Vous avez jusqu’à la mi-septembre pour traiter la ruche contre le varroa. Cet acarien parasite les abeilles mais il favorise aussi l’apparition de maladies.
Quel est le pire ennemi de la ruche ? Les frelons asiatiques qui ravagent les essaims dès la mi-août ? Les pesticides qui anéantissent des colonies entières au printemps ? Ni l’un ni l’autre affirment un certain nombre d’apiculteur. Selon Catherine Trouillet, présidente du Groupement de défense sanitaire apicole de la Sarthe, le « principal prédateur de l’abeille » est le varroa. « Imaginez un crabe qui vous suce le sang », souligne Yves Le Conte, directeur de recherche à l’unité de recherche Abeilles et environnement de l’INRAE. « La pandémie du varroa est totalement hors de contrôle, rajoute Philippe Lecompte, président-fondateur du réseau Biodiversité pour les abeilles. On constate dans l’est de la France une mortalité moyenne de 50 % des essaims à la sortie de l’hiver. Personne n’est, aujourd’hui, en mesure de maîtriser le varroa, notamment en raison de produits de traitement pas suffisamment efficaces ou mal utilisés. »
Une espèce invasive
Cette petite araignée (Varroa destructor) fait partie des espèces invasives. Elle est arrivée d’Asie dans les années 1980 et ne cesse de se multiplier depuis. Une colonie peut certes survivre face à un nombre limité d’acariens, mais, passé un certain seuil, l’essaim ne survit pas.
« Les varroas tuent les abeilles en perforant leur cuticule, ou exosquelette, créant une plaie qui ne se referme pas, explique la professeure canadienne Erika Plettner. Cette blessure constitue une porte d’entrée pour les maladies et affaiblit le système immunitaire des abeilles. C’est ce qui finalement terrasse la ruche pendant l’hiver. » Des propos confirmés par le professeur Robert Paxton.
Selon le directeur du département de zoologie de l’université du Wurtenberg (Allemagne), « Le virus de l’aile déformée [DWV pour Deformed wing virus] est sans aucun doute la plus grande menace pour les abeilles .» Ce virus empêche l’abeille de voler. Même à l’état asymptomatique, il provoque des dégâts dans le système nerveux de l’abeilles, notamment sa capacité de retour à la ruche. A noter que les bourdons sont les premiers touchés par le varroa. Les mâles le transmettent de ruche en ruche puisqu’ils sont admis dans toutes les colonies même s’ils n’en sont pas originaires.
Que faire ?
Il faut tout d’abord surveiller. Certains apiculteurs placent une plaque ou un papier recouvert d’un corps graisseux sous la ruche. Après deux ou trois jours, il faut compter le nombre d’acariens présents sur le papier et ainsi déterminer le niveau d’infestation. Pour chaque varroa mort, on évalue entre 100 et 150 le nombre de varroas présents. Généralement, une colonie peut rester saine avec 2500 acariens.
Les traitements naturels
Certains apiculteurs utilisent de l’acide oxalique. Ils aspergent les cadres à l’aide d’un spray. Ils préparent une solution avec 35 g d’acide oxalique déshydraté pour 1 litre d’eau tiède. Le mélange ne doit pas refroidir, sinon l’acide cristallise et est moins efficace. La solution prête à l’emploi se trouve aussi dans le commerce.
D’autres apiculteurs préfèrent utiliser de l’acide formique. Secrété naturellement notamment par la fourmi, il ne s’utilise que par évaporation et nécessite une température située entre 12 et 20°C. Parfois ce traitement est complété avec de l’huile essentielle de thym. Après la récolte du miel, il faut placer des lanières de thymol sur les cadres supérieurs et les enlever après 3 ou 4 semaines avant de renouveler le traitement. On conseille un premier traitement au thymol dès la récolte de juillet puis 3 mois de traitement avec des lanières et enfin une application d’acide oxalique hors couvain en décembre ou début janvier.