Le printemps s’achève et vos pêchers ont piteuse mine. Ils sont sans doute victimes de la cloque du pêcher. Rien de grave mais il est temps d’établir un plan d’action sur le long terme sous peine de voir les arbres fruitiers dépérir.
Comment reconnaître la cloque du pêcher ?
Les feuilles de vos pêchers rougissent, se boursouflent, se racornissent puis virent au brun ? Le coupable de cette calamité est tout désigné : il s’agit du champignon Taphrina deformans.
Peut-on traiter la cloque du pêcher au printemps ?
Soyons clair ! En fin de printemps, il n’y a plus rien à faire. Le champignon se développe dès que le thermomètre atteint 10°C. Il a donc largement eu le temps de profiter de la douceur et de l’humidité des premiers beaux jours pour se développer. Les feuilles flétries vont tomber de l’arbre fin juin ou début juillet. Si la contamination est grave, les rameaux peuvent se dessécher également.
Pas de panique… Avec l’arrivée de l’été, l’arbre pourra à nouveau développer un feuillage sain, les bourgeons dormants produisant généralement de nouvelles feuilles. Une pause bienvenue mais qui ne va pas durer. En automne, avec la baisse du thermomètre et le retour de l’humidité, Taphrina deformans reprendra son développement et contaminera les feuilles saines.
Quand et comment traiter la cloque du pêcher ?
Vous vous êtes désolé devant le triste spectacle que vous ont offert vos pêchers ? A la fin de l’automne, quand les pêchers ont perdu leur feuillage, il est temps de passer à l’action. Pulvérisez sur l’arbre de la bouillie bordelaise, un mélange de sulfate de cuivre et de chaux. Ramassez le feuillage et éventuellement les fruits tombés à terre. Brûlez-les. C’est le premier acte…
Le second acte a lieu en janvier ou février dès le gonflement des bourgeons. Pulvérisez à nouveau de la bouillie bordelaise sur vos arbres. Vous pouvez éventuellement renouveler le traitement 15 jours après. Pensez également à apporter du compost bien décomposé au pied des arbres, histoire de les aider à se développer.
Petit rappel : pour être le plus efficace possible, opérez un jour sans vent et sans pluie. La bouillie bordelaise n’est pas gratuite et il est désormais reconnu que l’accumulation de cuivre dans le sol est néfaste pour l’environnement ! Raison de plus pour en faire bon usage. Respectez les dosages, les conditions et les périodes d’utilisation. On ne le dira jamais assez, seuls les traitements préventifs sont efficaces. Le cuivre épandu à la fin du printemps, après l’ouverture des bourgeons, ou pendant l’été, est inefficace.
L’année suivante : quels risques pour le pêcher ?
Une fois que les températures repasseront au dessus de 10°C, vous verrez le résultat. Le pêcher retrouvera une ramure normale. Mais sans une bonne intervention, d’une part les pêchers s’avèrent nettement moins productifs. Le champignon peut, d’autre part, faire dépérir les arbres. Enfin, les spores de Taphrina deformans peuvent se répandre aux alentours et contaminer les pêchers des voisins. Ces derniers risquent de propager de nouveau le champignon sur vos propres arbres d’ici quelques années. Le cercle infernal…
Calendrier de traitement de la cloque du pêcher
Les trois traitements préventifs se font avant l’apparition de la maladie. Une fois les feuilles atteintes, le cuivre n’est plus recommandé.
Fin octobre
- Ramasser et éliminer les feuilles malades.
- Premier traitement à la bouillie bordelaise.
Janvier à février
- Deuxième traitement avant le gonflement des bourgeons.
Ouverture des bourgeons
- Dernier traitement préventif si les conditions sont favorables à la maladie.
Printemps
- Retirer les feuilles les plus atteintes.
Questions fréquentes
Non. Une fois les feuilles sorties et déformées, le traitement est inefficace. La lutte contre la cloque du pêcher est essentiellement préventive, avant le débourrement.
C’est le traitement préventif le plus utilisé. Appliquée en hiver, avant le gonflement des bourgeons, elle limite le développement du champignon. Son usage doit rester modéré pour éviter l’accumulation de cuivre dans le sol.
Oui, partiellement. Avec l’arrivée des températures supérieures à 10 °C, l’arbre peut produire un nouveau feuillage sain. Mais sans intervention préventive, la cloque risque de réapparaître l’année suivante.
En cas d’attaque sévère et répétée, une taille légère peut aider à renforcer l’arbre. Mais le traitement principal reste préventif, en période hivernale.
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