
Plantes spontanées : que garder ou maîtriser au jardin
En mai, les plantes spontanées explosent au jardin. Lesquelles garder, maîtriser ou supprimer ? Nos repères pour agir sans perdre l’équilibre naturaliste.
Avec le printemps, les allergies aux pollens se multiplient mais le traditionnel rhume des foins n’est plus seul en cause. S’y ajoutent les chenilles processionnaires. Des insectes à qui l’on dédie le 18 mai pour sensibiliser le grand public à ce danger.
Drôle d’anniversaire ! Il y a un an, le 18 mai 2022, les processionnaires du pin (Thaumetopoea pityocampa) et du chêne (Thaumetopoea processionea) étaient classées « espèces nuisibles à la santé humaine » dans le Code de la santé publique. Ces deux espèces ne sont pas invasives, elles vivent en France depuis longtemps. Elles ont seulement commencé à constituer un problème dans les années 1990. Ces chenilles ont profité du réchauffement climatique pour se développer. Elles sortent de leur nid dès que la température diurne atteint 9°C et que le thermomètre ne descend pas au-dessous de 0°C la nuit. Elles sont actuellement recensées respectivement dans 84 et 96 départements.
Les chenilles du pin se reconnaissent à leur couleur brune orangée et à leur bandes blanches et grises. Celles du chêne sont noires, avec des poils gris argenté. Elles laissent dans leur sillage des soies urticantes due à une toxine appelée thaumétopoéïne. Il faut cependant nuancer : dans 96,5 % des cas, l’atteinte reste bénigne. Quand elles se dispersent dans l’air, elles entraînent de fortes démangeaisons (rougeurs, douleur cutanée, œdème localisé, urticaire et parfois petites cloques). Elles font souvent penser à de douloureuses piqures d’ortie qui dureraient 2 ou 3 jours. Dans 3,5 % des cas, les poils urticants provoquent une inflammation des yeux (conjonctivite, larmoiement, douleur oculaire) ou des voies respiratoires (toux, gêne respiratoire). Mais dans 0,2 % des cas, il est indispensable de consulter immédiatement.
Au printemps, les écopièges peuvent encore être efficaces. Faciles à poser, ils empêchent les chenilles d’atteindre le sol et de se transformer en papillons. Chaque femelle pond près de 200 œufs par an. Les pièges à phéromone, outil de confusion sexuelle, limitent aussi la prolifération des nids. Le bacille de Thuringe est également efficace pour éliminer les chenilles mais cette solution n’est pas pratique puisque les nids sont en hauteur. Le plus efficace consiste à couper les branches qui abritent les nids encore faut-il se protéger de la tête au pied, bouche et yeux compris. Même mortes, les chenilles restent urticantes.
N’hésitez pas à signaler leur présence à l’Observatoire des chenilles processionnaires !

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