
Le krach de la tulipe
Au XVIIe siècle, une tulipe peut valoir une maison. Aux Pays-Bas, la spéculation s’emballe avant un effondrement brutal en 1637.
Depuis 40 ans, Nadine Iacovone vend des glaces dans le Val-de-Marne et l’Essonne. Et la marchande est célèbre. Celle que tout le monde appelle Nanou est connue dans tous les quartiers du sud de l’Île-de-France.
La glace Oscar a, pour beaucoup d’habitants de la banlieue sud de Paris, le goût de la madeleine de Proust. Comme un parfum d’enfance… Sur les réseaux sociaux, Romain témoigne : « Ah là là, habiter au 6e étage, entendre la musique et descendre comme un fou par l’escalier pour aller acheter sa glace… Que de souvenirs ! Merci Nanou pour toutes ces années de bonheur ! » La petite musique du camion retentit encore dans bien des oreilles.
La famille de Nanou quitte l’Italie dans les années 1930. Ils fuient la misère et la dictature de Mussolini. « Oscar, mon grand-père, était mécanicien-carrossier mais il est décédé en 1942. Ma mère n’avait que 8 ans à l’époque, raconte Nanou. Ma grand-mère maternelle habitait juste en face d’une laiterie. Elle allait y chercher son lait. C’est comme ça qu’elle a eu l’idée de fabriquer des glaces. » Dans les années 1970, la charrette de la grand-mère se transforme en camionnette. Dominique et Jeannine Iacovone, les parents de Nanou, se spécialisent alors dans les glaces à l’italienne vanille-fraise qu’il vendent à petits prix dans les quartiers populaires et les campements de gens du voyage. Nanou rejoint l’aventure très jeune : « L’école, ce n’était pas pour moi ! Dès mes 16 ans, je travaillais dans le camion de mes parents. J’en ai presque 56… J’ai passé ma vie à vendre des glaces ! »
Quand la quinquagénaire veut se reposer, elle prend naturellement la direction de l’Italie. Une autre tradition familiale. Elle souligne : « Là-bas, je me ressource. Je prends mes chiens et je vais me balader au bord de la mer. A Carrare, c’est capuccino en terrasse tous les matins. Que du bonheur, mais que du bonheur ! » Elle a aussi gardé de son père sa formule préférée. Elle est inscrite sur une ardoise accrochée dans le salon de sa maison, à Savigny-sur-Orge. La devise parle de générosité : « J’ai appris à donner, non pas parce que j’ai beaucoup, mais parce que je sais exactement ce que l’on ressent quand on n’a rien.»
Nanou continue à marcher dans les pas de son père. Elle tient de lui son rapport au travail : « Je suis une hyperactive. Je ne sais pas me reposer. Avec mon père, il fallait toujours travailler. Je crois qu’il m’a élevé comme un bonhomme. » Et Nanou ne chôme pas. Le matin, elle nettoie et désinfecte la camionnette. L’hygiène doit être parfaite ! Elle règle aussi les problèmes mécaniques comme cette pompe à glace qui dysfonctionne. Elle va surtout acheter ses glaces et ses cornets. Elle observe d’ailleurs que les prix sont en très forte augmentation, une inflation qu’elle ne peut pas répercuter sur le tarif de ses glaces. Malgré cela, ses bénéfices fondent comme neige au soleil. Au début des années 2000, les glaces Oscar comptait jusqu’à dix camions. Aujourd’hui, Nanou n’en possède plus qu’un et son fils ne reprendra pas l’affaire.
La commerçante conserve malgré tout une bonne humeur très italienne malgré sa tendinite persistante, le bruit permanent du camion et les tournées qui s’enchaînent dès 15 h. « Je continue à m’émerveiller devant les enfants, s’amuse-t-elle, je demande les nouvelles des uns et des autres. Tout le monde me connaît ! C’est une seconde famille. » Nanou est aussi très ponctuelle car beaucoup de parents disent à leurs enfants de rentrer à la maison quand le camion de glace passe. Pour le plaisir des petits comme des grands, Nanou va continuer à faire la tournée des quartiers pour l’été. Beaucoup d’enfants se souviendront donc de cet été 2023, de cette petite musique lancinante et des mots doux de Nanou. Comme leurs parents et leurs grands-parents avant eux.
« J’ai appris à donner, non pas parce que j’ai beaucoup, mais parce que je sais exactement ce que l’on ressent quand on n’a rien. »
Nadine Iacovone

Au XVIIe siècle, une tulipe peut valoir une maison. Aux Pays-Bas, la spéculation s’emballe avant un effondrement brutal en 1637.

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