Le piment met le feu au potager
Il aime la chaleur, réclame du soleil et prend son temps avant de produire ses premiers fruits. Pourtant, le piment s’accommode très bien de nos potagers, pour peu qu’on lui offre de bonnes conditions dès le semis. Du plus doux au plus brûlant, il se révèle aussi généreux que facile à cultiver.
Carte d’identité
Nom : Piment
Nom latin : Capsicum spp.
Famille : Solanacées
Type : Légume-racine
Hauteur : 30 cm à 1 m selon les variétés
Largeur : 30 à 60 cm
Cycle : Annuel
Exposition : Soleil
Sol : Riche, meuble et bien drainé
Semis : Février à avril, au chaud
Plantation : Mai-juin, après les dernières gelées
Récolte : Juillet à octobre
Rusticité : Gélif
Particularité : chair douce et peu piquante
Comment cultiver le piment ?
Semez le piment de février à mars, au chaud, autour de 20 à 25 °C. Après la levée, placez les jeunes plants à la lumière et repiquez-les individuellement lorsqu’ils ont développé quelques vraies feuilles.
La plantation en pleine terre intervient après les dernières gelées, généralement à partir de la mi-mai. Choisissez une exposition très ensoleillée et un sol riche, meuble et bien drainé, en espaçant les pieds de 40 à 50 cm. Un apport de compost mûr à la plantation suffit généralement à bien les installer.
Arrosez régulièrement sans détremper le sol et paillez pour conserver une humidité plus constante. La culture en pot fonctionne également très bien, avec un contenant d’au moins 20 litres. Les fruits peuvent être récoltés verts ou laissés sur le plant jusqu’à leur coloration complète.
Quelles piments choisir en France ?
Le genre Capsicum rassemble plusieurs espèces, mais toutes n’ont pas les mêmes exigences. Pour une première culture, mieux vaut privilégier Capsicum annuum, auquel appartiennent de nombreux piments relativement précoces.
Le Jalapeño, charnu et moyennement fort, est assez facile à réussir. Le piment de Cayenne, aux fruits longs et fins, produit généreusement en situation ensoleillée. Le Gorria, variété utilisée pour produire le piment d’Espelette, est également bien adapté à la culture en France.
Les amateurs de sensations plus fortes peuvent essayer le Habanero (Capsicum chinense), très parfumé mais plus exigeant et plus lent à mûrir. Dans les régions aux étés courts, sa culture sous serre ou en pot bien exposé est préférable.
Parasites et maladies
Le piment est plutôt robuste. Les pucerons peuvent néanmoins coloniser les jeunes pousses, tandis que les aleurodes et les araignées rouges apparaissent surtout sous serre.
Des taches brunes et sèches à l’extrémité des fruits signalent parfois une nécrose apicale, souvent appelée « cul noir ». Il ne s’agit pas d’une maladie, mais d’un trouble physiologique favorisé notamment par des arrosages irréguliers. Maintenir une humidité relativement constante permet d’en limiter les risques.
Quel goût dans l’assiette ?
Tous les piments ne se résument pas à leur puissance. Certains sont végétaux et légèrement sucrés, d’autres fruités, fumés ou presque floraux. Leur force dépend principalement de leur teneur en capsaïcine, la molécule responsable de la sensation de brûlure.
L’échelle de Scoville permet de comparer cette puissance : un poivron se situe à 0, un Jalapeño à quelques milliers d’unités, tandis que certains piments particulièrement forts dépassent largement le million.
Frais, séchés, réduits en poudre ou transformés en sauce, les piments permettent donc des usages très différents en cuisine.
Pourquoi l’adopter ?
Peu encombrant, le piment trouve sa place dans un potager comme sur une terrasse ou un balcon. Un seul pied peut fournir de nombreux fruits pendant plusieurs semaines, et certaines variétés sont suffisamment décoratives pour être cultivées parmi les plantes ornementales.
La récolte se conserve également facilement : les piments peuvent être séchés, congelés, mis en conserve ou transformés en sauces.
Bon à savoir
Le piment est cultivé en Amérique depuis des millénaires. Le Mexique constitue l’un des grands foyers de domestication de Capsicum annuum, bien avant l’arrivée des Européens. Le mot espagnol chile, largement utilisé au Mexique, vient d’ailleurs du nahuatl chīlli.
Le piment occupe depuis une place majeure dans la cuisine mexicaine, où il ne sert pas seulement à apporter du piquant : chaque variété est recherchée pour sa saveur, son parfum et ses usages.
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