
Le krach de la tulipe
Au XVIIe siècle, une tulipe peut valoir une maison. Aux Pays-Bas, la spéculation s’emballe avant un effondrement brutal en 1637.
Dès l’Antiquité, les hommes ont utilisé du parfum. Mais sous quelle forme et quelle odeur ? C’est ce que nous explique Élodie Gratecap, médiatrice culturelle au musée international de la parfumerie de Grasse.
« Nous avons une idée assez précise de de ce que les Anciens mettaient comme parfum. C’est en partie grâce aux objets retrouvés lors de fouilles archéologiques », explique Élodie Gratecap, médiatrice culturelle au musée international de la parfumerie de Grasse. Plusieurs écrits retrouvés sur des tablettes et l’analyse des dépôts dans les flacons précisent la composition des fragrances antiques.
Certaines recettes étaient diffusées dans l’ensemble du monde antique. C’est le cas du kyphi. Selon l’historien grec Plutarque, ce parfum égyptien avaient le don « d’apporter le sommeil, d’apaiser l’anxiété, d’égayer les songes. Des ingrédients qui libèrent leur magie surtout la nuit ». Le parfum de l’amour donc. Élodie Gratecap précise : « Le kyphi se présente sous forme solide. Il faut le faire brûler pour qu’il dégage son odeur. » Per fumum, par la fumée, est à l’origine du mot parfum. Élodie Gratecap poursuit : « La composition du kyphi varie beaucoup d’une région à une autre car chacun prenait ce qu’il avait sous la main, mais la base demeure un mélange de raisins secs, de miel, de vins. » Plutarque compte 13 autres ingrédients. Citons le chypre, la myrrhe, le genêt, le stœnanthe, le séséli, le safran, le genièvre, la cardamome, la patience, le roseau. « C’est à la fois un parfum d’ambiance, ajoute Élodie Gratecap, mais, pour les Égyptiens, le parfum permettait d’abord de communiquer avec le sacré. En montant, la fumée s’élève vers les dieux. »
Les Égyptiens ont également mis au point des fragrances liquides à base d’huile d’olive ou d’amande dans laquelle on va laisser macérer les plantes. Il ne restait plus qu’à s’en enduire le corps. Là encore, on retrouve une dimension spirituelle : nous savons que les Égyptiens portaient de l’huile parfumée pour aller au temple. De même, la momification avait pour but de préparer le corps pour qu’il aille au ciel plus rapidement grâce aux huiles parfumées. Pour le maquillage, on broyait des roches de différentes couleurs pour en faire des fards à joue ou du khôl pour les yeux. Selon les historiens, l’opération n’avait pas qu’un intérêt esthétique. Le khôl était aussi le moyen de prévenir les infections oculaires. L’un des raffinements suprêmes, dans l’Égypte antique, consistait à poser sur la tête de petits cônes d’essence balsamique qui, en fondant, parfumaient le visage. Et cette mode a duré longtemps dans la haute aristocratie égyptienne…
Les Grecs vont largement s’inspirer des Égyptiens. Avec de notables changements… La médiatrice culturelle du musée international de la parfumerie de Grasse détaille ces nouveautés : « Tout d’abord, on observe une multiplication du nombre de flacons. L’artisanat grec est plus performant notamment grâce à l’utilisation de l’argile plus facile à modeler. Nous retrouvons des formes plus variées et des nouveaux motifs souvent inspirés de la mythologie. » Un récipient en forme de lièvre était, par exemple, le cadeau des amoureux.
Pour le reste, les Grecs n’apportent que peu de modifications. Ils conservent la fumigation pour les cérémonies religieuses. Cependant la parfumerie prend une nouvelle ampleur comme l’écrit la poétesse Sappho de Lesbos, à la fin du VIIe siècle avant notre ère, : « Combien de guirlandes tressées, de charmantes fleurs, tu enlaçais autour de ta gorge délicate ! Combien de vases de parfum, brenthium ou royal, tu répandais sur ta chevelure ! » Élodie Gratecap confirme : « L’huile parfumée est très répandue aussi bien chez les femmes que chez les hommes. Les Grecs ont développé un vrai culte du corps : les athlètes et les soldats utilisaient de l’huile parfumée pour s’entraîner à la lutte. Elle embellit la peau certes, elle facilite le port de l’armure et elle empêche l’adversaire de s’agripper. Les Grecs vont donc utiliser des flacons arrondis que l’on attache à une cordelette pour les emmener avec eux au stade ou aux thermes. » Côté plante, les Grecs appréciaient, comme les Égyptiens, myrrhe, cannelle, muscade, nard, safran, iris, anis, sauge, marjolaine, lis et rose. Mais ils ont aussi commencé à utiliser les senteurs d’origine animale : ambre gris, musc et civette.
Les Romains aussi adoraient le parfum, de manière excessive parfois. « Ici, à Chéronée, ils distillent des parfums avec des fleurs, le lis, la rose, le narcisse et l’iris ; ceux-ci sont des soins pour la peine des hommes. L’onguent à la rose, si on l’utilise pour enduire les statues de bois, les protège », écrit Pausanias en visitant la Grèce, province romaine, au IIe siècle de notre ère. Les Romains se servaient là encore de l’encens pour les cérémonies religieuses. Au décès de Pompée, l’équivalent de la production d’encens d’un an fut brûlé ! Élodie Gratecap précise : « Dans la Rome antique, les usages ne diffèrent guère de ceux de la Grèce. Le changement le plus notable, c’est l’essor du verre soufflé. Les contenants deviennent plus étanches puisqu’avec l’argile, l’huile finissait toujours par s’infiltrer. » Surtout, les Romains structurent et développent la production. Les artisans parfumeurs, les unguentarii, proposent parfums à brûler sec, huiles parfumées liquides et onguents. Les ruines de Pompéi montrent qu’ils s’installaient à proximité immédiate du forum.
Le parfum se diffuse dans l’ensemble des classes sociales et de l’empire romain. Pline l’Ancien évoque l’irinon, un parfum à base d’iris ou encore le rhodinon, une huile de rose. Une équipe de chercheurs a identifié en mai dernier la composition d’un parfum grâce à la découverte d’un flacon en verre vieux de plus de 2 000 ans. Alors, que contenait cet onguent trouvé dans la ville espagnole de Carmona ? La base semble être une huile, peut-être d’olive… Les chercheurs ont montré avec certitude que le parfum était une huile essentielle de patchouli venue de la lointaine Inde.
Des fragrances bientôt balayées par les barbares ! A suivre…

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