Lina El Arabi au Festival des créations télévisuelles de Luchon en 2016

Lina El Arabi, la constance plutôt que la lumière

Lina El Arabi a bâti son parcours sans raccourci. Du conservatoire municipal aux plateaux de tournage, l’actrice revendique un métier exigeant, fondé sur le travail, la technique et le sens des responsabilités. Un chemin construit pas à pas, loin des clichés.

Début janvier 2026, Lina El Arabi est revenue à Choisy-le-Roi pour recevoir la médaille d’honneur de la ville. Un moment chargé d’émotion. « Recevoir cette distinction, ça me touche vraiment. Ce n’est pas anodin pour moi », souligne l’actrice. Avec cette reconnaissance, les souvenirs d’enfance remontent, précis, concrets.

À 6 ans, elle découvre au conservatoire de Choisy la musique, la danse, les comédies musicales et la scène. « En France, on a cette chance d’avoir des conservatoires accessibles à tous. » Elle se souvient encore de sa professeure de violon, Marie-Laure, capable de repérer immédiatement lorsqu’elle n’avait pas assez travaillé. « Au violon, on ne peut pas tricher. » Une leçon que l’actrice n’a jamais oubliée.

Quand on vous demande de faire tomber une larme sur un mot précis, dix prises d’affilée, il faut savoir le faire...

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Un rêve devenu réalité

Dès 10 ans, elle commence à envoyer des mails pour des castings, toujours très encadrée par ses parents. L’actrice rit : « Comme disait mon père : il n’y a qu’un seul Zidane. Et je lui ai répondu : oui, mais il y a aussi la Ligue 2. On peut vivre de sa passion sans être une star. »

Les réponses tardent, les refus nombreux. « Quand on ne connaît personne, c’est lent. » Malgré tout, elle commence à tourner jeune. Vers 14 ans, son quotidien n’est déjà plus celui des adolescentes de son âge. « Sur un plateau, on comprend vite qu’il y a une production, de l’argent engagé. Même avec un petit rôle, on ressent une responsabilité. Si vous ne travaillez pas bien, vous pouvez faire couler un projet. » Une maturité avant l’heure.

Les premiers rôles arrivent vers 17 ans : télévision, courts-métrages, films. Lina El Arabi parle d’un parcours progressif, sans raccourci. « Je n’ai jamais pris l’ascenseur. J’ai pris des escaliers très raides. » Elle insiste surtout sur la dimension technique du métier : « Quand on vous demande de faire tomber une larme sur un mot précis, dix prises d’affilée, il faut savoir le faire. » La maîtrise passe par le travail, la préparation, la répétition.

Une actrice engagée

Lina El Arabi s’impose dans des personnages de femmes décidées. Le grand public la découvre notamment dans Kaboul Kitchen, comédie politique aux accents sociaux, puis dans la série Family Business sur Canal Plus. Avec Philharmonia, elle incarne une musicienne au cœur d’un univers exigeant, un rôle salué pour sa crédibilité, nourrie par sa propre formation musicale. Plus récemment, Furies marque un tournant. Dans cette série d’action de Netflix, Lina El Arabi interprète une femme confrontée à la violence, à la loyauté et au pouvoir.

Aujourd’hui, son désir évolue. Elle souhaite faire bouger la place de la femme et des minorités dans la société. Elle soutient notamment le mouvement MeToo : « Nous, les acteurs, on peut toucher à l’émotion. On peut changer plus vite les choses par le cœur que par la raison. »  Mais Lina El Arabi rêve désormais de tourner dans des premiers films de réalisateurs, de refaire du théâtre. « Sur scène, tout le monde vit la même chose au même moment. » Une quête de sens et d’exigence fidèle à son parcours. 

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