Pascale Jeannin, le sport comme école de la vie

Entraîneuse, dirigeante, éducatrice… Pascale Jeannin a consacré une grande partie de sa vie au handball. Un engagement récompensé par la Légion d’honneur, mais surtout guidé par une conviction : le sport aide à grandir.

Pascale Jeannin, dirigeante du handball français

Professeur d’université et membre de la fédération française de handball, Pascale Jeannin a reçu l’insigne de chevalier de l’ordre national de la Légion d’honneur à Créteil le 10 juin 2022. Une belle reconnaissance du travail accompli. 

Elle sourit : « J’étais entourée de ma famille et de mes amis, c’est forcément un moment agréable. Cela dit, j’ai un petit peu de difficultés avec ce genre de cérémonie. Je ne suis pas une scientifique qui a inventé un vaccin par exemple ». 

Mais la sportive de 53 ans admet volontiers que le mode de vie des Français et des jeunes gens en particulier a beaucoup changé.  « Pour moi, le sport est un véritable support éducatif, il permet de transmettre des valeurs, de comprendre l’utilité de la règle, de donner le sens du collectif. »

Pour moi, le sport est un véritable support éducatif, il permet de transmettre des valeurs, de faire comprendre les règles, de donner le sens du collectif. Le sport éducatif : c’est le cœur de mon métier et le moteur de mon engagement bénévole.

Du terrain à l’enseignement

Poussée par ses parents, elle pratique une activité sportive depuis son enfance. La natation, le judo, le football, la gymnastique, le kayak… elle s’est essayée à de nombreuses disciplines avant de se spécialiser dans le handball. Elle explique : « J’ai rencontré une formidable professeur d’éducation physique et sportive qui m’a fait essayer le handball. Elle jouait aussi en première division à Besançon, qui était le club phare à l’époque. » Pascale Jeannin décide également de devenir à son tour professeur d’EPS.

Elle participe, entre autres, à la rédaction d’une Charte du sport scolaire : « J’enseignais à Choisy-le-Roi et avec l’équipe pédagogique du collège Henri Matisse, nous avons décidé de bâtir un projet sur ce thème. Cela date un peu, c’était en 1998. Il s’agissait d’expliquer l’intérêt de la règle et du sens de cette dernière, pour une éthique commune à tous.  Pour ce projet, je me suis servie de différents sports, notamment du foot, pour travailler sur la règle, et faire comprendre à mes élèves qu’elle permet de jouer ensemble. Les élèves ont pu ainsi comprendre que les lois de la société sont faites, construites de la même manière et que cela nous permet de vivre ensemble, en ayant des droits, mais des devoirs aussi. » 

Un travail couronné de succès puisque les collégiens ont pu lire cette charte du fair-play lors de l’ouverture de la Coupe du monde de 1998 au Stade de France. Un grand événement !

Bio express

1969 : Naissance à Besançon

1992 : Obtention du CAPES d’EPS

1995-2003 : Professeure d’éducation physique et sportive (EPS) au collège Henri-Matisse

1998 : Rédaction avec les collégiens de Matisse de la charte du fair-play, lue devant les caméras du monde entier durant le Mondial de football

2000 : Installation à Choisy-le-Roi

2003 : Obtention de l’agrégation

Depuis 2004 : Enseignante en STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives)

Depuis 2017 : Membre du conseil d’administration de la Fédération française de handball

Juin 2022 : Chevalier de l’ordre national de la Légion d’honneur pour son engagement sportif

La sédentarité s’installe

En 30 ans d’enseignement, Pascale Jeannin note des évolutions significatives dans la pratique de l’activité physique à l’école. Pour elle, les élèves sont en moyenne moins sportifs. Il suffit pourtant de peu de choses pour les intéresser en axant les contenus sur des pratiques attrayantes et ludiques, quitte parfois à s’écarter un peu des pratiques fédérales. L’idée est que les jeunes s’engagent dans la pratique physique, un levier intéressant d’éducation. 

Elle reconnaît également que la pratique sportive se démocratise : « Nous développons des pratiques, qui permettent à chacun de pouvoir s’épanouir physiquement, et d’accéder au bien-être, physique et psychologique. Je suis responsable du pôle éducation et développement des handballs à la Fédération Française de Handball. Nous proposons aujourd’hui un sport accessible à tous les âges de la vie, pour toutes les aspirations et pour toutes les motivations. Je pense au baby hand, au hand à 4, au parahand…»

Pascale Jeannin aurait pu devenir entraîneure d’équipes professionnelles, mais elle n’a pas fait ce choix. Ce sport a tout gagné en 30 ans depuis la première médaille aux JO de Barcelone en 1992. « La haute performance ce n’est pas mon monde, souligne l’enseignante, ce qui m’importe au-delà des victoires, c’est que mon groupe vive bien. Ce qui me fait vibrer, c’est de participer à l’évolution de ce sport au service de la société. » Et elle attend bien sûr avec impatience les Jeux Olympiques de 2024.

Et depuis ?

L’engagement de Pascale Jeannin ne s’est pas arrêté à la Légion d’honneur. Elle est aujourd’hui vice-présidente de la Fédération française de handball, en charge de la performance sociale, et siège toujours à son conseil d’administration. Un rôle dans lequel elle poursuit notamment le développement d’un handball accessible à tous, des pratiques de loisir à l’inclusion des personnes en situation de handicap. En 2025-2026, elle représente également la Fédération au sein de la Commission mixte nationale de handball de l’UNSS.

Sur le même thème

Les lecteurs aiment aussi

Nos dernières partitions

Recevez les prochains articles

de la Tête dans les Pâquerettes

Désinscription possible à tout moment.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Défiler vers le haut