En quelques années, les chenilles processionnaires du pin et du chêne se sont répandues dans une grande partie de la France. Bien les reconnaître est indispensable pour éviter les contacts avec leurs poils urticants et savoir réagir sans prendre de risques.
Les deux principales espèces présentes en France se ressemblent, mais leur aspect, leurs nids et leur cycle de vie présentent plusieurs différences.
Longtemps cantonnées au sud de la France, les chenilles processionnaires gagnent progressivement du terrain. On les rencontre désormais dans une grande partie du pays, aussi bien dans les jardins que dans les parcs ou les forêts. Leur présence n’est pas anodine : leurs poils urticants peuvent provoquer des réactions parfois importantes chez l’homme comme chez les animaux.
En France, deux espèces sont principalement concernées : la processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) et la processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionea). Elles présentent plusieurs points communs, mais aussi quelques différences qui permettent de les identifier facilement.
À quoi ressemble une chenille processionnaire ?
Les chenilles processionnaires sont des chenilles très velues, longues de trois à quatre centimètres lorsqu’elles arrivent à maturité. Leur corps est brun à grisâtre, parcouru de zones plus claires et recouvert de milliers de poils, dont certains sont urticants.
Leur comportement est tout aussi caractéristique. Elles vivent en groupe et se déplacent souvent les unes derrière les autres, en file indienne. C’est cette façon très particulière d’avancer qui leur a valu leur nom de « processionnaires ».
Comment reconnaître la processionnaire du pin ?
Comme son nom l’indique, cette espèce est étroitement liée aux pins, mais elle peut également s’installer sur les cèdres. En hiver, elle construit de grands nids soyeux blancs, bien visibles à l’extrémité des branches exposées au soleil.
À la fin de l’hiver ou au début du printemps, les chenilles quittent leur nid en procession pour aller s’enfouir dans le sol où elles se transformeront en chrysalides. C’est cette descente en longues files indiennes qui attire souvent l’attention des promeneurs et des jardiniers.
Comment reconnaître la processionnaire du chêne ?
La processionnaire du chêne présente un aspect assez proche de celle du pin, mais son cycle biologique est différent. Elle vit exclusivement sur les chênes et construit des nids plus discrets, plaqués contre le tronc ou installés à la base des grosses branches.
Les chenilles apparaissent au printemps. Elles se déplacent également en procession, mais leurs déplacements sont généralement moins spectaculaires que ceux de la processionnaire du pin.
Leurs poils urticants présentent les mêmes risques et imposent les mêmes précautions.
Comment ne pas les confondre avec d’autres chenilles ?
Toutes les chenilles velues ne sont pas des processionnaires. Plusieurs espèces françaises présentent un aspect proche sans posséder de poils urticants aussi dangereux.
Le meilleur moyen de les identifier consiste à observer plusieurs critères : l’arbre sur lequel elles vivent, la présence d’un nid soyeux et surtout leur déplacement caractéristique en procession. C’est l’association de ces différents indices qui permet généralement d’éviter les erreurs d’identification.
En cas de doute, il est préférable de ne jamais manipuler une chenille ni son nid.
Où trouve-t-on aujourd’hui les chenilles processionnaires ?
Autrefois principalement présentes dans les régions méditerranéennes, les chenilles processionnaires occupent aujourd’hui une grande partie du territoire français. Leur aire de répartition s’étend progressivement vers le nord, où elles trouvent désormais des conditions favorables à leur développement.
La processionnaire du pin est aujourd’hui la plus largement répandue. Celle du chêne est également présente dans de nombreuses régions, même si sa répartition reste plus localisée.
Les cartes ci-dessous illustrent cette progression et montrent que la vigilance est désormais de mise bien au-delà des régions traditionnellement concernées.
Que faire si vous pensez avoir identifié une chenille processionnaire ?
Si vous observez une procession de chenilles ou un nid dans un arbre, évitez tout contact direct. Les poils urticants peuvent être dispersés dans l’air et provoquer des irritations, même sans toucher les animaux.
L’identification n’est que la première étape. Selon la situation, différentes méthodes permettent ensuite de limiter les risques ou d’intervenir en toute sécurité. Nous les détaillons dans notre article consacré aux nids de chenilles processionnaires.
De même, si vous craignez une exposition aux poils urticants ou si un animal a été en contact avec une procession, consultez notre dossier consacré aux risques pour l’homme, le chien et le chat.
Pour aller plus loin...
Une espèce locale, pas invasive
La chenille processionnaire du pin et celle du chêne sont présentes en France depuis très longtemps. Le réchauffement climatique favorise leur progression vers le nord, où les hivers plus doux permettent à leurs populations de s’installer durablement.
Pourquoi avancent-elles en procession ?
Au moment de quitter leur nid pour aller s’enfouir dans le sol, les chenilles se déplacent en longues files indiennes. Chacune suit le fil de soie et les phéromones laissés par celle qui la précède. Ce comportement collectif est à l’origine de leur nom.
Des calendriers propres à chacune
Les deux espèces se ressemblent, mais leur calendrier est différent. La processionnaire du pin descend de l’arbre à la fin de l’hiver ou au début du printemps, tandis que celle du chêne est surtout active au printemps et au début de l’été.
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