Le patrimoine végétal
Un héritage vivant à préserver
Comment préserver les plantes qui font la richesse de nos jardins et de nos paysages ? Chercheurs, botanistes, collectionneurs et passionnés se sont réunis à l’occasion de l’Université du Conservatoire des collections végétales spécialisées (CCVS) pour réfléchir à l’avenir du patrimoine végétal. Retour sur une rencontre qui rappelle combien cette diversité vivante est précieuse.
Tous les 2 ans, le Conservatoire des collections végétales spécialisées (CCVS) réunit botanistes, chercheurs, collectionneurs et professionnels du végétal pour une université d’été Ce temps fort de rencontre et d’échange avait lieu, cette année, les 14 et 15 septembre 2023 à Paris.
D’emblée, Françoise Lenoble-Pradine, présidente d’honneur du CCVS, a évacué le débat sur la distinction entre plantes locales et exotiques. Elle a notamment rappelé que certaines de ces dernières étaient en voie d’extinction dans la nature.
Les conférenciers, dont Francis Hallé, Pierre-André Loizeau ou encore Marc-André Sélosse, ont donc fait un grand tour d’horizon des problèmes qui se posent aujourd’hui en matière de protection et de conservation des végétaux. Jacques Soignon, le président du CCVS, a également invité des conférenciers venus du Royaume-Uni, de Belgique, d’Italie ou d’Allemagne. Ils ont présenté les solutions mis en œuvre dans leur pays.
Conserver les espèces et les variétés, c'est résister à l'érosion du vivant et transmettre aux générations futures la richesse du monde végétal.
Francis Hallé
Le CCVS en chiffre
- Créé en 1989 à l’initiative de scientifiques et de botanistes passionnés.
- Il recense et évalue les collections végétales françaises.
- Deux niveaux de labellisation : Collection agréée CCVS et Collection nationale CCVS.
- Sa base de données rassemble plus de 45 000 taxons botaniques et horticoles, constituant un véritable conservatoire de la diversité végétale.
Des collections végétales à préserver
Comme le soulignent Emma Crawforth et Lucy Pitman de Plant Heritage, les collectionneurs sont souvent âgés et la transmission des collections végétales s’avère parfois compliquée. Il ne faut que peu de temps pour faire disparaître des végétaux patiemment accumulés pendant des années.
Pour pallier à ce problème, Plant Heritage divise les collections entre plusieurs jardins. Le CCVS entend s’inspirer des initiatives étrangères mais aussi de fédérer les organismes de protection des végétaux au niveau européen.
Un manifeste pour l’avenir de ce patrimoine capital
Par ailleurs, Chantal Colleu-Dumond, directrice du Domaine de Chaumont-sur-Loire, a souligné l’aide que l’Etat pouvait apporter en matière de conservation, notamment lors de la transmission des collections. Un ensemble de piste de travail a donc bel et bien émergé de ces journées de réflexion.
L’université s’est achevée par la signature d’un manifeste appelé à devenir un texte fondateur, il faut l’espérer. Le CCVS souhaite en faire un label national et européen. « Il s’agit de réunir nos efforts pour mieux connaître et mieux reconnaitre les plantes sauvages et cultivées, botaniques et horticoles, et les conditions de leur conservation. » Vous pouvez signer ce manifeste en cliquant ici.
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