Comment récolter le miel
Toutes les étapes en images
La récolte du miel ne s’improvise pas. Elle intervient lorsque les cadres sont suffisamment operculés et demande un matériel adapté ainsi que quelques précautions. De l’ouverture de la ruche à l’extraction puis à la mise en pots, voici les principales étapes d’une récolte de miel illustrée par des photos réalisées sur le terrain.
Dès la mi-juillet, l’apiculteur garde un œil sur ses ruches. La récolte approche, mais il faut encore patienter. Les cadres sont surveillés de près, la météo aussi. Trop tôt, le miel n’est pas suffisamment mûr. Trop tard, les abeilles auront commencé à puiser dans leurs réserves ou les conditions météo risqueront de compliquer l’intervention. La date varie selon les régions, la météo et les dernières floraisons de la saison. Entre la fin des grandes floraisons estivales et les premières fleurs de lierre, une courte fenêtre s’ouvre pour récolter le miel.
Préparez le matériel dont vous aurez besoin : balayette, lève-cadre, pince pour cadre et bien sûr l’enfumoir et une tenue bien ajustée. Certains apiculteurs utilisent un chasse-abeille. L’outil permet aux insectes de descendre des hausses mais pas d’y remonter. Mais cela n’est pas essentiel et vous oblige à faire plusieurs interventions sur la ruche.En revanche, la brouette s’avère bien utile surtout quand les cadres sont remplis de miel et donc bien lourds.
Ouvrir la ruche en douceur
Le jour choisi, passez à l’action. Comme toujours avec les abeilles, il est préférable d’intervenir en fin de matinée ou début d’après-midi par une journée chaude et ensoleillée. Une partie des butineuses est alors dans les champs. Il y a moins d’abeilles dans la ruche et le travail est plus facile. Evitez les périodes orageuses : elles sont alors nerveuses et agressives.Une fois les conditions et le matériel réunis, tout va très vite. Comme toujours, quand on intervient sur la ruche, il faut rester très calme.
On commence par ôter le toit et le couvre-cadre. Vient ensuite le nourrisseur. Les cadres de miel apparaissent enfin. Quelques bouffées d’enfumoir suffisent à prévenir les abeilles de l’intervention. Le but n’est pas de les faire fuir, mais de les pousser à rejoindre le reste de la colonie afin de pouvoir manipuler les cadres sans agitation. Les plus obstinées des abeilles sont enlevées à la balayette. Puis, à l’aide du lève-cadre, il faut séparer les hausses du corps de la ruche et enfin récupérer la grille à reine. Elle n’a plus aucune utilité en hiver.
Direction la miellerie
Une fois la récolte terminée, les hausses sont rapidement transportées dans un local fermé. Les apiculteurs professionnels disposent bien souvent d’une miellerie. Les amateurs se réfugieront dans la cuisine avec leur extracteur de miel. Mieux vaut ne pas trop attendre. Les abeilles seraient rapidement tentées de récupérer leur précieux butin, tandis que l’odeur du miel pourrait attirer guêpes et frelons.
Les cadres sont ensuite décollés avec le lève-cadres. Pleins de miel, ils peuvent peser plusieurs kilos. Chacun est manipulé apour éviter de les endommager les rayons de cire. Le miel serait perdu !
L'extraction du miel
L’estracteur de miel constitue une aide précieuse, voire indispensable. Il est constitué d’un maturateur, d’une cuve en Inox dotée d’un robinet et d’un filtre chargé de récupérer les impuretés. L’extracteur en lui-même comprend une cage où prennent place les cadres chargés de miel. Le tout fonctionne grâce à une manivelle et est fermé par deux couvercles transparents.
Extraire le miel
Il ne reste plus qu’à enlever la couche de cire que les abeilles ont déposée sur les alvéoles. Certains utilisent un couteau à désoperculer, mais une herse comme ici en vidéo convient également. Une fois fait, il faut placer les hausses dans la cage, refermer la cuve et tourner une centaine de fois la manivelle pour extraire le miel. Attendez de 24 à 48 h, le temps que les impuretés se déposent, avant de mettre le miel en pot. Pensez à rendre aux abeilles les restes de cire et de miel…
Mettre le miel en pots
Après une phase de filtration, puis éventuellement de décantation, le miel est mis en pots. Chaque récolte possède sa couleur, son parfum et sa texture, qui varient selon les fleurs butinées au cours de la saison.
La récolte est terminée. Les abeilles poursuivront ensuite leur saison avant les dernières floraisons de l’automne, notamment celles du lierre, puis prépareront progressivement leurs réserves hivernales.
Une bonne récolte, c’est combien ?
Impossible de répondre par un seul chiffre. Une colonie peut ne produire aucun surplus une année difficile, tandis qu’une ruche très dynamique installée dans un environnement favorable remplira plusieurs hausses. La météo, les floraisons, la force de la colonie, les essaimages ou encore les périodes de sécheresse influencent directement la récolte.
En règle générale, un apiculteur amateur considère qu’une récolte de 10 à 20 kg de miel par ruche est déjà satisfaisante. Certaines années exceptionnelles permettent de dépasser largement ces quantités, tandis que d’autres ne laissent que quelques pots… voire aucun. L’essentiel reste de toujours laisser aux abeilles des réserves suffisantes pour poursuivre leur saison puis passer l’hiver.
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