Arrivés il y a une vingtaine d’années, les frelons asiatiques font des ravages dans les ruches puisqu’ils se nourrissent en partie des abeilles. Mais comment s’en débarrasser sans nuire à la biodiversité ?

Le frelon asiatique se reconnait à sa taille et à ses bandes rouges.
Frelon asiatique (Vespa velutina)
Le frelon européen est plus grand que le frelon asiatique.
Frelon européen (Vespa crabo)

Les premières reines ne vont pas tarder à émerger de leur cachette, du moins celles que l’hiver aura épargnées. Les fondatrices, frelons européens comme asiatiques, se mettent alors en quête d’un abri pour installer un premier nid. La bataille est rude : les reines n’hésitent pas à se battre à mort pour récupérer le meilleur emplacement. Il est difficile d’estimer la mortalité des frelons au printemps mais elle est très importante. Les pièges installés par les jardiniers ou les apiculteurs contribuent au contrôle de la population de ces insectes.

 

La recette de la capture est connue : il faut une bouteille coupée en deux dans laquelle on verse un tiers de sirop, un autre de bière et un dernier de vin blanc. Ce piège présente néanmoins un inconvénient de taille : il capture aussi bien des mouches, des frelons asiatiques que des frelons européens. Or Vespa crabo n’est pas considéré comme une espèce nuisible contrairement à Vespa velutina, le frelon asiatique. Celui-ci, plus petit, s’écarte d’ailleurs prudemment du frelon européen quand les deux espèces se côtoient.

 

De nouvelles solutions sont apparues après bien des essais. L’apiculteur du Finistère, Denis Jaffré, avait mis au point en 2017 une méthode de régulation du frelon asiatique, nommée le bac de capture préventif (BCP). « Ce qu’il faut comprendre, explique l’apiculteur, c’est que les frelonnes sont affamées au printemps. Je leur donne à manger et je les capture. Elles sont inoffensives : leur instinct les pousse à créer une colonie et pas à se mettre en danger en agressant quelqu’un. » 

De nouvelles solutions

Mais nombre d’apiculteurs ont estimé que ce bac n’était pas assez sélectif et surtout qu’il nécessitait une présence constante. Devant ces critiques, Thierry Denis a nettement amélioré le système de capture. Devenu un entonnoir, il ne laisse désormais plus passer que les frelons asiatiques. Les frelons européens sont trop gros pour y pénétrer. Et surtout, ce piège peut être utilisé au printemps pour réduire le nombre de fondatrices. Il sert également de la mi-août à novembre quand les frelons asiatiques attaquent en masse les abeilles et que les jeunes reines frelonnes fécondées font des réserves pour l’hiver. Ce système, nommé Jabeprode, lui a permis d’obtenir une médaille d’or au concours Lépine en 2018.

Jabeprode (ou ses équivalents) coûte une cinquantaine d’euros, vous pourrez notamment le trouver sur le site de Denis Jaffré en cliquant ici. Mais les jardiniers les plus bricoleurs trouveront les plans et les accessoires sur le site de Jabeprode. Les tutoriels de montage sont aussi accessibles en ligne. 

De quoi maîtriser les frelons asiatiques, espèce invasive, et protéger les abeilles sauvages comme domestiques dont les populations sont en fort déclin depuis plusieurs années. 

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