La docteure Natalia Logvinova Smalto a créé l’Association des amis des jardins remarquables européens en 2021. La veuve du couturier Francesco Smalto n’en est pas à son premier projet : elle a créé en 2008 l’agence ESE (Enseignement Supérieur à l’Étranger), pour accompagner les étudiants dans leur parcours à l’étranger ainsi que la Fondation Signature pour aider les jeunes à exprimer leurs talents artistiques. Rencontre avec une femme au grand cœur…

Natalia Logvinova Smalto au jardin de Valmer
Natalia Logvinova Smalto

Madame Smalto, comment vous présenteriez-vous au public ?

Oh, c’est une question piège. Je parle rarement de moi. Je dirais déjà que je suis plutôt à l’écoute des autres. Je suis psychologue clinicienne de profession. J’ai mené un certain nombre de recherches scientifiques. Je me suis spécialisée dans la thématique du traumatisme et du stress post-traumatique. Je suis également enseignante, j’ai donné des cours jusqu’à 2012 à l’université de Paris V. J’ai toujours adoré ce métier. C’est une tradition familiale. Mes parents étaient universitaires.

Comment avez-vous eu l’idée de créer l’Association des amis des jardins remarquables européens ?

Voilà deux années que l’association existe. Bien sûr, il y a déjà d’autres associations comme le Comité des Parcs et jardins de France. J’ai beaucoup de respect pour eux, ils font un travail formidable, mais le Comité regroupe toutes sortes de jardins. Je voulais créer une association faite uniquement pour les jardins labellisés remarquables. L’AAJRE s’est donné pour tâche de fédérer les propriétaires et les gestionnaires de ces jardins au niveau européen. Nous avons commencé par créer, avec le ministère de la Culture, le Prix de l’art de jardin. Ce dernier a été remis cette année au jardin de Valmer. L’association offre un formidable outil pour promouvoir, mettre en avant les jardins remarquables et améliorer leur situation en augmentant le nombre de visiteurs. Certes ce label est français à l’origine. Il a vu le jour en 2004. Mais il s’étend désormais en dehors des frontières de l’Hexagone. Depuis quelques mois, la Belgique a repris cette appellation à travers l’association des parcs et des jardins de Wallonie.

Pourquoi promouvoir le label jardin remarquable vous semble si important ?

Ces jardins ont une certaine spécificité. Ils doivent par exemple ouvrir au public. Je trouve que c’est une démarche généreuse. Le jardin, selon moi, c’est le partage. Je crois dans ce mot et dans cette démarche philanthropique. Le jardin est un langage universel. C’est une source d’inspiration et une respiration. Les propriétaires présentent leur vision du jardin et parfois même leur philosophie de la vie. C’est ce qui rend ce label très intéressant. Et puis il faut préciser que c’est une véritable démarche que tous les propriétaires privés ne souhaitent pas entreprendre. Il faut déposer un dossier et remplir un certain nombre de critères. Les jardins sont jugés sur la composition, l’intégration dans le site, la qualité des abords, les éléments remarquables (eau, fabriques, architectures végétales…), l’intérêt botanique, l’intérêt historique ainsi que l’entretien et le plan de gestion. Qui plus est, le label n’est valable que 5 ans. Cela signifie qu’il faut être rigoureux et persévérant dans l’entretien. Mais rares sont les propriétaires ayant déjà décroché le titre qui ne le redemandent pas. C’est un choix de vie d’une certaine manière.

Combien l’association compte de jardins remarquables ?

La première année, une centaine de jardins nous ont rejoint. J’espère que nous compterons 200 jardins labellisés pour cette seconde année d’existence. Nous essayons de garder la cadence ! Chaque mois compte… Mais nous avançons bien, grâce entre autres à la médiatisation. Je pense que vous avez pu voir un certain nombre d’articles dans la presse. C’est le moyen de mettre en valeur les jardins remarquables. C’est laborieux mais je trouve que le résultat est intéressant.

Comment voyez-vous l’avenir de l’Association des Amis des Jardins Remarquables Européens ?

Je souhaite évidemment une longue vie à notre association. Mais je pense qu’elle doit montrer son utilité. Il me semble cependant qu’il faut aller de l’avant, aller vers l’Europe. Il faut élargir les frontières pour partager nos valeurs. Les jardins nous réunissent dans toute notre diversité. Pour cela, il nous faut créer des outils communs. Ils nous permettront de fédérer les énergies. L’AAJRE pourrait remplir ce rôle. J’espère aussi que l’association va faciliter le développement des jardins remarquables et les faire découvrir aux Européens. Je suis consciente du travail qu’il reste à faire mais cela me semble indispensable.

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