
Le krach de la tulipe
Au XVIIe siècle, une tulipe peut valoir une maison. Aux Pays-Bas, la spéculation s’emballe avant un effondrement brutal en 1637.
La tempête Ciaran a fait des ravages dans les pépinières et les jardins. Il est encore trop tôt pour prendre la pleine mesure des dégâts, mais ils sont importants. Petit état des lieux…
Le monde du jardin en détresse. L’article de Noémie Vialard, publié dans le quotidien La Croix hier, résume bien la situation. Comme l’écrit la journaliste, « la tempête Ciaran, en une nuit, a ruiné efforts, recherches, conservation, rêves de beauté ».
Le vent a détruit les jardins de particuliers un peu partout en Bretagne, en Normandie comme dans le Nord. La tempête a aussi secoué l’appareil de production : les pépinières, petites ou grandes, ont été endommagées. Les pépinières Kérisnel, à Saint-Pol-de-Léon (29), signalent de nombreux dégâts matériels. « Les tunnels ont souffert et parfois cédé sous la violence des rafales. Les végétaux ont globalement été épargnés. Notre plateforme logistique a également été touchée. Les portes des quais de départ n’ont pas tenu face à la force des vents. » La pépinière Sous un arbre perché à Guerlesquin (29), Lepage bord de mer à Lannion (22), les pépinières Roué à Plouigneau (29), Les Bons Plants d’Élise au Tronquay (14)… partout les serres se sont envolées et les végétaux ont été écrasés par les arbres ou emportés par le vent.
Le conservatoire de Brest (29) soupire : « Le passage de Ciaran n’a, fort heureusement, pas affecté les serres techniques et tropicales. En revanche, le jardin botanique a souffert. Plusieurs arbres de la collection sont à terre ou cassés. » Au Jardin Exotique et Botanique de Roscoff (29), les équipes sont à pied d’œuvre. Contacté, Jean-Michel Moullec, le vice-président, explique : « Pour l’instant, on estime que 50 arbres sont tombés sur les 400 du jardin. Les eucalyptus ne possèdent pas un système racinaire développé et ont donc mal résisté au vent. Ce bilan est provisoire. La zone la plus endommagée se situe dans la partie haute du jardin. » Espérons que ce ne soit pas plus grave car le parc compte 5 collections labellisées par le Conservatoire des Collections Végétales Spécialisée (Restionacées, Aeonium, Protea, Kniphofia et Melianthus). Pire encore, l’île de Batz a enregistré des pointes à 195 km/h. La moitié des arbres de l’île sont à terre. Le jardin Georges-Delaselle, qui compte près de 1 700 espèces exotiques, est à 70% détruit. « Il nous faudra tout votre soutien pour reconstruire ce chef-d’œuvre dans les années à venir », a écrit la direction sur les réseaux sociaux.
Jean-Michel Moullec évoque la situation d’autres parcs : « Je peux vous dire que le jardin de Saint-Renan et le jardin de Landrévarzec, tous deux près de Quimper (29), ont morflé. Les serres de la ferme botanique de Kervéat ont disparu. C’est triste, Hubert Debbasch possède la collection nationale d’aeonium. Je n’ai pas encore de nouvelles de Trévarez. Le domaine se situe un peu à l’intérieur des terres. Peut-être qu’il a été un peu plus protégé. » Le bilan de la tempête Ciaran ne sera sans doute pas établi avant la fin du mois. Comme l’écrit Noémie Vialard dans La Croix, « L’heure est aux constats, aux démarches administratives, aux réparations urgentes, au déblayage des voix d’accès… alors même qu’il y a toujours des coupures de courant, de téléphone et d’Internet dans de nombreuses communes. »
Côté assurance, tous ne sont pas logés à la même enseigne. Jean-Michel Moullec explique : « Notre assurance refuse de nous assurer pour les catastrophes naturelles. Pierre Bouteille du jardin de Saint-Renan n’a pas eu ce problème, son assurance est une coopérative. Je me dis que nous devrions peut-être en changer ! » Néanmoins Pierre Bouteille a besoin de 7 000 euros pour remettre son jardin en état.
Jean-Michel Moullec souligne : « Il faut tout déblayer pour pouvoir accueillir de nouveau le public. Ce qui est important pour nous c’est que les visiteurs reviennent nous voir car nous ne vivons que des entrées et de la vente de quelques plantes produites dans notre pépinière. » Une source de revenu qui risque de se réduire : la majeure partie des serres de la pépinière est détruite.
Noémie Vialard lance un appel à l’aide : « Tous ont besoin de notre aide. Le plus important est de les suivre, d’aller leur rendre visite dès qu’ils nous ouvrent leur porte. Renseignez-vous, ne les abandonnez pas, que cela soit pour visiter leur jardin ou pour acheter des plantes. » De son côté, Cédric Basset de la pépinière Aoba propose une fête des plantes hivernale en Bretagne. Toutes les initiatives sont les bienvenues !

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