Julien Cavatore, producteur de mimosas à Bormes-les-Mimosas

Producteur de mimosas à Bormes-les-Mimosas, Julien Cavatore cultive bien plus que des fleurs d’hiver. Entre savoir-faire agricole, sélection variétale et transmission d’un patrimoine végétal, il fait partie de ceux qui donnent au mimosa ses lettres de noblesse.

Julien Cavatore, producteur de mimosas à Bormes-les-Mimosas

Il fait bien frisquet en cette mi-janvier sur la Côte-d’Azur. Le mistral est un peu retombé mais il souffle encore. En revanche, le ciel est d’un bleu immaculé et le soleil est au rendez-vous. Le temps parfait pour se rendre chez Julien Cavatore à Bormes-les-Mimosas. La pépinière se trouve nichée dans un vallon, à l’entrée de la ville varoise. Le pépiniériste possède plus de 80 variétés de mimosas. Cette variété est d’ailleurs reconnue officiellement comme collection nationale par le Conservatoire des collections végétales spécialisée. L’accueil est chaleureux et Julien Cavatore m’entraîne immédiatement à la découverte de ses nombreuses variétés et espèces.

Une collection de plus de 80 mimosas

Au fur et à mesure de la visite, le pépiniériste me présente une espèce ici, une variété là : « Bien sûr, la pépinière produit les mimosas d’hiver comme les acacias dealbata ‘Mirandole’, ‘Gaulois’ ou ‘Mireille’. Là vous avez un autre grand classique de la Côte d’Azur comme le mimosa des quatre-saisons. Ici la variété ‘Super Lisette’ présente un glomérule, c’est-à-dire la fleur, particulièrement développé. Tenez, celui-là c’est Acacia farnesiana, l’un des premiers à avoir été introduit sur la Côte d’Azur. Il est encore très cultivé à Grasse par les fabricants de parfums. Ils en extraient l’absolue de mimosa.«  

Julien Cavatore tient à souligner la diversité de la collection en me montrant des mimosas qui fleurissent toute l’année, ceux qui possèdent une écorce esthétique, voire des espèces épineuses comme le mimosa du Chili (Acacia Caven). Il désigne aussi des mimosas au port pleureur, des mimosas nains et même un mimosa tapissant, Acacia longigolia ‘Prostrate’. Et il continue ses recherches parmi les 1 200 espèces qui existent au monde. Il rappelle également que si 80 % des mimosas proviennent d’Australie, certaines espèces sont endémiques d’Afrique australe et d’Amérique du Sud.

Pourquoi Julien Cavatore greffe ses mimosas

Julien Cavatore propose non seulement une large gamme de mimosas, mais ces derniers sont quasiment tous greffés. Il explique : « À l’état naturel, le mimosa peut se répandre assez vite quand il se trouve dans des conditions proches de son habitat naturel. Il drageonne, se ressème… un peu comme le bambou. Avec mes deux collaborateurs, nous utilisons l’acacia retinodes comme porte greffe. Ce mimosa des quatre-saisons nous permet d’adapter les autres espèces au terrain calcaire. Ce porte-greffe ne drageonne pas et fleurit dès la première année. »

L’opération prend 2 ans. C’est une greffe dite par approche : le pépinièriste colle une branche de la variété à greffer contre le greffon. Il retire l’écorce des deux branches avant de les ligaturer entre elles. La méthode permet de cultiver le mimosa en terrain calcaire et jusqu’à – 10°C. Elle a aussi ses inconvénients : les pertes sont importantes, de l’ordre de 20 à 30 % des pieds. Le coût de production s’en ressent

Greffage du mimosa réalisé sur porte-greffe
Greffage du mimosa, une étape clé de la culture et de la sélection variétale. Photo David Fouillé

Choisir un mimosa adapté à son jardin

Julien Cavatore viendra bien sûr présenter une partie de sa collection à Mimosalia : « C’est un un temps fort puisque c’est le premier rendez-vous de l’année. C’est aussi une manifestation qui rentre dans la catégorie les événements de qualité dans la mesure où ce sont uniquement des pépiniéristes collectionneurs qui viennent. Ce ne sont pas des revendeurs. Mimosalia vaut donc le détour ! Pour moi, c’est aussi l’occasion d’expliquer mon travail même si je sais que les véritables amateurs de plantes font la différence avec les mimosas proposés ailleurs et les miens. Et puis vous savez, nos plantes ne sont pas forcément plus chères qu’en jardinerie. Nous avons une véritable expertise et un conseil en plus. Je n’hésite pas à dissuader un achat si le jardinier ne pourra pas conserver sa plante ou alors je l’incite à la cultiver en pot ! » Le pépiniériste conseille d’arroser le mimosa uniquement la première année, d’éventuellement d’apporter un peu d’azote comme du sang séché mais d’éviter tout apport d’engrais. Chez Julien Cavatore, le mimosa s’inscrit dans un temps long, fait de gestes précis, d’observation et de transmission.

A voir aussi : la route du mimosa


Pépinière Cavatore
22, chemin des orchidées
83230 Bormes les Mimosas
04 94 00 40 23

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