Les oliviers attendront
Ils étaient quatre, installés dans des pots de plus en plus difficiles à déplacer. Chaque hiver, je les rentrais. Chaque printemps, je les ressortais. Jusqu’au jour où des oliviers plantés en Normandie m’ont donné une idée : pourquoi ne pas tenter la pleine terre ?
« Je ne vous demande qu’une seule chose. Faites attention à mes deux oliviers… Je les adore ! » Comment résister à la demande de la précédente propriétaire de la maison au moment où elle me donnait les clés et s’en allait ? J’ai donc veillé scrupuleusement sur les deux petits arbres. Changement de terre, nouveau pot, arrosage, voile d’hivernage… rien n’y a fait. Les deux oliviers ont gardé une allure efflanquée. Mais j’avais donné ma parole.
Et puis les oliviers se sont multipliés. « Oh, un olivier ! Il ne fallait pas ! Merci beaucoup ! » Un cadeau, puis un autre, et me voilà bientôt avec quatre oliviers en pot.
Au fil des années, il a fallu les rempoter dans des contenants toujours plus grands. Et surtout les déplacer. Chaque hiver, je les mettais à l’abri. Chaque printemps, je les ressortais. À mesure que les pots grossissaient, l’opération devenait franchement moins amusante.
Des oliviers en Normandie ?
Et puis je suis tombé sur un article racontant l’histoire de Christophe Guérard, agriculteur à Saint-Ouen-des-Besaces, en Normandie. Lui avait décidé de voir beaucoup plus grand : planter des oliviers et tenter, à terme, de produire de l’huile d’olive.
L’idée avait de quoi surprendre. Mais elle en faisait naître une autre : si l’on pouvait tenter l’olivier en Normandie, pourquoi continuer à laisser les miens dans leurs pots ?
Après tout, l’olivier avait sa place dans le jardin que j’étais en train d’imaginer. Je voulais y créer progressivement une forêt comestible, avec des pommiers, des poiriers, des cerisiers, des mirabelliers… Pourquoi pas quelques oliviers ?
Restait un problème : l'eau
Le froid ne m’inquiétait pas vraiment. L’olivier peut supporter des gelées raisonnables lorsqu’il est bien installé. Le véritable problème se trouvait sous mes pieds : mon terrain est lourd et peut rester détrempé une partie de l’hiver. Or l’olivier supporte beaucoup moins bien l’excès d’eau autour de ses racines que quelques degrés sous zéro.
Il fallait donc trouver une solution. J’ai décidé d’installer les quatre oliviers sur une butte, afin de les surélever et de faciliter l’écoulement de l’eau. La plantation attendrait le début du printemps.
Trois ans plus tard
Les oliviers ont finalement quitté leurs pots au printemps 2023. Trois ans plus tard, ils se portent très bien et se développent plutôt bien. Enfin presque tous : l’un d’eux a manifestement servi de repas à un lapin, ou à un autre visiteur du jardin.
Depuis leur plantation, ils ont aussi traversé plusieurs épisodes de canicule sans difficulté particulière. De ce point de vue, les installer en pleine terre était finalement une bonne idée. Ils ne donnent toujours pas d’olives, mais pour cela, il faudra encore patienter.
Cette expérience m’a aussi permis de revenir plus précisément sur une question qui peut se poser dans bien des jardins : comment planter un olivier lorsque le terrain est humide ?
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