Migration des hirondelles : un départ saisonnier à surveiller
Depuis quelques jours, les hirondelles se rassemblent en petits groupes sur les fils électriques. C’est le signe que les oiseaux s’apprêtent à migrer vers l’Afrique de l’Ouest.
Si les hirondelles ne font pas le printemps, elles marquent, de leur vol agile, la période estivale, indiquant même la météo à venir. Avec l’automne, le temps du retour en Afrique est arrivé. Mais il y a un processus précis. Les oiseaux commencent par nettoyer leur nid, histoire de le retrouver propre à leur retour en avril-mai. Le ménage achevé, ils peuvent alors rejoindre le groupe sur les fils électriques avant d’entamer le voyage.
La date du départ varie chaque année. La disponibilité en nourriture est déterminante en la matière. Les oiseaux ont besoin de 3 000 insectes par jour. L’an dernier, les hirondelles étaient parties dès la fin du mois de juillet en raison de la canicule. Cette année, la migration est plus tardive et s’étalera jusque mi-octobre.
Repères essentiels
Départ : entre août et octobre selon les régions
Destination : Afrique subsaharienne
Facteurs déclencheurs : nourriture, météo, photopériode
Une évolution notable
Cependant, depuis quelques années, le comportement évolue. Les ornithologues notent des cas d’hivernage dans le Midi, mais aussi le long de la côte atlantique jusqu’en Bretagne ! Il est peut-être un peu trop tôt pour le dire, mais la succession d’hivers doux que l’Europe connaît actuellement n’est sans doute pas étrangère à ce phénomène.
Autre élément de l’agenda migratoire : les oisillons. C’est la cas cette année, la sécheresse du printemps a diminué les chances de succès de la première couvée. Les hirondelles ont donc donné naissance à une seconde couvée fin juillet ou début août. Elles doivent couver leurs œufs pendant 15 jours, puis s’occuper de leurs petits pendant un mois au minimum. Si les oisillons sont nombreux ou que les conditions météorologiques ne sont pas idéales, les petits resteront plus longtemps auprès de leurs parents. Cela retarde d’autant la migration… L’aptitude des plus jeunes à faire le trajet de plusieurs milliers de kilomètres vers l’Afrique sonne l’heure du départ !
La préparation du trajet
Les jours qui précèdent, les hirondelles tentent d’absorber un maximum d’insectes. Elles partent ensuite en groupe sur un large front, effectuant 200 à 300 km par jour. Elles se déplacent à une vitesse de 40 à 50 km/h. Pendant la migration, les hirondelles doivent battre des ailes pour avancer. Elles ne planent pas comme certains migrateurs même si elles savent très bien s’appuyer sur les courants d’air pour ménager leurs efforts.
Pour trouver l’énergie nécessaire à ce périple, elles suivent une zone dans laquelle il fait environ 10°c. C’est dans cette couche thermique, souvent à moins de 100 mètres du sol, qu’elles trouvent des insectes en abondance. Elles les attrapent en plein vol pour s’alimenter. C’est justement le manque de nourriture qui rend les traversées de la Méditerranée et du Sahara si délicates pour les plus faibles d’entre-elles. En revanche, les scientifiques ne savent toujours pas comment les oiseaux s’orientent pour regagner l’Afrique de l’Ouest.
Il leur faut plus d’un mois pour rejoindre leur site d’hivernage. Là, une rude concurrence les attend : l’Afrique compte une quarantaine d’espèces d’hirondelles et, finalement, seule une poignée d’entre-elles sont migratrices. Et pour combien de temps ? Entre 20 % et 50 % des effectifs ont disparu depuis les années 1970. Les hirondelles sont des oiseaux protégés depuis 2009. Il est interdit de détruire les individus, les nids, les œufs, les poussins ou de les perturber intentionnellement. Il appartient à chacun d’être vigilant et de veiller à la sauvegarde de ces fragiles oiseaux migrateurs.
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