Mamédy Doucara, le coach des mamans

Ancien champion du monde de taekwondo, Mamédy Doucara anime chaque mercredi des séances de sport pour les mamans du quartier Gabriel à Choisy-le-Roi (94). Une initiative née spontanément, devenue un rendez-vous populaire, et bientôt structurée en association.

Portrait de Mamédy Doukhara, sportif, debout face à l’objectif, souriant, portant un débardeur gris sur fond neutre.

Au pied des tours, les mercredis après-midi, c’est entraînement collectif. Depuis cet été, Mamédy Doucara, ancien champion du monde de taekwondo, anime des séances de sport gratuites avec les mamans du quartier Gabriel. « Au départ, c’était juste pour ma mère, explique-t-il. Elle se plaignait de douleurs au dos et aux genoux, alors je lui ai proposé de faire un petit cours avec ses voisines. »

L’initiative, lancée sans intention particulière, a pris une ampleur inattendue. La première vidéo postée sur TikTok a dépassé le million de vues. « Je me bats sur les réseaux depuis 2012, raconte-t-il. Et là, je descends de chez moi, je fais un cours avec les mamans, et la vidéo explose. C’est fou ! »

Au départ, ma mère se plaignait de douleurs au dos et aux genoux, alors je lui ai proposé de faire un petit cours avec ses voisines.

Le maître des tatamis

Mamédy Doucara ne s’est pas improvisé coach sportif un beau matin. Il a passé une grande partie de sa vie sur les tatamis. Fils de Thieman Doucara, l’un des pionniers du taekwondo en France, il a grandi à Choisy dans un environnement marqué par la rigueur et la passion du sport. « Mon père a commencé le taekwondo avant même la création de la fédération, explique-t-il. C’est lui qui m’a transmis la discipline, dès mes 7 ans. » Il intègre l’équipe de France à 17 ans. En 2001, il devient champion du monde, une première pour un Français dans sa catégorie des moins de 80 kg. Onze médailles de France et 3 européennes suivront, jusqu’à la fin de sa carrière en 2016.

Mamédy Doucara en tenue de taekwondo, posant en studio, ceinture noire nouée à la taille.
Ancien champion du monde de taekwondo, Mamédy Doucara a longtemps évolué sur les tatamis avant de se tourner vers le coaching. Crédit DR.

Plus de vingt ans de compétition, c’est inhabituel à ce niveau. Le parcours n’a pas été sans difficultés. Les blessures – deux ruptures des ligaments croisés, un tendon d’Achille – ont jalonné sa carrière. « Le haut niveau, ce n’est pas du sport santé, reconnait-il. C’est de l’usure. » Comme beaucoup d’athlètes issus de disciplines peu médiatisées, Mamédy Doucara a connu la précarité d’un sport qui rapporte peu. « Décrocher la médaille de champion du monde de taekwondo, cela rapporte 15 000 euros de prime. Autant dire qu’on ne fait pas ça pour l’argent. »

Le choix de la liberté

Durant sa carrière, il obtient ses diplômes d’éducateur sportif et se lance dans le coaching. « Je préfère être indépendant, même si c’est plus dur, confie-t-il. Travailler à mon compte, c’est aussi une forme de liberté. »

Mais il n’a jamais vraiment quitté Choisy. Il rend régulièrement visite à ses parents. C’est là que tout a commencé. Le petit cours improvisé se transforme en rendez-vous hebdomadaire, chaque mercredi. « Elles ont adoré, se souvient-il. Certaines m’ont même demandé deux séances par semaine ! »

Face à cet engouement, l’ancien champion, lucide et déterminé, décide de structurer l’aventure. L’hiver arrive… Une association est en cours de création pour faciliter l’accès à une salle et pérenniser les séances. « J’ai reçu des messages de kinés, d’ostéopathes, de masseuses qui veulent participer bénévolement. » Mamédy Doucara sait bien que ce succès est dû à ses origines choisyennes.  « Les mamans m’ont vu grandir, s’amuse-t-il. Ce qui revient souvent, c’est qu’elles n’ont jamais de temps pour elles. Si je peux leur offrir une parenthèse, un moment pour souffler, alors c’est gagné. »

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