
Elmo Gallego-Marcellan : le rugby, une école de la vie
Éducateur sportif à Choisy-le-Roi, Elmo Gallego-Marcellan fait du rugby un outil de transmission, de respect et de confiance pour les jeunes générations.
La Maison Maxime distille bien plus que des saveurs : cette microbrasserie raconte une vie entre exil, artisanat et convictions. Dans son atelier, Maxime Veber brasse des bières bio, mijote des confitures de saison, prépare des vinaigres ou pâtes à tartiner, en restant fidèle à un principe : le goût du vrai.
Il lui suffit de fermer les yeux pour sentir sur sa joue le souffle du khamsin, ce vent chaud venu du désert. Maxime Veber n’a pas non plus oublié la guerre civile qui a déchiré Baalbek, sa ville natale, comme le reste du Liban de 1975 à 1990. Il évoque cette période avec pudeur : « Tout était désorganisé, plus d’école, plus d’université, plus rien ne fonctionnait. » Il décroche malgré tout une bourse pour venir étudier en France. « C’était calme et organisé, se rappelle-t-il, les voitures s’arrêtaient même aux feux rouges ! » Après un an de droit, il doit rentrer au Liban par manque de moyens. Mais, là-bas, le travail se fait rare. Maxime Veber sait peindre. Alors l’artiste survit en faisant des portraits d’officiels.
Je ne peux pas vivre sans projets. Tant que je peux créer, je continue.
Maxime Veber
La jeunesse libanaise rêve de paix alors que le conflit s’éternise. À 30 ans, il met le cap sur la Roumanie. En 1989, les Roumains mettent à bas la dictature de Nicolae Ceaușescu. Maxime Veber s’installe en 1991 dans un pays au bord de la faillite. Tout manque ! Il crée une société d’import-export mais prend aussi le temps d’apprendre à brasser à Pilsen, en Tchéquie, berceau de la pils. Les affaires marchent bien cependant Maxime Veber n’oublie pas cette jeune Parisienne dont il est tombé amoureux. Il plaque tout pour la retrouver en 1998. Il rebondit vite : « À l’époque, c’était le début d’internet. Je me suis formé et j’ai créé une entreprise de maintenance en informatique. » La concurrence finit par avoir raison de son entreprise, mais pas de son énergie.
C’est alors qu’il change de cap. « Heureusement quand je suis arrivé à Choisy en 2000, j’ai pu acheter ce grand local avenue Anatole-France, confie-t-il, ainsi je n’avais pas de loyer à payer. Cela m’a donné une grande liberté ! » Il expérimente la restauration, puis trouve sa voie dans la transformation alimentaire artisanale : Maison Maxime est née. En 2017, il lance ses premières bières. Au Liban, Maxime Veber appréciait la bière locale, Laziza. « Le goût du houblon, amer et fleuri, m’est resté… », se souvient le brasseur. Aujourd’hui, il brasse sa propre bière ambrée : « Nous Douze ». Un clin d’œil à Ray Charles. Le maître brasseur aime le jazz… Brassée sur place, en petites quantités, elle fermente pendant six mois. L’objectif : du bio, du local, du sincère. Ses confitures, marmelades et pâtes à tartiner – sans huile de palme, bien sûr – viennent compléter cette offre gourmande et éthique. Fruits de saison, circuits courts, recyclage : en 2024, Maison Maxime a donné une seconde vie à 6 000 bouteilles et 2 000 cartons d’emballage.
Il propose sa production à huit Amap locales. Ces associations militent pour le maintien d’une agriculture paysanne. Maxime Veber cultive ainsi l’échange. Et si vous lui parlez de la retraite, il vous répondra : « Je ne peux pas vivre sans projets. Tant que je peux créer, je continue. » Mieux, il rêve d’embaucher pour pérenniser l’activité. L’artiste est toujours à l’œuvre…

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