventifs sont essentiels pour préserver ces arbres majestueux.

Deux palmiers des Canaries (Phoenix canariensis) dans le jardin de Val Rahmeh, un emblème de l’exotisme introduit sur la Côte d’Azur au début du XXe siècle.
Crédit photo Pascal Soreau

L'épopée du Val Rahmeh

Val Rahmeh, un domaine né du citron

En ce milieu du XIXe siècle, Menton n’est pas encore cette station hivernale prisée des aristocrates anglais. Non, c’est une ville où l’on parle agriculture, commerce et surtout… agrumes. A Menton, tout tourne autour du citron, un fruit qui s’arrache à prix d’or

Val Rahmeh, passion de miss Campbell

Dans les années 1950May Sherwood Campbell, cantatrice et botaniste passionnée, transforme le domaine en un laboratoire végétal. Entre rigueur scientifique et mondanités excentriques, la “dame aux daturas” enrichit le jardin d’espèces rares.

Val Rahmeh, un sanctuaire botanique

En 1967, le domaine connaît un tournant décisif. Il est racheté par l’État français et confié au Muséum national d’Histoire naturelle. Ce qui fut autrefois une exploitation agricole, puis un jardin d’agrément devient un jardin botanique à vocation scientifique.
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