Avec Bilum, Hélène de la Moureyre fait la preuve, depuis dix-huit ans, que l’on peut conjuguer mode, recyclage et respect de ses salariés. Une aventure qui n’est pas de tout repos.

Hélène de la Moureyre a un emploi du temps chargé, mais la cheffe d’entreprise parvient néanmoins à nous dégager quelques minutes. A 53 ans, elle déborde d’énergie : « J’ai grandi à Lille dans une famille scientifique. Je me suis orientée vers des études de biologie mais je ne voulais pas passer trop de temps à la faculté. » Elle multiplie alors les expériences, commercialise des cosmétiques comme des chocolats à Londres. 

Hélène de La Moureyre, la pdg de Bilum
Hélène de la Moureyre, dirigeante de Bilum

Elle rêve de travailler dans la publicité. Elle rentre par la petite porte dans le milieu publicitaire, mais elle gravit vite les marches. Elle est embauchée par l’agence Carat. Elle s’occupe d’évènementiel, gère l’affichage géant (qui représente à Paris environ 200 000 m² par an). Hélène investit toute son énergie dans son travail. La facture arrive vite ! En 2004, elle fait un burn out, le syndrome d’épuisement professionnel. Quand elle se relève quelques mois plus tard, c’est avec un nouveau projet, celui de créer sa propre entreprise.

Un défi précurseur

Pendant son repos forcé, elle a l’idée de donner une seconde vie à ces immenses bâches à usage unique qu’elle a utilisées pendant des années. « Ces toiles sont parfaites, graphiques et très résistantes. » En 2005, Bilum (le sac en papou) est née. L’entreprise va recycler des matériaux usagés et produire en France. Un pari audacieux ! « Il y a 18 ans, quand j’ai commencé, le Made in France ne parlait pas à grand monde, se souvient la cheffe d’entreprise. Et le recyclage, c’était faire les poubelles ! » 

Mais les grandes marques de la mode sont séduites par ce projet et surtout par les sacs de Bilum. Peu à peu, Hélène utilise de nouveaux matériaux de récupération : voiles de bateau, gilets de sauvetage, airbags et même les blousons de la Gendarmerie nationale… Elle noue des partenariats avec des ESAT, ces établissements qui accueillent des personnes en situation de handicap. « J’aime rencontrer les gens avec qui je travaille. » Peut-être aussi un besoin de tout maitriser. Et puis, sa production n’est jamais très loin. « Je n’allais pas expédier nos matières à l’autre bout de la planète. Cela n’aurait pas eu de sens ! » 

Une longueur d’avance

Écologique, locale et solidaire… Bilum coche toutes les cases des entreprises vertueuses. Et c’est pour son personnel qu’Hélène a décidé de s’installer à Choisy, en 2011. Un loyer correct, la proximité de Paris et les transports rendent la cité attractive. « J’ai eu un coup de cœur pour la ville ! » La pionnière de la récup’ entend bien rester un acteur de la mode, avec un supplément d’âme, celui de la solidarité. Hélène de la Moureyre a traversé le covid tant que bien mal : « Il m’arrive parfois de râler après l’administration mais je trouve que les entreprises ont vraiment été bien aidées par l’État. » 

La fin du confinement, en avril 2020, marque un changement d’époque. La démarche d’Hélène de la Moureyre est bien mieux comprise. Bilum dispose aujourd’hui d’une large clientèle qui va de Disneyland à la maison de haute couture Dior en passant par la SNCF. Sûre de ces valeurs humaines et environnementales, l’entrepreneuse regarde l’avenir avec sérénité : « Bilum a de plus en plus de clients. La croissance est au rendez-vous malgré l’inflation. J’ai aussi la chance d’avoir à mes côtés une équipe géniale. Et je crois que nous avons une certaine avance technique sur nos concurrents… » Cette économie circulaire (ne dites plus recyclage mais upcycling !) permet surtout d’économiser des tonnes de déchets.

Plus d’infos : Bilum

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