
Le krach de la tulipe
Au XVIIe siècle, une tulipe peut valoir une maison. Aux Pays-Bas, la spéculation s’emballe avant un effondrement brutal en 1637.
La récolte française de blé devrait être légèrement meilleure en 2023 qu’en 2022. Une bonne nouvelle pour les céréaliers… Et les agriculteurs français ne sont pas les seuls à avoir fait une bonne moisson. Le risque de famine diminue !
Les champs se vident peu à peu. Les paysans ont commencé par faucher le foin en juin. Ils ont ensuite récolté l’avoine et le blé début juillet. En cette mi-juillet, les moissonneuses fauchent la paille, rentrent les ballots et moissonnent le colza. Le maïs attendra, lui, fin septembre.
Mais l’essentiel est là : selon Agreste, le service de statistique du ministère de l’Agriculture, la production d’orge atteindrait 11,9 millions de tonnes. La récolte 2023 serait en hausse de 4,6 % par rapport à l’an dernier et de 2,6 % par rapport à la moyenne quinquennale. Les rendements de blé également sont en hausse de 5 % en moyenne et la qualité des 36,3 millions de tonnes récoltées cette année est au rendez-vous (contre 35,3 millions de tonnes en 2022). «Même si nous avons vécu une nouvelle année climatique singulière où se sont alternés les périodes de sécheresses et les surplus d’eau, les prévisions de récolte de blé sont rassurantes pour la campagne 2023», estime Jean-François Loiseau, président de l’interprofession Intercéréales.
Les autres producteurs de blé affichent également de belles performances. La production mondiale atteindrait 784 millions de tonnes selon les premières estimations publiées par la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. La fameuse Corn Belt au centre des Etats-Unis a certes souffert de la sécheresse, mais la récolte américaine s’établirait néanmoins à 51 millions de tonnes. La production mondiale de maïs est également excellente grâce notamment aux USA et au Brésil. Ce dernier enregistre même une récolte record. La Russie devrait, elle, engranger 85 millions de tonnes de blé, auxquels s’ajoutent 17 millions de tonnes de stock.
Sans surprise, la production ukrainienne est en chute libre. En 2021, l’Ukraine était le 4e exportateur mondial de maïs et le pays était en passe de devenir le 3e exportateur de blé. les chiffres sont évidemment nettement moins bons en 2023… Kiev devrait récolter 25 millions de tonnes de maïs et 17,5 millions de tonnes de blé cette année, contre 42 millions de tonnes de maïs et 33 millions de tonnes de blé en 2021.
La menace de famines sévères dans le monde semble donc écartée pour cette année, contrairement à ce que l’on craignait au début de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. La hausse du prix de l’engrais et de l’énergie ainsi que le conflit entre deux grands producteurs céréaliers avait fait craindre une année 2023 particulièrement difficile. Ce ne sera pas le cas. Cependant le problème est loin d’être réglé. En 2022, la part de la population mondiale sous-alimentée a fortement augmenté en raison de la hausse des prix. La tonne de blé avait alors atteint 400 euros (en partie à cause de la spéculation des fonds d’investissement) pour redescendre à 245 euros aujourd’hui (contre 140 euros en septembre 2021). Si la tension sur le marché céréalier a fortement baissé, le blocus des ports de la mer Noire aura forcément un impact sur le coût des produits alimentaires. Les pays importateurs et leurs populations, notamment en Afrique, risquent encore de faire les frais du conflit russo-ukrainien. Sauf si un accord sur l’exportation du blé est trouvé.

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