Haricot à rames : comment le cultiver au potager ?
Il grimpe, s’accroche à tout ce qu’il trouve et finit parfois par dépasser le jardinier. Le haricot à rames a besoin d’un peu de hauteur, mais guère de place au sol. Une fois installé, il produit pendant plusieurs semaines de longues gousses que l’on récolte au fur et à mesure de ses besoins. À condition de lui offrir du soleil, de l’eau et, surtout, quelque chose de solide auquel s’agripper.
Carte d’identité
Nom : haricot à rames
Nom latin : Phaseolus vulgaris
Famille : Fabacées
Type : Légume-fruit
Hauteur : 2 à 3 m
Largeur : 30 à 50 cm
Exposition : Soleil
Sol : meuble, riche et bien draîné
Semis : d’avril-mai à juillet selon les régions
Récolte : de juillet à octobre
Comment cultiver le haricot à rames ?
Inutile de se précipiter. Le haricot aime la chaleur et une graine semée dans une terre froide risque davantage de pourrir que de germer. Attendez que les gelées soient passées et que le sol se soit suffisamment réchauffé, généralement à partir de mai dans une grande partie de la France. Dans les régions les plus douces, les premiers semis peuvent commencer un peu plus tôt.
Semez en pleine terre, en poquets de 5 à 6 graines espacés d’environ 40 à 50 cm, à quelques centimètres de profondeur. Laissez assez d’espace entre les rangs pour pouvoir circuler et récolter facilement. Une terre ameublie et enrichie de compost mûr avant le semis lui convient parfaitement. Inutile en revanche de forcer sur les engrais azotés.
Reste à lui donner de quoi grimper. Rames de noisetier ou de bambou, treillis, filet solidement tendu : peu importe la technique pourvu que l’ensemble résiste au poids de la végétation. Installez les supports avant ou au moment du semis. Une fois lancées, les tiges volubiles trouvent seules leur chemin.
Lorsque les plants atteignent une quinzaine de centimètres, ramenez un peu de terre à leur pied pour renforcer leur ancrage. Arrosez régulièrement, surtout pendant la floraison et la formation des gousses, sans détremper le sol et en évitant autant que possible de mouiller le feuillage.
La récolte fait le reste. Cueillir régulièrement les jeunes gousses stimule l’apparition des suivantes. En pleine saison, mieux vaut donc passer souvent entre les rangs : un haricot oublié quelques jours sait parfaitement se rappeler à votre souvenir.
Quelles variétés choisir ?
Tous montent à l’assaut de leurs supports, mais ils ne donnent pas tous les mêmes haricots. Certains produisent de longues gousses vertes à cueillir jeunes, d’autres des mangetout, des haricots beurre ou des grains que l’on laisse mûrir avant de les écosser.
‘Fortex’ est une valeur sûre pour qui recherche un haricot vert à rames. Très productif, il donne de longues gousses fines, pouvant atteindre 25 à 30 cm, qui restent tendres lorsqu’elles sont récoltées régulièrement.
‘Émérite’ produit des gousses vertes, rondes et charnues. Vigoureux et productif, il convient bien aux récoltes échelonnées pendant l’été.
‘Vespéral’ donne également de longues gousses vert foncé. Sa vigueur et son bon comportement à la chaleur en font un choix intéressant lorsque les étés sont chauds.
‘Neckarkönigin’, ancienne variété vigoureuse, produit de longues gousses vertes et charnues. Elle grimpe volontiers et trouve facilement sa place dans un potager familial.
Enfin, les amateurs de couleurs peuvent se tourner vers des variétés à gousses violettes ou jaunes. Elles ne changent guère la façon de les cultiver, mais donnent immédiatement une autre allure au rang de haricots. Pourquoi se contenter du vert quand le potager offre le choix ?
Parasites et maladies
Le haricot pousse vite. Ses ennuis aussi. Les jeunes plants peuvent attirer limaces et escargots, tandis que les pucerons s’installent volontiers sur les pousses tendres. Une surveillance régulière permet d’intervenir avant qu’une petite colonie ne devienne une invasion.
La mouche des semis peut également provoquer des dégâts au moment de la levée. Ses larves attaquent les graines en germination et les jeunes plantules. Un sol trop froid et humide ne facilite pas seulement la pourriture des graines : il ralentit la levée et laisse davantage de temps aux ravageurs pour s’installer.
Côté maladies, l’anthracnose peut provoquer des taches brunes sur les feuilles, les tiges et les gousses. La rouille se reconnaît à ses petites pustules brun-orangé, tandis que différentes pourritures peuvent apparaître lorsque l’humidité s’installe durablement.
Pas besoin pour autant de sortir l’artillerie. Espacez suffisamment les plants, évitez d’arroser le feuillage, ne laissez pas les débris de plantes malades au potager et changez les haricots de place d’une année sur l’autre. La prévention reste souvent le meilleur traitement.
Les bonnes associations au potager
Un haricot à rames ne passe jamais inaperçu. Avec ses deux ou trois mètres de hauteur, il crée rapidement un mur végétal dont il faut tenir compte lorsqu’on organise le potager.
Placez-le de préférence là où il ne privera pas de soleil les légumes plus bas. À ses pieds peuvent prendre place des cultures qui apprécient une certaine fraîcheur du sol, à condition de ne pas surcharger le rang et de conserver suffisamment d’air autour des plants.
Comme toutes les Fabacées, le haricot peut vivre en symbiose avec des bactéries présentes dans des nodosités de ses racines, capables de fixer l’azote atmosphérique. Cela ne signifie pas pour autant qu’il distribue gratuitement de l’engrais aux légumes voisins : une bonne partie de cet azote sert d’abord à sa propre croissance.
Et puis il existe une association beaucoup plus ancienne : celle du haricot, du maïs et de la courge. Pour la comprendre, il faut traverser l’Atlantique.
Bon à savoir
Au Mexique, le haricot appartient au paysage, à la cuisine et à l’histoire agricole du pays. Le Mexique est l’un des grands centres de diversité du genre Phaseolus et on y rencontre plusieurs espèces domestiquées, parmi lesquelles le haricot commun (Phaseolus vulgaris), l’ayocote (Phaseolus coccineus), le haricot de Lima (Phaseolus lunatus) ou encore le tépari (Phaseolus acutifolius).
La diversité se poursuit à l’intérieur même du haricot commun. Noirs, pintos, bayos, Flor de Mayo ou Flor de Junio : les types et variétés changent selon les régions et les usages. Certains haricots noirs possèdent d’ailleurs un port indéterminé et grimpant.
Dans la milpa traditionnelle, des haricots grimpants peuvent être associés au maïs et aux courges. Les tiges de maïs leur offrent un support pour gagner la lumière tandis que les courges courent au niveau du sol. Il ne s’agit cependant pas d’une recette immuable : les plantes et les variétés présentes dans une milpa changent selon les régions, le climat et les traditions agricoles.
L’ayocote mérite à lui seul le détour. Ce grand haricot, Phaseolus coccineus, est une espèce différente de notre haricot commun. Cultivé depuis des siècles au Mexique, il produit de gros grains dont la couleur varie selon les formes. Il aurait gagné l’Espagne dès le XVIe siècle avant de poursuivre son voyage en Europe.
Du Mexique à nos potagers, le haricot a donc beaucoup voyagé. Il lui reste pourtant un vieux réflexe : dès qu’on lui tend une perche, il grimpe.
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