Patrick Martini, celui qui a mis la télé en musique

Des bals populaires aux génériques du Bigdil ou de Fort Boyard, Patrick Martini a passé une grande partie de sa vie en musique. Compositeur, éditeur, danseur, il raconte un parcours commencé à Choisy-le-Roi, dans une famille venue des Abruzzes.

Patrick Martini, musicien et compositeur

Quelques vêtements, un peu d’argent et beaucoup d’espoir. Fuyant la misère des Abruzzes, la famille Martini quitte l’Italie pour s’installer à Choisy-le-Roi dans les années 1950. Patrick Martini se souvient d’une enfance heureuse entre le foot, la piscine et la cuisine chaleureuse de sa grand-mère. Il apprend la musique et joue de l’accordéon, comme son père, du piano, de la guitare. Jeune, il se produit dans les bals, les mariages. Les orchestres étaient chargés de mettre l’ambiance ! Selon lui, cela permettait de transmettre une culture musicale entre générations, des airs que tout le monde reprenait en chœur. Le musicien garde cependant un regret, celui de ne pas avoir poursuivi sa scolarité : « L’école, ça a été compliqué pour moi. J’ai obtenu difficilement un BEP de commerce. C’est quelque chose qui me complexe encore aujourd’hui. »

À 18 ans, l’école des grands orchestres

Il faut tout de même croire qu’une bonne fée s’est penchée sur le berceau de Patrick Martini. Les études à peine achevées, il passe des auditions et intègre l’orchestre national de Gilbert brun. L’artiste est alors très connu. « Je n’étais certainement pas le meilleur musicien que Gilbert ait entendu ce jour-là. Mais je ne sais pas, il a trouvé chez moi quelque chose qui lui parlait. Il m’a pris sous son aile. Un vrai coup de bol ! Imaginez un peu, j’ai 18 ans, je fais partie d’un des plus gros orchestres de danse de l’époque. Nous remplissons les plus grandes salles. C’est la meilleure école qui soit. » Bientôt Gilbert Brun décide de raccrocher sa trompette. Des problèmes de santé.

Du bal populaire aux génériques de télévision

Patrick Martini rebondit vite. Il veut devenir éditeur : « Je finis par trouver un studio où je gère à la fois l’enregistrement, l’écriture des partitions, la composition, la direction des musiciens et le catalogue d’éditions. » Les années 1980 connaissent une explosion musicale. L’évolution de la société, la création des radios libres, l’apparition de nouvelles émissions à la télévision… Alors que tous ses amis l’incitent à poursuivre sa carrière sur scène, lui décide de proposer ses musiques aux hôtels, aux centres commerciaux, puis il enchaîne avec les radios et télévisions. 

L’artiste crée les génériques et les musiques du Bigdil , lotoLe Juste Prix en passant par Fort Boyard. Il devient alors chef d’orchestre de la Française des Jeux. Il rencontre Pierre Billon, parolier et compositeur de Johnny Hallyday et Michel Sardou avec qui il fait équipe pendant quelques années. Il occupe le poste de musicien et chef d’orchestre pendant 4 ans dans l’émission Le Millionnaire, présentée par Philippe Risoli. Il compose aussi la musique des 32 épisodes de la série Central Nuit écrite par Olivier Marchal.

L’homme monte, l’homme monte même en 2011 les marches du Festival de Cannes avec son fils Adrian Martini, à l’occasion de la réalisation d’un documentaire consacré à Jean-Paul Belmondo, signé par son ami Vincent Perrault. « De l’habillage sonore au design musical comme on dit aujourd’hui, ce qui m’a toujours vraiment passionné, c’est de mettre une musique sur des images », souligne le compositeur.

De la musique à la danse

Malgré le succès, il cherche d’autres défis à relever. C’est lors de l’émission Sacrée soirée, animée par Jean-Pierre Foucault, qu’il rencontre Armando Del Bene (champion du monde de rock acrobatique). Les deux artistes ont l’idée de créer un établissement de danse à deux à Thiais. Puis il reproduit le concept à Vitry-sur-Seine à la « Gare au théâtre ». 

Il s’étonne encore de cette réussite : « La Station Danse est devenue une référence dans le domaine de la danse à deux. Près de 600 personnes viennent s’exercer au rock, au west coast swing, au tango argentin… » Son prochain défi ? Rénover l’ancienne gare de Choisy-le-Roi, rebaptisée le « Pavillon des Lions ». Il reste encore quelques travaux à effectuer. Mais le bâtiment, accueille déjà un plateau de tournage, des cours de danse, de yoga, de pole dance et des thés dansants. 

A 64 ans, Patrick Martini rêve de passer la main. Il se voit, dans deux ou trois ans, interpréter les plus grands titres du répertoire français dans des pianos bars à l’étranger avec ses amis musiciens. « Je l’ai fait à Tokyo pendant six mois, c’est très sympa ! », assure-t-il. Le voilà presque prêt pour faire le tour du monde et de continuer à apporter sa petite touche musicale !

Depuis le portrait

Le projet évoqué par Patrick Martini en 2022 a depuis pris corps. Entièrement rénovée, l’ancienne gare de Choisy-le-Roi est devenue le Pavillon des Lions. Patrick Martini est toujours responsable de ce lieu consacré notamment à la danse, aux activités culturelles et à l’événementiel. En 2025, une dizaine d’associations et près de 400 élèves le fréquentaient.

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