Une ruche prête à passer l’hiver
L’hiver est une période délicate pour les abeilles. Mais pour leur donner toutes les chances de passer la mauvaise saison, quelques gestes suffisent. Réserves de miel, poids de la ruche, protection de l’entrée, isolation : c’est à l’automne que l’on vérifie que la colonie est prête à affronter les mois froids.
Nous sommes en novembre. Après plusieurs matinées fraîches, voilà une belle journée qui s’annonce. Autant en profiter : dans quelques jours, le froid pourrait s’installer pour de bon. C’est le moment d’hiverner la ruche.
Heureusement, l’essentiel a été anticipé. Lors de la dernière récolte, le miel contenu dans le corps de la ruche a été laissé aux abeilles. En septembre et octobre, elles ont encore profité des dernières floraisons pour compléter leurs réserves.
Le traitement contre le varroa a également été effectué après la récolte. Si les lanières sont encore en place, il est temps de les retirer. Elles ne doivent normalement être en place que 6 semaines.
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Reste maintenant à préparer la ruche pour les mois qui viennent. Et la première chose à faire est de savoir si ses réserves seront suffisantes.
Peser la ruche pour vérifier les réserves
Pas question d’ouvrir longuement la ruche en novembre pour inspecter les cadres. D’autant que les réserves ont normalement déjà été contrôlées au moment de la dernière récolte. Une pesée permet de s’assurer une dernière fois que la colonie dispose de suffisamment de provisions pour passer l’hiver.
Pour une Dadant 10 cadres, un poids total d’environ 35 kg constitue un bon repère. Encore faut-il réussir à peser une ruche qui, par définition, n’est pas très facile à poser sur une balance.
Une solution consiste à utiliser un peson. Une sangle passée sous la ruche permet de la soulever légèrement, en utilisant par exemple une branche solide comme point d’appui. Il n’est pas nécessaire de la déplacer : quelques centimètres suffisent pour obtenir son poids. Autre méthode couramment utilisée, le pesage latéral consiste à soulever successivement chaque côté de la ruche avec un peson et à additionner les deux valeurs.
Si le poids est suffisant, inutile d’y revenir pendant l’hiver. En revanche, si la ruche est trop légère, il faut intervenir.
Un poids à adapter au modèle de ruche
Pour une Dadant 10 cadres, on peut retenir environ 35 kg à l’entrée de l’hiver. Une ruche équipée de ses cadres bâtis et occupée par sa colonie pèse généralement autour de 20 à 22 kg hors provisions. Il reste donc environ 12 à 15 kg de réserves, ce qui permet de retrouver le poids recherché.
Pour les autres modèles, le plus fiable est de faire le même calcul : poids de la ruche équipée + poids de la colonie + 12 à 15 kg de réserves. Attention toutefois : les besoins varient avec la taille de la colonie, le climat et la durée de l’hiver. Une Warré, par exemple, est souvent hivernée avec au moins 12 kg de miel.
Du candi si les réserves sont insuffisantes
Le verdict de la balance est simple. Si la ruche est assez lourde, les abeilles disposent de leurs provisions pour l’hiver. Si elle est trop légère, mieux vaut ne pas attendre.
Le candi permet alors de compléter leur alimentation. Contrairement au sirop, utilisé pour constituer des réserves avant l’hiver, cette nourriture solide reste accessible lorsque les températures deviennent trop basses pour que les abeilles aillent chercher du sirop dans un nourrisseur.
Le nourrisseur peut donc rester en place sous le couvre-cadres pour recevoir le candi si nécessaire. Mais avec une ruche suffisamment lourde au moment de l’hivernage, inutile d’en distribuer systématiquement
Fermer la porte aux intrus
Deuxième opération : changer l’entrée. La grille utilisée pendant la belle saison laisse place à une entrée réduite, suffisamment large pour permettre le passage des abeilles, mais trop étroite pour les petits rongeurs.
Avec le froid, souris et mulots peuvent en effet trouver dans une ruche un abri tentant. Une fois installés, ils consomment les réserves et peuvent endommager les rayons. Cette entrée réduite reste en place pendant l’hiver. Il faudra juste vérifier régulièrement qu’elle n’est pas obstruée par des abeilles mortes ou des débris.
Protéger la ruche du froid… et de l’humidité
Dernier geste avant de remettre le toit : renforcer l’isolation. Une plaque isolante découpée aux dimensions de la ruche et placée au-dessus du couvre-cadres permet de limiter les pertes de chaleur.
Car les abeilles ne dorment pas pendant l’hiver. Lorsque le froid arrive, elles se regroupent en grappe et produisent elles-mêmes la chaleur dont elles ont besoin. Pour cela, elles consomment le miel stocké dans les cadres. Plus l’hiver est long et rigoureux, plus les besoins en réserves peuvent donc devenir importants. L’ITSAP estime qu’une colonie peut consommer entre 10 et 20 kg de miel au cours de l’hiver, selon les régions et les colonies.
L’isolation ne doit cependant pas transformer la ruche en boîte hermétique. L’humidité et la condensation constituent elles aussi un risque. L’air doit pouvoir circuler et une légère inclinaison de la ruche vers l’avant facilite l’évacuation de l’eau.
Ensuite, laisser les abeilles tranquilles
La grille anti-intrus est posée, les réserves sont suffisantes et le toit est isolé. L’hivernage est terminé. À partir de là, la ruche n’a plus besoin d’être ouverte.
La surveillance se fait de l’extérieur. Après un coup de vent, un regard suffit pour vérifier que le toit est toujours bien en place. Il faut aussi surveiller les oiseaux. Les pics, notamment, peuvent s’attaquer aux parois d’une ruche et y creuser un trou pour atteindre les abeilles.
Lorsque les températures remontent suffisamment, les abeilles quittent momentanément la grappe et sortent de la ruche. Ce « vol de propreté » leur permet notamment de faire leurs besoins. Un spectacle rassurant !
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1 réflexion sur “Préparer sa ruche pour passer l’hiver”
Et oui, il faut bien s’occuper de ces petites bêtes aussi utiles que fascinantes. Bon hiver à elles bien protégées par David.