
Chauves-souris : trois espèces à découvrir
À la nuit tombée, elles chassent en silence au-dessus de nos jardins. Focus sur trois espèces communes et les gestes pour favoriser leur présence.
Une nouvelle abeille venue d’Asie s’invite dans nos jardins : la mégachile sculpturale. Plus grande que nos abeilles, elle intrigue autant qu’elle inquiète. Pollinisatrice efficace ou menace pour la biodiversité ?
Elle est arrivée sans prévenir et commence à s’installer dans nos jardins : la mégachile sculpturale (Megachile sculpturalis). L’abeille géante à résine, son autre nom, est originaire d’Asie. Elle a été repérée en France en 2008. Elle est sans doute arrivée grâce au transport du bois. Depuis, elle trace sa route, colonisant peu à peu de nouveaux territoires. Elle a été aperçue dans le Sud, en Bourgogne, en Alsace… près d’un tiers de la France ! On la retrouve aussi en Allemagne, en Italie, en Suisse…
Facile ! Cette abeille solitaire se distingue par sa taille impressionnante, bien supérieure à celle des abeilles locales. Avec ses 20 à 25 mm, elle en impose. Son thorax est recouvert d’un duvet brun, tandis que son abdomen est noir et brillant. Mais ce sont surtout ses mandibules puissantes qui attirent l’attention : elles lui servent à manipuler bois et résine pour construire son nid. Pas de ruche pour elle, mais des cavités bien choisies, dans du bois mort, des fissures de murs ou des nichoirs à insectes.
Bonne nouvelle ! La mégachile sculpturale est un pollinisateur efficace. Elle adore les fleurs de buddléia, troène, pérovskia, sophora du Japon et d’autres plantes exotiques, notamment celles qui sont originaires d’Asie. Elle apprécie également la lavande. A terme, cela peut favoriser la floraison de certaines espèces ornementales.
Mauvaise nouvelle ? Elle pourrait entrer en compétition avec nos abeilles solitaires locales, notamment les osmies et les abeilles maçonnes, pour le gîte et le couvert. Ces dernières, déjà mises à mal par la destruction de leurs habitats, risquent de voir leurs sites de nidification occupés par cette géante opportuniste. À terme, cela pourrait modifier l’équilibre de la pollinisation dans nos jardins d’autant que l’abeille géante peut se montrer aggressive avec les espèces locales.
Pour l’instant, le mystère plane. Aux États-Unis, où elle s’est bien implantée, aucune étude n’a prouvé qu’elle causait un effondrement des populations locales d’abeilles. Mais son arrivée pourrait tout de même modifier l’équilibre des écosystèmes, en influençant la répartition des espèces florales et en monopolisant certaines ressources.
Les chercheurs suivent donc de près son expansion. Si vous la croisez dans votre jardin, pas de panique ! Cette abeille n’est pas agressive et ne pique que si on la menace. Vous pouvez signaler son observation aux organismes de suivi des pollinisateurs comme le Spipoll ou le Muséum national d’Histoire naturelle.
La mégachile sculpturale va-t-elle se contenter d’un tour de France avant de repartir, ou va-t-elle durablement s’installer dans nos paysages ? Elle semble bien parti pour rester ! Affaire à suivre…

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