Trop stylé !
Mannequin repéré sur le tard, Chekne Doucouré a tracé son chemin à sa manière, entre hasards, travail et rencontres. Portrait d’un parcours singulier dans le monde de la mode.
De la banlieue parisienne aux podiums de Milan, il n’y a parfois qu’un pas. C’est l’aventure que vit Chekne Doucouré. Le fruit du hasard car rien ne le prédestinait au mannequinat… même pas lui ! Chekne Doucouré a grandi en Île-de-France avant d’aller découvrir l’Afrique : « A 14 ans, j’ai passé plusieurs mois dans ma famille au Mali. C’était un changement radical. J’allais chercher du bois pour faire la cuisine, je m’occupais du bétail. » De retour en France, il reprend sa scolarité tout en travaillant comme livreur de pizzas. Le jeune homme peine à trouver sa voie. Il renonce aux études pour se lancer dans la vie active. Il cumule les emplois : manutentionnaire, livraison, aide à la personne.
Un parcours qui ne devait rien à la mode
Un ami, Rémi, lui propose d’essayer le mannequinat. Pourquoi pas ? Chekne Doucouré se retrouve à Paris pour faire des polaroïds. Ces photos permettent aux professionnels de mesurer la photogénie du candidat. Le jeune homme raconte : « Tout s’enchaîne ensuite. Quelques jours après, je rencontre trois agences, dont IMG Models ! » Il découvre alors les prises de vue, les contrats, les castings…
Le monde de la mode ne l’attire pas vraiment jusqu’à ce qu’il rencontre Tom van Dorpe. Le Belge a notamment été directeur artistique de la chanteuse Rihanna. Chekne Doucouré est appelé à participer à la Fashion Week de Milan en 2021. Il se souvient : « C’est vrai que je me suis posé des questions. Je ne connaissais rien de ce monde-là même si, bien sûr, j’avais déjà entendu parler de la Fashion Week. Mais bon, je fais mes valises et je prends le train pour l’Italie. J’ai débuté par un casting pour la marque Fendi. C’était un peu galère, tout était en anglais. Je comprends bien cette langue mais je n’arrive pas à la parler. Bref, j’attends mon tour. Je marche, je fais un aller-retour, merci, au revoir. » Il est retenu pour le défilé d’Alyx studio, la marque de Mathieu Williams. Le créateur était aussi à l’époque le directeur artistique de Givenchy. Chekne Doucouré enchaîne les étapes avec l’essayage des vêtements puis les répétitions. « C’est indispensable, explique-t-il, je porte parfois des chaussures assez spécifiques, grosses ou en plastique. Je dois m’y habituer avant de défiler. »
Je ne connaissais rien du monde de la mode même si, bien sûr, j’avais déjà entendu parler de la Fashion Week. »
Chekne Doucouré
Premiers pas sur le podium
Chekne Doucouré n’oubliera jamais le premier show : « C’était impressionnant ! Il y avait énormément de monde. Il faut être soi-même, comme si on marchait dans la rue sans regarder le public, il faut se concentrer sur les caméras. » Depuis il s’est habitué au spectacle. En 3 ans, il a participé à une bonne dizaine de défilés, dont ceux de Louis Vuitton. Un joli succès… Il nuance : « Je kiffe ce métier, mais il est fait de haut et de bas. Je ne touche pas une paye tous les mois, ce n’est pas un CDI. Après, quand je n’ai pas de boulot, je vais à pôle emploi comme tout le monde. » Le jeune homme garde bon espoir d’intégrer une agence. Il a bien compris qu’il était un nouveau venu et qu’il devait se faire un nom. Patience est mère de toutes les vertus !
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