Comment entretenir les fleurs déposées pour la Toussaint ?
Chrysanthèmes, bruyères, cyclamens… À la Toussaint, les cimetières se couvrent de fleurs. Mais une fois posées, les potées ne résistent pas toujours aux vents d’automne. Voici nos conseils pour les faire durer plus longtemps.
Miser sur des variétés résistantes
Avant même la dépose sur la tombe, tout se joue à l’achat :
Privilégiez les chrysanthèmes multiflores, aux petites têtes serrées, plus solides que les grosses fleurs pomponnées.
Évitez les potées trop fleuries ou en fin de cycle : regardez les boutons non ouverts, signe d’une floraison à venir.
Optez pour une plante bien enracinée, dans un pot lourd et stable, avec un substrat frais et légèrement humide.
Complétez avec d’autres plantes : bruyères, gaulthéries, cyclamens, voire lavandes ou petites graminées.
Astuce : les horticulteurs locaux proposent souvent des plantes plus adaptées au climat extérieur que celles issues de la grande distribution. Les cultures sous serre supportent mal le premier coup de froid.
Bien placer la potée au cimetière
Le lieu d’installation n’est pas anodin : le cimetière est souvent un espace exposé au vent, au soleil direct et doté d’un sol pauvre.
Calez le pot contre la stèle ou un mur, à l’abri du vent dominant. Il existe des stabilisateurs pour potées. Cela ne résistera pas aux tempêtes bien sûr… L’idéal consiste à fixer les pots sur la tombe elle-même.
Surélevez légèrement le pot, ou installez-le sur du gravier : pas de soucoupe ni de cache-pot étanche.
Changez le terreau une fois par an : que la plante soit installée en pot ou directement sur la tombe, elle a besoin de nutriments pour se développer.
Si le cimetière est très venté, privilégiez les variétés basses et compactes, moins sensibles au dessèchement.
Entretenir même à distance
Même si l’on ne peut pas se rendre souvent au cimetière, quelques gestes permettent de prolonger la tenue des fleurs.
Supprimez les fleurs fanées dès qu’elles brunissent.
Éliminez les feuilles jaunes ou tachées pour limiter les maladies.
Redressez ou repositionnez les pots après un coup de vent.
Que planter durablement sur une tombe ?
Même en dehors de la Toussaint, certaines plantes supportent bien les conditions de culture très spécifiques d’un cimetière : sol pauvre, exposition au vent, arrosage irrégulier. Voici quelques alliées :
Lavande vraie (Lavandula angustifolia) : parfumée, sobre, méditerranéenne.
Sedum spectabile : feuillage charnu, floraison tardive, ultra-rustique.
Gaulthérie couchée (Gaultheria procumbens) : feuillage persistant et baies rouges décoratives.
Pensées et violas : floraison hivernale, à renouveler chaque année.
Bruyère d’hiver (Erica carnea) : fleurit entre décembre et mars, sans entretien.
Iris nain (Iris reticulata) : rustique, floraison en tout début de printemps.
Thym serpolet, pervenches, œillets mignardises : couvre-sols sobres et résistants.
Lavande vraie
Feuillage persistant, floraison estivale, résiste au vent et à la sécheresse. Aucun entretien.
Iris nain
Fleurit tôt au printemps, même en sol pauvre. Rustique et décoratif en petite touffe.
Sedum spectabile
Tiges épaisses, fleurs en ombelles, supporte la sécheresse et reste décoratif en hiver.
Que faire après la Toussaint ?
Faut-il jeter les potées une fois fanées ? Pas nécessairement. Certaines peuvent être replantées au jardin, comme les chrysanthèmes rustiques qui refleuriront l’automne suivant. D’autres — bruyères, pensées, cyclamens — peuvent être recyclées en jardinière, ou tout simplement compostées.
Pour celles et ceux qui ne peuvent pas venir régulièrement au cimetière, il existe aujourd’hui des prestataires spécialisés dans l’entretien des tombes. Ces services — arrosage, nettoyage, remplacement des fleurs — sont proposés par des entreprises funéraires ou des jardiniers professionnels. Les tarifs varient selon les formules : de 30 à 80 euros pour une intervention ponctuelle, jusqu’à plusieurs centaines d’euros pour un suivi annuel.
Dans tous les cas, l’essentiel reste le geste. Qu’il soit régulier ou occasionnel, fleurir une tombe reste une manière de maintenir le lien.
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