Le broyeur, un outil indispensable au jardin
Branches tombées, tailles de haies ou d’arbustes : au jardin, presque tout peut être broyé avant de retourner au sol. Encore faut-il choisir un appareil adapté à ses besoins et connaître quelques règles pour bien l’utiliser.
« Ça, c’est mon broyeur ! », pourrais-je dire en parodiant la célèbre réplique du film de Stanley Kubrick, Full Metal Jacket. Acheté il y a maintenant plusieurs années, il est devenu l’un des outils que j’utilise le plus au jardin. Une branche tombe, un arbuste est taillé, une haie devient trop envahissante : tout ce qui peut passer dans la machine finit tôt ou tard par y entrer.
Ou presque. Les branches suffisamment grosses pour être brûlées dans la cheminée sont mises de côté. Pour les autres, fini les voyages à la déchetterie. Une fois broyées, elles restent au jardin et connaissent généralement trois destinations : le potager en priorité, les massifs ensuite et, s’il en reste, le compost.
Quand le broyeur devient vraiment utile
Tout dépend du jardin. Acheter un broyeur pour éliminer les quelques branches produites chaque année par deux arbustes n’a guère de sens. Dans un petit jardin, une location ponctuelle ou le prêt d’une machine peuvent parfaitement suffire.
La superficie donne une première indication, mais elle ne dit pas tout. Un terrain de 500 m² entouré d’une haie et planté d’arbres et d’arbustes peut produire beaucoup plus de déchets de taille qu’un jardin de 1 000 m² essentiellement occupé par une pelouse.
C’est donc surtout la quantité de branches produites chaque année qu’il faut regarder. Dès que les tailles deviennent régulières, le broyeur commence à trouver sa place. Et plus on l’utilise, plus on s’aperçoit que son intérêt ne consiste pas seulement à réduire le volume des déchets verts. Il permet surtout de conserver au jardin une matière organique que l’on aurait autrement transportée à la déchetterie.
Chez moi, l’achat a rapidement réglé la question. Entre les arbres, les arbustes, les haies et les branches qui tombent, il y a toujours quelque chose à broyer.
Quel broyeur choisir ?
Les modèles sont nombreux et les écarts de prix importants. Inutile pourtant de commencer par la marque ou la puissance affichée sur l’étiquette. La première question est beaucoup plus simple : quelles branches voulez-vous broyer ?
Le diamètre maximal accepté par la machine est l’un des premiers critères à regarder. Sur mon broyeur électrique, il atteint 4,5 cm, ce qui suffit largement à mes besoins. Inutile évidemment de forcer : si une branche ne rentre pas facilement dans la trémie, elle n’a rien à y faire.
Toutes les essences ne réagissent pas non plus de la même manière. Le noisetier, par exemple, est très fibreux. Le broyeur a parfois davantage tendance à le mâcher qu’à le couper franchement. Ce n’est pas vraiment un problème, mais c’est une particularité que l’on découvre à l’usage.
Pour un particulier, l'électrique suffit généralement
Pour un jardin particulier, je privilégierais aujourd’hui sans hésiter un broyeur électrique. Il suffit largement pour la plupart des tailles courantes, coûte généralement moins cher qu’un thermique, demande peu d’entretien et fait moins de bruit.
J’ai aussi une raison très personnelle de me méfier du thermique. Dans un jardin en Bretagne où nous avions beaucoup de haies à tailler, j’ai passé une bonne partie de la journée derrière un broyeur thermique. À force de respirer les gaz d’échappement, j’ai commencé à avoir des vertiges et j’ai dû arrêter. L’expérience m’a vacciné.
Le thermique conserve évidemment son intérêt pour de très grandes surfaces, des volumes importants ou lorsqu’aucune alimentation électrique n’est disponible. Mais pour un jardin domestique, ses contraintes sont réelles : prix, bruit, entretien et gaz d’échappement.
Avec l’électrique, la contrainte se déplace vers la rallonge. Il en faut une suffisamment longue pour travailler là où se trouvent les branches, prévue pour l’extérieur et adaptée à la puissance de l’appareil.
Restent quelques critères très pratiques : le poids, les roues, la capacité du bac, la marche arrière ou la facilité de débourrage et, tout simplement, la place disponible pour ranger la machine.
Tous les broyeurs ne coupent pas de la même manière
Sous le terme de broyeur se cachent plusieurs systèmes. Les modèles à disque porte-lames coupent rapidement les petites branches et les végétaux relativement tendres. Ils produisent un broyat assez fin, mais sont généralement bruyants et peuvent demander davantage d’attention lorsque les végétaux sont très ramifiés.
Les broyeurs à rotor ou à turbine travaillent différemment. Le végétal est entraîné puis écrasé et coupé. Ils sont particulièrement intéressants pour les branches et fonctionnent généralement à un régime plus lent.
Mon appareil utilise une turbine. C’est un système qui me convient bien compte tenu de ce que je lui demande : je broie avant tout du bois issu des tailles du jardin et non des quantités importantes de déchets verts tendres.
C’est aussi pour cette raison que je préfère broyer en hiver, lorsque les branches ont perdu leurs feuilles. Une masse importante de feuillage vert complique le travail et peut favoriser les bourrages. Lorsque c’est possible, je laisse donc les branches se débarrasser de leurs feuilles avant de les passer dans la machine.
Que peut-on broyer ?
À la maison, la réponse est assez simple : à peu près tout ce qui est ligneux et dont le diamètre convient à la machine.
Branches tombées des arbres, tailles d’arbustes, noisetier, anciennes tailles de haies… Une grande haie de laurier-palme a ainsi entièrement terminé dans le broyeur lorsqu’elle a été supprimée. Cela représente rapidement des volumes considérables.
En revanche, je ne cherche pas à tout faire passer à tout prix. Les grosses branches ont une autre destination : elles sont conservées, séchées puis utilisées comme bois de chauffage. Quant aux branches qui approchent de la capacité maximale du broyeur, mieux vaut parfois les mettre de côté plutôt que de forcer la machine.
Le broyeur est beaucoup plus efficace lorsque les branches sont préparées avant de commencer. Les grosses ramifications latérales peuvent être coupées au sécateur ou à l’ébrancheur afin d’obtenir une forme qui entre facilement dans la trémie. Cela évite de passer son temps à arrêter la machine pour dégager une branche coincée.
Quelques précautions avant de démarrer
Un broyeur reste une machine équipée d’un système de coupe capable de réduire plusieurs centimètres de bois. Quelques précautions élémentaires s’imposent donc.
Gants, lunettes de protection et chaussures fermées constituent un minimum. Une protection auditive est également utile avec les appareils les plus bruyants. Les végétaux doivent être guidés avec le poussoir prévu par le fabricant lorsqu’il est nécessaire de les faire descendre dans la trémie : jamais avec les mains.
En cas de blocage, on arrête la machine et on la débranche avant d’intervenir. Même si les systèmes de sécurité des broyeurs modernes empêchent normalement d’accéder directement au mécanisme de coupe, ce n’est pas une raison pour prendre des risques.
À retenir
Ne cherchez jamais à pousser une branche avec les mains dans la trémie. Utilisez le poussoir fourni avec l’appareil et coupez toujours l’alimentation avant d’intervenir sur une machine bloquée.
Le broyat retourne au jardin
C’est finalement là que le broyeur devient vraiment intéressant. Les branches n’ont pas disparu : elles ont simplement changé de forme.
Chez moi, le potager est prioritaire. Le broyat est étalé sur la terre, principalement en automne et en hiver. Il couvre le sol pendant plusieurs mois, limite son exposition aux intempéries et se décompose progressivement.
Viennent ensuite les massifs, où il sert de paillage au pied des plantes et des arbustes. Là encore, l’objectif est simple : couvrir la terre plutôt que la laisser nue et restituer progressivement au sol une partie de la matière produite par le jardin.
Ce qui reste termine au compost. Les petits morceaux de bois apportent alors une matière carbonée et structurante qui complète les déchets plus humides de la cuisine et du jardin. Ils contribuent également à maintenir des espaces d’air dans le tas.
Tout broyat de branches n’est d’ailleurs pas nécessairement du BRF. Le bois raméal fragmenté répond à une définition plus précise et correspond au broyage de jeunes rameaux. Dans un jardin, le contenu du broyeur est généralement beaucoup plus hétérogène : branches de différents diamètres, essences variées et parfois quelques feuilles. Cela ne l’empêche pas d’être utile. Bien au contraire.
Après plusieurs années d’utilisation, c’est sans doute ce que je retiens le plus de l’achat de mon broyeur. Au départ, je voulais surtout éviter les allers-retours à la déchetterie. Aujourd’hui, je considère surtout les branches comme une ressource. Elles poussent dans le jardin, sont broyées dans le jardin et, pour l’essentiel, retournent au jardin.
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