Comment le numérique aide à économiser l’eau

Face à une ressource en eau de plus en plus rare, les outils numériques se multiplient. Applications, cartes interactives, capteurs et intelligence artificielle promettent d’aider particuliers, agriculteurs et collectivités à mieux comprendre et gérer l’eau.

Système d’arrosage goutte-à-goutte utilisé pour économiser l’eau au jardin

Depuis quelques années, les pouvoirs publics et plusieurs acteurs du numérique travaillent à rendre les données sur l’eau plus accessibles au grand public. L’objectif est simple : permettre à chacun de comprendre la situation locale afin d’adapter ses pratiques.

VigiEau, un outil pour connaître les restrictions

Parmi les services les plus utiles figure VigiEau. Cette plateforme gouvernementale permet de savoir en quelques clics si une commune est concernée par des restrictions d’usage de l’eau.

Arrosage du jardin, remplissage d’une piscine, lavage d’un véhicule : les règles varient selon les territoires et évoluent au fil de l’année. Grâce à cet outil, les particuliers disposent d’une information claire et actualisée.

Des capteurs pour éviter les gaspillages

Le numérique ne se limite pas aux sites internet. Dans les exploitations agricoles comme dans certains jardins privés, des capteurs mesurent désormais l’humidité du sol en temps réel.

Ces données permettent d’arroser uniquement lorsque cela est nécessaire. Les systèmes les plus avancés prennent même en compte les prévisions météorologiques afin d’éviter un arrosage avant une pluie. Cette approche permet d’économiser de l’eau tout en maintenant de bonnes conditions de croissance pour les plantes.

L’intelligence artificielle entre en scène

L’intelligence artificielle joue également un rôle croissant. Elle peut analyser de grandes quantités de données météorologiques, hydrologiques ou agronomiques afin de prévoir les besoins en eau ou d’identifier des situations à risque.

Certaines collectivités l’utilisent déjà pour détecter les fuites sur les réseaux d’eau potable. En Isère, Bourgoin-Jallieu teste des algorithmes capables d’identifier les secteurs les plus susceptibles de présenter des pertes d’eau. D’autres territoires, comme Grand Paris Sud ou Limoges Métropole, s’appuient également sur ces outils pour orienter leurs investissements et réduire le gaspillage.

La technologie ne fera pas tout

Aussi performants soient-ils, les outils numériques ne remplaceront jamais les économies d’eau. Paillage, récupération des eaux de pluie, choix de végétaux adaptés au climat ou amélioration des pratiques agricoles restent indispensables.

Le numérique constitue avant tout une aide à la décision. Il permet de mieux comprendre une situation complexe et d’agir au bon moment. Dans un contexte de changement climatique, cette capacité à transformer les données en informations utiles devient un atout précieux.

« Les Français ont besoin de comprendre pour agir »

En 2023, Valentin Clerc expliquait déjà à La Tête dans les Pâquerettes l’importance de rendre les données liées à la sécheresse plus accessibles au grand public.

Valentine Clerc

Que fait Bayes Impact ?

En 2023, Bayes Impact, une ONG fondée par Paul Duan, imaginait des outils numériques pour aider les citoyens à mieux comprendre les enjeux liés à l’eau.

Quel est le but de cette association ?

Elle milite pour le service public citoyen, pour que tout le monde puisse intervenir dans la construction des services publics. La technologie doit pouvoir être utilisée pour autre chose que le bénéfice individuel. Cela peut être un projet lié à la crise énergétique, la sécheresse, les incendies mais aussi à la précarité, aux inégalités hommes-femmes, aux violences faites aux femmes…

Et concernant la sécheresse ?

Dans ce cas, l’idée c’est de rendre simple et compréhensible ce sujet très confus qu’est la sécheresse. On en parle partout, des médias aux dîners de famille. Et on mélange un peu tout : les nappes phréatiques, les cours d’eau, les restrictions d’eau… De fait, scientifiquement, la sécheresse demeure un sujet complexe qui mobilise énormément de variables. Il faut vulgariser les données publiques existantes pour apporter un peu de clarté dans le débat. Aujourd’hui, elle proviennent de nombreux acteurs : fournisseur d’eau Saur, différentes agences de l’eau, Météo France, Era 5, un institut européen, et tous les sites gouvernementaux comme VigieEau pour les inondations, l’électricien RTE, le BRGM

Manque d’eau, sécheresses, inondations, incendies, fragilisation des bâtiments, production d’électricité… Les Français ont besoin de comprendre ce que la sécheresse va changer dans leur vie pour qu’ils puissent agir.

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