
Le krach de la tulipe
Au XVIIe siècle, une tulipe peut valoir une maison. Aux Pays-Bas, la spéculation s’emballe avant un effondrement brutal en 1637.
Jaune vif, ovale, juteux… le citron de Menton est connu dans toute la France. Mais il fut un temps où l’agrume de la Côte-d’Azur était aussi célèbre dans toute l’Europe. Des écrits évoquent la culture de citronnier dès 1450, mais elle reste modeste. En 1495, un acte mentionne l’envoi de 2 caisses de pommes d’or, comme on appelait les citrons à l’époque, au duc d’Orléans contre 2 écus d’or.
Avec les années, Citrus lemon supplante bientôt le blé, la vigne et l’olivier. Au XVIIIe siècle, Menton s’est changé en forêt d’agrumes. En 1887, Stephen Liégeard décrit la région en parlant de « petits vallons laissant aux brises le soin de secouer sur le passant les capiteux parfums des citronniers ». La ville distille des huiles essentielles pour les parfumeurs de Grasse, exporte ses fruits et ses confitures dans le monde tandis que les ébénistes travaillent le bois de citronnier. En 1860, la production d’agrumes est estimée à 2,8 millions de quintaux de fruits, soit 35 millions de citrons. Surnommée le « rocher du citron », Menton va connaître un siècle d’or.
Mais rien n’est éternel. La concurrence s’accentue… La production décline peu à peu pour se réduire à peau de chagrin après la Seconde Guerre Mondiale. En 1956, la maladie du « mal secco », due au champignon Phoma tracheiphila Petri, ravage les derniers citronniers. Et les gelées de 1956 finissent le travail… De cette histoire, il reste la Fête du citron, une Indication géographique protégée et une collection nationale d’agrumes installée dans les jardins du palais Carnolès.
Du 19 février au 3 mars 2024, Menton célèbre la 90e édition de la Fête des citrons. Ce carnaval né en 1934 n’a plus grand chose à voir avec la culture de l’agrume. La cité cultivait déjà le citron depuis des siècles et la récolte se tient de décembre à mai. En général, les célébrations agricoles se tiennent après les récoltes…
Cette fête a, en revanche, un lien avec le tourisme qui se développe sur la Côte-d’Azur. Il faut bien divertir les aristocrates venus passer l’hiver dans le Sud. La première bataille des fleurs a lieu en 1876 à Nice. Menton imagine son premier défilé en 1875. Il faudra attendre 1929 pour que le citron devienne le symbole du carnaval de Menton. En 1934, la municipalité lui donnera le nom de Fête du Citron qu’on lui connait encore aujourd’hui.
Dans les années 1990, la plantation de citronniers reprend dans le pays mentonnais. Les agrumiculteurs ont beaucoup travaillé avec l’Inra (Institut national de recherche agronomique) de Corse pour retrouver les saveurs originelles du citron de Menton tout en augmentant sa résistance. Le travail paie : en 2015 ils obtiennent une Indication géographique protégée. L’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité) précise : « Doté d’un calibre compris entre 53 et 90 mm, le Citron de Menton se caractérise par le parfum intense de son écorce, axé sur les arômes de citronnelle fraîche et de son jus à la saveur acidulée et sans amertume. Cultivé sur les communes de Castellar, Gorbio, Roquebrune-Cap-Martin, Saint-Agnès et Menton, il est également reconnu pour sa couleur jaune clair à jaune verdâtre lorsqu’il est primeur, jaune clair intense et lumineux à maturité optimale et jaune vif, presque fluorescent, en plein hiver. Il doit être récolté à la main et en plusieurs passages. » La vingtaine d’agriculteurs produit de 150 à 200 tonnes de citrons selon les années.
L’ancienne résidence des princes de Monaco a été rachetée par la municipalité de Menton en 1961. En 1997, le jardin du palais Carnolès devient un centre d’acclimatation et de recherche. Aujourd’hui, il accueille la plus importante collection d’agrumes en Europe. Il regroupe environ 400 agrumes de 137 variétés : orangers, citronniers, pamplemoussiers, clémentiniers, mandariniers, cédratiers, kumquats… En 1999, le Conservatoire français des collections spécialisées (CCVS) lui a accordé le label de collection nationale de citrus.

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