
Le krach de la tulipe
Au XVIIe siècle, une tulipe peut valoir une maison. Aux Pays-Bas, la spéculation s’emballe avant un effondrement brutal en 1637.
David Fouillé : Comment est née cette opération de comptage des oiseaux de jardins ?
Marjorie Poulain : C’est un projet qui a vu le jour en 2012. Nous nous sommes dit pourquoi pas mettre à contribution le grand public… Nous savons que les jardiniers aiment observer les oiseaux. Cela a commencé avec 2 000 ou 3 000 participants et nous sommes arrivés aujourd’hui à près de 100 000 observateurs en moyenne.

Marjorie Poulain
David Fouillé : Comment pouvez-vous traiter 100 000 données comme ça ?
Marjorie Poulain : Les données, on en a bien plus ! Depuis 10 ans, Nous en avons collecté à peu près 6,5 millions. Dans un premier temps, les observations sont validées par un réseau de collègues de la LPO et d’associations locales. C’est un premier filtre. Bien sûr, il y a toujours quelques erreurs, c’est le propre des programmes de sciences participatives. Mais ce n’est pas très grave en fait. D’abord nous écartons les données qui sont un petit peu étranges, celles qui sortent du lot, pour ne pas fausser les résultats. Mais, au final, les données récoltées auprès du grand public produisent des résultats qui sont scientifiquement utilisables et fiables.
David Fouillé : Quels sont les résultats après 10 ans d’enquêtes ?
Marjorie Poulain : Nous nous sommes focalisés sur 2 moments forts de l’année. Fin janvier pour les oiseaux hivernants et fin mai pour les oiseaux nicheurs. Et nous sommes parvenus à obtenir des tendances fortes sur ces 2 périodes. En hiver, on observe que 50% des 51 espèces étudiées montrent une augmentation des effectifs et 11% sont en forte baisse tandis que 20% des espèces sont stables. Pour le reste, les chiffres sont difficilement interprétables. Nous assistons vraiment à l’augmentation des espèces hivernantes.
David Fouillé : Le nourrissage des oiseaux de jardin en hiver ne fausse-t-il pas les chiffres ?
Marjorie Poulain : C’est vrai que les jardins sont des habitats particuliers. Nombre de Français donne de la nourriture aux oiseaux et donc les animaux sont naturellement attirés vers les mangeoires. Il y a beaucoup d’espèces de granivores qui, durant l’hiver, ne trouvent plus d’alimentation dans les milieux naturels. C’est encore plus vrai dans les zones d’agriculture intensive. Ces milieux sont malheureusement de moins en moins attractifs pour certaines espèces en hiver. Elles se reportent donc dans nos jardins. Nous pensons que le nourrissage est une bonne chose à condition de le faire correctement. A la LPO, nous parlons de supplément alimentaire parce qu’en fait, les jardiniers offrent aux oiseaux la possibilité d’avoir un supplément d’aliments lors des grands froids. Ce n’est pas pour autant que les volatiles vont devenir dépendants de ce type de nourriture et qu’ils vont arrêter de chercher leur propre pitance. Il ne faut évidemment pas les nourrir toute l’année…
David Fouillé : Et au printemps ?
Marjorie Poulain : Ce n’est pas du tout le même phénomène. Sur les 50 espèces que nous étudions, nous observons une baisse de 41% des effectifs au moment de la saison de reproduction. Seul 2 % des espèces sont en augmentation.
David Fouillé : Quelle espèce est le plus en danger ?
Marjorie Poulain : Bien des oiseaux sont en voie de disparition mais la première espèce qui me vient à l’esprit, c’est le martinet noir. C’est un oiseau qui vit près de nous puisqu’il niche dans les trous des habitations. Près de 48% des martinets ont disparu de nos jardins en 10 ans. En fait, le martinet rassemble beaucoup de problématiques. C’est une espèce qui se nourrit exclusivement d’insectes en vol. Nous savons tous que ces derniers, depuis une trentaine d’années, ont malheureusement subi un très gros déclin en raison de l’usage des pesticides et insecticides. Le martinet fait aussi face à la disparition de son habitat puisque l’homme rebouche les trous dans les murs.
David Fouillé : Quelle est la particularité de cette 11e année de comptage ?
Marjorie Poulain : Il va falloir attendre les résultats ! Les comptages des 28 et 29 janvier et des 27 et 28 mai apporteront sans doute leur lot de surprises…. Pour l’instant, nous n’avons pas observé de de tendance particulière cette année malgré les vagues de froid qui se sont succédées. Jusqu’ici, nous n’avons pas de signalement sur une espèce ou une autre. Certaines années, nous avons remarqué des afflux de certains oiseaux en hiver. L’année dernière, on a vu une arrivée massive de pinson du Nord. Cette année, il va falloir qu’on patiente un petit peu. Généralement, ces phénomènes se manifestent plus en janvier, voire en février. Je pense que les deux jours de comptage des oiseaux de jardin les 28 et 29 janvier nous en apprendrons sûrement plus.
Pour participer à cette opération de comptage des oiseaux de jardin, cliquez ici.

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