Taille de l’olivier : les bons gestes
L’olivier n’a rien d’un arbre compliqué. Pour lui permettre de « respirer » et de produire des olives chaque année, une taille adaptée suffit. À l’occasion de la Journée mondiale des oliviers du 26 novembre, voici un point complet sur les pratiques à adopter.
Un arbre robuste… mais pas partout
L’olivier (Olea europaea) atteint en culture 6 à 10 mètres de hauteur, et dans son habitat naturel jusqu’à 15 à 20 mètres, parfois davantage. En mai-juin apparaissent ses grappes de petites fleurs blanc jaunâtre, suivies des fruits qui mûrissent de juillet à décembre.
Lorsqu’elles sont mûres, les olives deviennent noires ; cueillies avant maturité, elles restent vertes.
Dans le sud de la France, l’arbre prospère sans difficulté. Mais plus on remonte vers le nord, plus la prudence s’impose :
– la partie aérienne gèle vers –6 °C,
– la base du tronc et les racines résistent généralement jusqu’à – 13 °C, hors gel brutal ou prolongé.
Côté sol, l’olivier est peu exigeant. Il préfère toutefois les terrains profonds, pierreux et bien drainés, qui renforcent sa vigueur. Les sols lourds, argileux, retenant l’eau présentent un risque d’asphyxie racinaire. Une question détaillée dans l’article « Planter un olivier en terrain humide ».
Quand tailler l’olivier ?
La période idéale se situe au printemps, après les dernières gelées :
– mars–avril en climat méditerranéen ;
– fin avril à mai au nord de la Loire, voire début juin en zone froide.
Éviter absolument :
– l’hiver, où les plaies cicatrisent mal ;
– l’automne, période de mise en réserve.
La taille d’entretien et de fructification
On distingue classiquement quatre tailles : formation, entretien, fructification, restauration. Pour l’amateur, les deux importantes sont la taille d’entretien et la taille de fructification.Pour information, la taille de restauration vise à rajeunir un vieil arbre tandis que la taille de formation sert à guider un jeune olivier dans son développement.
La taille d’entretien vise à maintenir une structure équilibrée et aérée. Le jardinier va éliminer le bois mort, les rameaux qui se croisent, les pousses qui se dirigent vers l’intérieur et les gourmands du tronc ou du pied.
Sur les arbres formés en demi-tige ou en basse-tige, l’entretien repose principalement sur un éclaircissage : retirez quelques branches âgées ou mal placées pour favoriser la lumière.
Comme son nom l’indique, la taille de fructification permet d’augmenter la productivité de l’arbre. Or l’olivier ne fructifie que sur le bois de l’année précédente. Les rameaux de plus de deux ans deviennent rapidement stériles.
L’intervention vise donc à favoriser l’apparition de nouvelles pousses, à éliminer le bois épuisé, à maintenir un rapport feuille/bois optimal.
À noter : la feuille vit trois ans et joue un rôle clé dans la photosynthèse. Inutile donc de dénuder l’arbre.
Comment procéder ?
Avant de passer au geste en lui-même, quelques principes simples permettent d’éviter les erreurs et de guider la main.
– Retirez le bois mort en premier.
– Supprimez les gourmands du pied.
– Éclaircissez le cœur de l’arbre pour laisser passer la lumière.
– Élaguez les tiges de plus de dix ans pour limiter la hauteur, rajeunir la couronne et simplifier la récolte.
– Conservez les rameaux bien orientés, porteurs de bourgeons.
– Faites des coupes nettes et franches, toujours avec un outil affûté et désinfecté.
Le vieil adage des oléiculteurs résume tout : « Un oiseau doit pouvoir traverser l’arbre sans se cogner. »
Les erreurs les plus fréquentes
• La taille en hiver. Les coupes gèlent, se nécrosent et fragilisent l’arbre.
• La coupe trop sévère. L’olivier supporte mal les tailles radicales façon « boule ». Elles épuisent l’arbre.
• La seule taille des extrémités. Cela donne un aspect tondu, mais l’intérieur reste trop dense.
• La taille trop rude du feuillage. Les feuilles sont vitales : elles vivent trois ans et assurent la photosynthèse.
• La coupe du bois d’un an sans discernement. C’est précisément celui qui porte les olives de l’année.
• L’utilisation systématique du mastic. Sur l’olivier, mieux vaut laisser sécher la plaie à l’air.
Tailler un olivier revient surtout à accompagner sa croissance plutôt qu’à la contraindre. En retirant le bois inutile, en laissant entrer la lumière et en favorisant les rameaux d’un an, on assure à l’arbre une bonne aération et une fructification régulière. Un passage chaque printemps, même rapide, permet de corriger la silhouette, d’éviter l’encombrement des branches et de préserver la vigueur de l’arbre. Bien conduit, l’olivier reste robuste, équilibré et capable de produire chaque année.
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