
Le krach de la tulipe
Au XVIIe siècle, une tulipe peut valoir une maison. Aux Pays-Bas, la spéculation s’emballe avant un effondrement brutal en 1637.
Chaque civilisation, ou presque, a symbolisé les âmes défuntes avec des plantes. Ces représentations évoluent au fil des époques. Bienvenue dans le jardin des trépassés !
L’Égypte antique nous a laissé des tombes en grand nombre. Sur certains sarcophages, les sculpteurs ont peint ou gravé des lotus. Cette plante divine symbolisait la renaissance qui attendait le défunt. D’autres végétaux étaient déposés dans les sépultures. Ainsi, le romarin, le myrte, la menthe ou le laurier accompagnaient le défunt dans sa vie après la mort. Les Égyptiens de l’Antiquité plaçaient aussi dans les tombes des coquelicots.
Les Grecs nous ont transmis, à leur habitude, de nombreux mythes liant les fleurs à la mort. Citons la circée, du nom de la fille du dieu du soleil Hélios. Homère l’a décrite comme cruelle pour avoir attiré les marins naufragés sur son île avant de les dévorer. Ses petites fleurs sont devenues un symbole de mort. Les anémones nous viennent des larmes d’Aphrodite. La déesse les aurait versées quand son amant Adonis est mort. Depuis, la plante symbolise le souvenir d’un être cher décédé. Il en va de même pour les narcisses. La fleur proviendrait du sang de Hyacinthe, un beau jeune homme tué accidentellement par le dieu Apollon. Les dieux sont maladroits ! Quant à l’asphodèle, Homère nous rappelle que cette fleur poussait dans les plaines d’Asphodèle, l’endroit du monde souterrain où reposent les âmes. La déesse Perséphone, femme d’Hadès, portait une couronne d’asphodèles en guirlande, ce qui l’a fait associer au deuil, à la mort et aux enfers. Les fans de mots croisés connaissent ses synonymes : « Je serai fidèle jusqu’à la mort » ou « Mes regrets te suivent dans la tombe ».
Les Romains vont réunir la tradition égyptienne aux mœurs grecques. Ils utilisent le coquelicot pour montrer la douleur de la perte mais aussi les violettes et les roses rouges, la couleur du sacrifice et des adieux. Lors des Dies Rosationi (jour de l’ornementation des roses), ils commémoraient les morts en plaçant des fleurs sur les sépultures. Les Romains vont adopter la tradition grecque de la couronne de deuil. Une coutume qui persiste jusqu’à nos jours.
Les chrétiens reprendront cette coutume bon gré mal gré… Mais ils lui donnent une nouvelle signification. Au Moyen-âge, la couronne symbolise l’éternité, sans début ni fin. Elle peut être constituée de laurier ou de chêne (gloire), de lierre (éternité et attachement), d’immortelle ou de vigne (immortalité…). La pensée évoque le souvenir du défunt. Le pavot symbolise le sommeil éternel et la mort avant la résurrection. Tout est lié à la religion.
L’arrivée du chrysanthème au XIXème siècle change totalement la donne. Les fleurs jaunes commencent à orner les églises le jour de la Toussaint, puis les cimetières. La plante représente aussi la mort au Japon et en Chine à condition qu’elle soit blanche ou jaune. Les Chinois offrent également des lis ou des œillets blancs pour les décès. Les Japonais ornent, eux, les sanctuaires avec les camélias du Japon, une coutume qui leur vient des samouraïs. Mais la grande plante du deuil dans l’empire du Soleil Levant demeure le lycoris rouge. La raison en est simple : Lycoris radiata fleurit à partir de septembre, après la fête des Morts au Japon. Cette dernière a lieu mi-août alors que les Chinois nettoient les tombes familiales au début du mois d’avril.
Deux régions du globe se démarquent nettement et, plus surprenant encore, commémorent la mort avec la même plante. Le tagète ou œillet d’Inde tapisse les cimetières le jour des morts au Mexique mais aussi dans de nombreux pays d’Amérique centrale, une tradition héritée des Amérindiens. En Inde aussi, le tagète est lié au deuil. Les hindous en recouvrent les morts avant la crémation.
Signalons, pour finir ce tour du monde, que certaines religions n’adhèrent pas à la symbolique des fleurs et de la mort. C’est le cas du monde arabe et africain. Il est par ailleurs préférable de ne pas en offrir à la famille d’un défunt musulman ni d’en déposer sur les tombes juives.

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